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JAZZ ROCK éLECTRIQUE  |  STUDIO

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- Membre : Miles Davis , Frank Zappa

The MAHAVISHNU ORCHESTRA - Birds Of Fire (1973)
Par ONCLE VIANDE le 2 Février 2007          Consultée 5120 fois

On ne change pas une équipe qui gagne. John McLaughlin reconduit la formule victorieuse du premier album et c’est sans peine qu’il en prolonge la flamme. On retrouve ici tous les éléments du premier disque : musique instrumentale, compositions chirurgicales et débauche d’énergie, le tout servi par une virtuosité étourdissante, cela va de soi.
Si une différence notoire existe, c’est dans la production qu’il faut la chercher. Le Mahavishnu orchestra délaisse le son lourd et saturé du premier opus pour une image sonore limpide et transparente. Il est rare d’entendre un tel déchaînement de puissance sans que cela n’évoque violence ou brutalité. « Birds of fire » n’est rien d’autre que de l’énergie pure, concentrée en dix petites « billes de saphir » qui explosent au visage de l’auditeur. Il n’est plus question ici de métal, mais plutôt de verre en fusion, tant la matière exposée y est cristalline.
Difficile de passer sous silence l’aspect technique de ce disque sous prétexte que le sujet divise. Celle-ci atteint en effet des degrés difficilement concevables pour l’homo sapiens ordinaire, mais garde une chaleur, une générosité et une élasticité qui la rendent profondément humaine. Les interventions instrumentales prennent des allures de combats aériens et l’auditeur se voit embarqué dans une guerre d’un nouveau genre, entre assauts de violon et rafales de guitare. « Birds of fire » permet de découvrir une nouvelle façon de faire dialoguer ces deux instruments ; en lignes dissociées, entrelacées ou plaquées, ils semblent parfois être pilotés par le même musicien. Si vous avez encore quelques doutes sur l’efficacité de l’arsenal, calez vous confortablement dans votre cockpit et embarquez vous dans les dix minutes infernales de « One word » : à vos risques et périls.
La dimension mystique est plus que jamais mise en avant ; par le nom des titres d’abord, « Sanctuary », « Birds of fire », « Resolution », puis par le dépassement de soi par la pratique de l’instrument. Une approche très coltrannienne, entre séquences méditatives et crescendos possédés.
Il convient de mentionner la prestation de Billy Cobham, ici au sommet de son art et plus que jamais poumon de l’animal à cinq têtes : puissance, dynamique, toucher et sensualité ; une facilité déconcertante qui démoralisa bien des apprentis batteurs.
Le groupe n’en délaisse pas pour autant les moments calmes et acoustiques, comme en témoigne « Thousand island park », ni l’émotion (« Sanctuary ») ; havres de paix nécessaires à l’équilibre du disque, mais qui constituent eux aussi un terrain propice à la dextérité.
Le goût pour la concision et la perfection formelle est toujours à l’honneur. En compositeur exigeant, McLaughlin s’applique à trouver pour chaque titre la petite trouvaille, le petit « plus » qui en fera un hymne potentiel. Un album sans baisse de régime, qui reste plus de trente ans plus tard la meilleure vitrine du groupe et l’un des plus célèbres manifestes du jazz rock électrique. Malheureusement, ce deuxième opus atteint déjà les limites d’un style qui, s’il ne se réforme pas rapidement, est condamné à tourner en rond, et donc à mourir.

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- John Mclaughlin (guitare)
- Billy Cobham (batterie)
- Rick Laird (basse)
- Jan Hammer (piano)
- Jerry Goodman (violon)


1. Birds Of Fire
2. Miles Beyond
3. Celestial Terrestrial Commuters
4. Sapphire Bullets Of Pure Love
5. Thousand Island Park
6. Hope
7. One Word
8. Sanctuary
9. Open Country Joy
10. Resolution



             



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