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THE GODFATHERS - Hit By Hit (1986)
Par LE KINGBEE le 7 Juillet 2019          Consultée 125 fois

Groupe à la saveur particulière, ce combo londonien fut, si mes souvenirs sont bons, à la base de ma dernière rencontre avec Vic Maile⃰, producteur de talent, un type qui aura vainement essayé de me donner ma chance en territoire ennemi, preuve que l’ami Vic n’était peut-être pas si visionnaire que cela.
Lors d’un week-end à Londres, alors que j’avais mis harmonicas, frottoirs et tout le toutim bien au fond d’un placard, Vic m’emmena à un concert voir des gars qu’il avait repérés, The Godfathers, un groupe sans lien avec la Mafia ni avec James BROWN.

En 1985, après avoir sorti deux singles, Sid Presley Experience (tu parles d’un nom !) splitte d’un coup. Del Bartle et Kev Murphy et les frères Coyne décident de prendre des chemins séparés suite à de gros désaccords. Les deux premiers partent fonder Unholy Trinity tandis que les deux frangins fondent The GODFATHERS en compagnie du batteur George Mazure (ex The Scene), et des guitaristes Mike Gibson et Kris Dollimore (un ancien de Del Amitri).

Ce premier album classé par erreur dans le tiroir des compilations par certains sites et encyclopédies sort juste après l’été 1986. Si huit des douze titres du disque figurent sur trois E.P publiés par Corporate Image, une filiale du label anglais Red Rhino, on a entre les mains le premier disque des GODFATHERS. C’est bien à Londres que le groupe a établi ses bases via le magasin de disques du couple Kostrzewa (Tony et son épouse Gerri). En fait, le bon Tony K, un fondu de zique patron du magasin de disques Red Rhino, s’est mis en tête de promouvoir les artistes de son mini catalogue chez les ricains et en Europe.

Si le groupe remplit les salles anglaises et s’il a réussi à se forger une solide réputation via une énergie parfois débordante, les ventes des trois premiers E.P. n’ont guère défrayé l’industrie du disque. Afin de pouvoir rentrer dans ses frais et de promouvoir le combo, Tony K décide qu’il est grand temps de sortir un disque, surtout que le groupe doit traverser l’Atlantique pour montrer aux ricains de quel bois il se chauffe. En bon stratège, Tony décide de publier huit titres issus des trois singles auxquels viennent se greffer quatre nouvelles compositions dont « Angela » et « Gone To Texas » publiées ultérieurement sur un E.P. Epic.
Tout s’annonçait bien, sauf que Red Rhino tombe en faillite dès 88 et votre humble serviteur chargé de la promotion en France par un distributeur se fait virer séance tenante.

