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WOMACK & WOMACK - Conscience (1988)
Par LE KINGBEE le 17 Juillet 2019          Consultée 233 fois

Ah … … WOMACK & WOMACK, c’est une bien vieille histoire dont certains se délecteront. Alors d’un côté nous avons Linda, fille de Sam Cooke et de l’autre Cecil Womack, frère cadet de Bobby et ancien chanteur du quartet gospel The Womack Brothers qui se transforme en Valentinos sur une suggestion de Sam COOKE, la troupe familiale quittant la musique religieuse pour celle du diable, financièrement plus attractive.

Jusqu'ici rien d’extraordinaire, la suite est plus juteuse. Bobby le grand frère de Cecil est un grand admirateur de Sam Cooke. A la mort de la star en 1964, notre guitariste compositeur porte réconfort à la veuve (Barbara) et finit par l’épouser. Linda, belle fille de Bobby a donc huit ans lorsqu'elle fait la connaissance de Cecil, un jeune garçon de treize ans. La fin de cette histoire est cousue de fil blanc. En 1967, Cecil Womack convole avec la chanteuse Mary Wells dont il gère la carrière. Au début des années 70, les deux tourtereaux prennent de chemins séparés et divorcent.

Cecil retrouve par affiliation la route de Linda, la belle fille du frangin. Cette dernière dispose d’un formidable don pour l’écriture et la composition, elle n’avait que douze ans lorsqu'elle composa "I’m In Love" pour Wilson Pickett alias le Pervers. En 1972, Linda a vingt ans alors que Cecil compte vingt cinq balais au compteur, la doublette écrit "Woman’s Gotta Have It" pour Jackie Wilson, titre repris avec succès par Bobby puis le folkeux James Taylor. Le tandem produit et compose pour Patty LaBelle, Teddy Pendergrass, les Dramatics et les O’Jays sans oublier une grosse liste de titre pour le label Philadelphia International. A force d’écrire ensemble et de passer leurs journées côte à côte, la jeune Linda et son oncle par alliance se trouvent des affinités et finissent par convoler eux aussi en juste noce en 1976.

Un sacré micmac mais une bien belle histoire.

En 1983, le couple franchit le pas et enregistre son premier disque Love Wars, album salué par la critique. Malheureusement "Radio M.U.S.C. Man" toujours publié par Elektra ne se vend pas alors que le duo reprend des chansons inachevées de Sam Cooke. En 1986, Starbright édité cette fois par EMI Manhattan ne connait guère plus de succès, Womack & Womack rentre dans le rang avant de rebondir avec Conscience en 1988, alors que le groupe installé en Virginie privilégiait la vie de famille et l’éducation de ses nombreux bambins.

Porté par l’étonnant succès de "Teardrop", ce disque met en avant la complicité d’une vraie fratrie. Les textes évoquent tour à tour la nature, les problèmes sociaux et environnementaux, d’amitié et d’amour, des paroles dans lesquelles vient se greffer une réflexion philosophique souvent remplie de bon sens et bien au dessus de la production Soul du moment. Produit conjointement par Chris Blackwell, patron parfois visionnaire d’Island Records et la Gypsy Wave Power (soit le couple et leurs enfants), « Conscience » lançait un nouveau pavé dans le monde de la Soul alors que dans le même temps Brook Benton passait l’arme à gauche, et que Dave Prater du duo SAM & Dave se tuait dans un accident de voiture et que le bon James Brown allait se retrouvé derrière les barreaux après une course poursuite avec la police.

D’entrée de jeu, "Conscious Of My Conscience" place le disque sur de bons rails, même si la boite à rythme évoque certaines productions de Nile Rodgers. "MPB" avec une bonne ligne de basse et deux timbres de voix qui s’emboitent remarquablement s’avère de bonne facture. Sur "Friends" les premières influences de Linda Womack sont claires, la chanteuse a fait ses gammes dans une paroisse. Tout n’est pas rose dans ce disque, "Slave" qui vient conclure cette première face se révèle sans entrain, pour pasticher on a l’impression d’entendre Lionel Richie. "Life’s Just A Ballgame" pourrait se ranger dans le tiroir des prototypes de la Soul eighties entre Richie et Billy Ocean, le morceau intégrant des percussions caribéennes Changement de cap avec "Good Man Monologue", un funk gorgé de douceur dans lequel le vocal de Cecil part un peu en brèche et même en couille alors que Linda se montre comme la gardienne du temple.

Titre le plus court de l’album, "I Am Love" aurait mérité d’être placé en milieu de disque, le chant de Linda Womack et les chœurs peuvent évoquer ici certaines polyphonies africaines ou religieuses. Le disque s’achève sur une pièce rythmée dans laquelle Cecil endosse le premier rôle, mais l’épouse vient toujours en relais du chanteur. Terminons cette rétrospective avec "Teardrops", hit qui fera connaitre le duo au monde entier. Boosté par un clip vidéo, le titre se classera sur le podium des principaux classements européens. Peut être l’une des chansons les plus emblématiques dans le registre d’une Soul eighties en constante mutations avec l’arrivée de nouvelles chanteuses aussi belles qu’éphémères. Comment ne pas succomber à cet intemporel : "Whenever I hear goodbyes (Remind me baby of you) … Footsteps on the dance floor-Teardrops in my eyes …". Pour l’anecdote, de nombreux téméraires essaieront de reprendre le titre transformant une pépite en bouse de première, Elton JOHN par deux fois, l’anglaise Joss STONE beaucoup trop maniérée et peu sincère et tout un tas de groupes montés de toutes pièce comme les allemandes de No Angels.

Ah, dernière chose on doit la pochette à Carol Friedman, photographe new-yorkaise réputée dans les milieux du Jazz et de la Soul. Si la pochette avant propose le couple avec sa petite dernière, le dorsal propose un ensemble plus élargi avec pas moins de cinq enfants (il en manque deux pas encore nés). Allez rien que pour "Teardrops" ce disque vaut un petit 4.

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   LE KINGBEE

 
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- Linda Womack (chant, guitare, claviers,chœurs)
- Cecil Womack (chant, guitare, claviers, chœurs)
- Travis B. Womack (basse)
- Earl 'the Pearl' Womack (batterie)
- Ricky Fataar (batterie)
- Joel Bryant (claviers)
- Naomi Womack (choeurs)
- The Virginia Womack Family (choeurs)


1. Conscious Of My Conscience
2. Mpb (missin' Persons Bureau)
3. Friends (so Called)
4. Slave (just For Love)
5. Teardrops
6. Good Man Monologue
7. Life's Just A Ballgame
8. I Am Love
9. Celebrate The World



             



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