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1993 Undertow
1996 Aenima
2001 Lateralus
2006 10 000 Days
2019 Fear Inoculum
 

- Membre : Puscifer, A Perfect Circle

TOOL - Fear Inoculum (2019)
Par JASPER LEE POP le 20 Septembre 2019          Consultée 3508 fois

Un peu de sémantique pour commencer. En anglais, le terme « tool » ne signifie pas uniquement outil, il sert aussi par extension à qualifier une personne qui se laisse manipuler, un pion, un gogo traduira-t-on*. Il est étonnant de voir à quel point ce sens s’applique aujourd’hui plus que jamais aux légions de fans du groupe parmi les plus acharnés de la planète rock. On peut clairement parler de secte et le groupe ne le sait que trop bien avec à sa tête son chanteur/gourou Maynard James Keenan, personnage tout à la fois brillant et agaçant, capable de n’en faire qu’à sa tête en faisant fi des règles du système (le catalogue du groupe ne sera pas accessible sur les plateformes de streaming) pour mieux en profiter le moment venu (le catalogue du groupe est finalement rendu disponible quelques jours avant la sortie du dernier opus). Entendons-nous bien, un groupe ne doit rien à ses fans mais organiser le manque de la sorte et par ailleurs ne proposer qu’une unique version CD du dernier né à 80 euros avec écran Pif gadget dépliable pour projeter un clip qui finira sur la toile, c’est faire preuve d’une belle dose de cynisme. Ce qui est bien avec ce genre de pratique, c’est qu’on se sent tout de suite moins coupable de télécharger illégalement le fichier de l’album. Ce que j’ai fait, il ne faudrait pas me prendre pour un pion.

Ça, c’est pour le contenant. Passons à présent au contenu, soit six morceaux une fois "Chocolate Chip Trip" élagué**, le solo de batterie que Danny Carey fait sur scène qui n'a pas sa place ici. Six compos qui dépassent les dix minutes sortant toutes du même moule (à l’exception de « 7empest » davantage drivée par un riff de guitare) avec longue intro, prise en charge mélodique par la basse rejointe par une batterie polyrythmique tribale (le 4/4, c’est vulgaire), couplet, pré-refrain, non suivi de refrain chanté (trop vulgaire) mais par la guitare qui lâche les watts. On recommence une fois la montée vers le sommet depuis le camp de base avant de partir en breaks interminables où toutes les variantes du riff principal sont méthodiquement passées en revue avec les staccato obligatoires (« Culling Voices » est même un break à lui tout seul qu’on pourrait insérer avec Pro Pions dans n’importe quel autre morceau). Non seulement on n’a pas une seule surprise à se mettre dans l’oreille par rapport aux albums précédents mais le groupe réduit même la voilure avec des interventions toujours plus chiches de Keenan qui a en outre décidé de tirer un trait sur son registre hurlé, il n’a plus l’âge et se contente de ses modulations emphatiques toute en retenue (oxymore Maynardien) héritées de son amour immodéré pour Joni Mitchell et qui finissent toutes par se ressembler (c’était déjà le cas sur le dernier A Perfect Circle, lui aussi fruit d’une longue gestation à la Chinese Democracy). Bref, on nous prend franchement pour des gogos.

Alors pourquoi on y retourne quand même alors qu’on n’est pas dupe ? Parce que malgré ou à cause des répétitions et de l’impression de faire du sur place, le groupe propose un trip unique diablement hypnotique et addictif. Parce que l’absence de refrain (il faut rappeler que la musique est composée dans leur coin par les instrumentistes avant que Keenan ne travaille dessus) tient finalement en haleine et participe à l’efficacité de ces montées en puissance redoutables. Parce que la production, le mixage et le mastering sont énormissimes (oui, même avec un fichier compressé de contrebande) et que tout ce que vous écouterez derrière fera pâle figure. Le grain de la guitare d’Adam Jones est fabuleux et on tient peut-être là l’étalon sonore ultime de la gratte metal. Parce qu’on change de morceau préféré à chaque nouvelle écoute (avant de rager parce qu’ils sont tous identiques, etc.). Parce que l’anglais n’est pas notre langue maternelle et qu’on peut dès lors faire l’impasse sur les textes mystico-intello chiants du chanteur-vigneron. Parce que le groupe a la prétention folle de convier son auditoire à une expérience d’un autre temps : dédier 86 minutes de son temps à l’écoute d’un disque sans rien faire d’autre (au casque si possible). Rien d’autre, hein ? Cet effort insensé est non seulement récompensé mais on en redemande. Parce que paradoxalement, c’est l’album le plus accessible du groupe. Les fans étaient de toute façon déjà convaincus avant la sortie mais les novices curieux de s’initier à la secte peuvent donc commencer par celui-ci. Parce que ça n’est pas désagréable de se faire manipuler de la sorte, pauvres pions que nous sommes.

*Accessoirement, il sert aussi à nommer l’organe génital masculin (l’équivalent de « chibre » en français).
** On oublie également les intermèdes/bonus insipides et inutiles, une sale habitude du groupe.

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   JASPER LEE POP

 
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- Maynard James Keenan (chant)
- Adam Jones (guitare)
- Justin Chancellor (basse)
- Danny Carey (batterie)


1. Fear Inoculum
2. Pneuma
3. Invicible
4. Descending
5. Culling Voices
6. Chocolate Chip Trip
7. 7empest



             



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