Malgré son relatif manque de succès comparé au futur « Birth, School, Work, Death » édité par le géant Epic, ce premier disque met en place les bases du son GODFATHERS, à savoir un mélange de Punk, de Punk Rock et de Pub Rock souvent contrasté entre l’énergie des membres et le cachet parfois sombre et pessimiste du répertoire. En clair, Les textes sont plus proches de ceux de TELEVISION ou de MAGAZINE que d’Elton JOHN ou des Communards.
Contrairement à la plupart des formations anglaises du moment qui utilisent des synthés et des boîtes à rythmes jusqu’à plus soif, le quintet pose ses fondations sur une base très classique : deux guitares, une basse, une batterie et un chanteur, avec souvent un seul mot d’ordre : envoyer du pâté et pas de pitié pour les blessés.
D’entrée, l’énergique « I Want Everything » nous rappelle si besoin était, toute l’énergie que diffusait ECHO & The BUNNYMEN dans l’album « Heaven Up Here ». Une guitare pleine de fureur et de distorsion et un chant déclamatoire sans concession. On se dit que le groupe va laisser reposer les accus, c’est peine perdue avec « This Damn Nation » qui tient plus de Richard Hell que du Pape. Du Rock eighties et rosbeef pur jus, aussi solide que saignant.
Avec sa grosse ligne de basse et deux guitares incisives, « I Want You » nous renvoie plus à une sonorité entre les BEATLES et les RAMONES, mais les Anglais ne font preuve d’aucun compromis. Il en est de même, mais en plus Punky, avec « Can’t Leave Her Alone », titre qui pourrait figurer sur un disque des WHO tant les apports de vitamines et de fureur semblent évidents. Les anglais nous assènent une excellente curiosité avec « Sun Arise », titre de l’australien Rolf Harris♠, un allumé installé en Angleterre depuis les fifties tour à tour animateur télé, peintre, professeur, auteur-compositeur et acteur. Bien que le titre ait été repris par ALICE COOPER, les GODFATHERS nous en mettent plein la gueule avec une intro où les percussions impriment un rythme tribal accablant. Il suffit de fermer les yeux pour s’imaginer sous un soleil torride en plein bush. Une véritable marche ! A noter qu’Henri SALVADOR nous en livre une version sérieuse sous le titre « Soleil Blanc ». Seconde et dernière cover avec « Cold Turkey », un bon rock'n'roll déjanté du PLASTIC ONO BAND de John LENNON, titre que jouaient les frères Coyne du temps du Sid Presley Experience. Les guitares incisives mettent en évidence le chant crépusculaire sur une thématique des plus festives : le sevrage à l’héro. Une version bien plus puissante que celle qu’en fera Lenny KRAVITZ. La face B débute avec l’instrumental « John Barry », un vrai Surf à la Link WRAY ou Dick DALE qui pourrait venir agrémenter n’importe quel générique de Tarantino. « Sticks & Stones » s’inscrit pleinement dans une veine Punky entre les CLASH et LYRES, alors que « I’m Unsatisfied » renvoie à MAGAZINE ou The Ruts. Si « Lonely Man » évoquait une ambiance tex mex, le morceau se transforme rapidement en un post rock gorgé de chœurs et de guitares. Si « Angela » se révèle la piste la plus faiblarde, l’instrumental « Gone To Texas » avec son intro de trompette et castagnettes pour une ambiance entre Flamenco, Tex Mex et Western Spaghettis à la MORRICONE témoigne de l'humour dont peuvent aussi faire preuve les GODFATHERS. Si vous attendez cinq secondes après la fin du disque, vous aurez le plaisir d’entendre l’un des membres simuler un crachat qui tombe bien évidemment au milieu d’un crachoir.

Cet album a permis de lancer le groupe sur de bons rails. On se demande comment Vic Maile parvenait à dénicher tous ces groupes. Ce disque a été réédité au format CD en 2008 avec 17 bonus en provenance de deux sessions de la BBC. Les GODFATHERS se sont reformés et se produisent encore aujourd’hui, enregistrant désormais sous la bannière de leur propre label.

⃰Cette chronique est dédiée à Vic Maile, producteur de génie ayant collaboré avec le Top de la scène anglaise (The SMALL FACES, DR FEELGOOD, The KINKS, The INMATES, MOTORHEAD, LORDS Of The NEW CHURCH parmi les plus connus).

♠ Le bon Rolf Harris a été condamné en 2014, après plusieurs affaires douteuses, à passer cinq ans dans les geôles de sa Majesté pour pédophilie.

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   LE KINGBEE

 
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- Peter Coyne (chant)
- Chris Coyne (basse, chant, chœurs)
- Chris Dollimore (guitare, chœurs)
- Mike Gibson (guitare, chœurs)
- George Mazure (batterie, percussions, chant)


1. I Want Everything
2. This Damn Nation
3. I Want You
4. Can't Leave Her Alone
5. Sun Arise
6. Cold Turkey
7. John Barry
8. Sticks & Stones
9. I'm Unsatisfied
10. Lonely Man



             



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