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- Style : Koichi Sugiyama
- Membre : Divers Compositeurs Jeux Video

Yuzo KOSHIRO - Streets Of Rage Ii (1992)
Par BAKER le 29 Novembre 2019          Consultée 225 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Le premier Streets of Rage avait laissé tout le monde sur le carreau, les personnages virtuels comme les auditeurs pensant qu'une Megadrive n'avait pas vraiment la carrure nécessaire pour produire un son techno digne de ce nom. Le jeu fut une réussite commerciale assez exceptionnelle. Jusqu'à quel point la musique en était responsable, dur de le savoir, car tout était réussi - les personnages, l'ambiance, la jouabilité. Normal qu'on remette le couvert un an après, avec un scénario se rapprochant plus cette fois-ci du célèbre haïku :

"Fragrance du printemps éclos,
'Tain t'as téma ma soeur ?
Crushons gaiement tes youk"

(Shinzô Kawamura, 1789-1811)

Evidemment, qui dit suite dit plus de sang, plus de décors, plus de gadgets. Et... notre Yuzo KOSHIRO dans tout ça ? Eh bien, il y avait un pari fou à relever et le moins qu'on puisse dire, c'est que le résultat est à la hauteur des attentes. Le disque ne plaira toujours pas à ceux définitivement insensibles à la techno et à ses dérivés, mais du côté prog, sons et créativité, Bare Knuckles II (son p'tit nom officiel) est supérieur à son aîné dans presque tous les domaines.

Comme dans le premier volume, on navigue entre titres un poil mélodiques et d'autres plus purement techniques et bourrins. Nous restons dans la techno / jungle /acid et trance mélangés avec dès le premier vrai titre, un "Go Straight" acid au groove terriblement infectieux, une maîtrise des programmations poussée jusqu'à la virtuosité. On retrouve les caractéristiques que l'on avait tant appréciées : une musique agressive, dynamique et percutante, mais avec une intelligence d'écriture supérieure à pas mal de disques de techno commençant à éclore la même année. Les trilles stridentes de "Never Return Alive" ou la maîtrise toute en ambiances de "Alien Power" sont là pour montrer que KOSHIRO n'en a pas fini avec ce style.

La diversité est aussi de mise : "In The Bar" dans sa version normale lorgne vers un trip-hop luxueux et ouaté qui fait clairement penser au premier album de BJÖRK (oui, qui ne sortira que l'année d'après !). "Dreamer", de la pure techno millimétrée, est presqu'un tube. Quand je parle de tube, je parle de vrai tube, sorti tel quel. Presque. Pas presque mais totalement, c'est "Under Logic". Tous les codes de l'acid sont là. Vous mettez une pétasse droguée - pardon, une extériorisante deshinibée à la capilliculture multispectrale, qui chante faux de la merde (là, pas de substitut), et vous avez du CRYSTAL WATERS. En mieux. Je sais, c'est pas difficile. Vous avez même "mieux" ou "pire" selon votre point de vue : "Expander". C'est de la rave pure et dure. Je déteste. Je hais. Je n'écoute jamais. Mais je serais de mauvaise foi si j'osais nier que ce titre peut passer en boîte de nuit TEL QUEL. Pas de remix. Pas d'overdubs. Le son de la Megadrive, pur, non filtré. La maîtrise de KOSHIRO en la matière en est à ce point.

Alors oui, musicalement parlant, quand ça va trop loin, seuls les accros purs et durs pourront prendre leur pied : "Spin on the Bridge" (à la stéréo quasi-surréaliste), la stridente et tape-cortex "Too Deep" ou "Jungle Base" ne tourneront pas beaucoup sur les platines des fans d'orgue jazz. Vous me direz : y voit pas le rapport (et n'a plus de genou), et c'est là que KOSHIRO a fait fort. En parsemant certaines musiques acid ou house d'orgue soul, il pulvérise les codes : "Ready Funk" porte ô combien-bien son nom, l'inédit "Little Money Avenue" n'hésite pas à se promener du côté du jazz fusion, et "Wave 131" serait une musique techno lambda, sauf que le riff est joué par Eddy LOUISS et pas par David GUETTA.

Bien équilibré entre folies furieuses parfois quasi-inécoutables et passages mélodiques plus accessibles, un peu plus épique que le premier volet ("Back in the Industry" et sa prod qui préfigure Street Fighter II), Streets Of Rage II se montre au final tout aussi intéressant et novateur que le premier volet, et un poil plus écoutable sur CD ou vinyl. Parlons-en, du vinyl : l'édition DataDisc, somptueuse, avec un son de malade, propose en guise d'intro un "megamix" du premier volet afin de se remettre dans l'ambiance, et les inédits de l'édition japonaise d'origine, parmi lesquels une version plus lente et lounge de "In the Bar", totalement différente et encore meilleure. Exploitant au maximum à la fois son matériel et son matériau, Streets Of Rage II allie l'extrémisme et l'universalité pour un résultat qui a fait date.

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- Yuzo Koshiro (prog)
- Motohiro Kawashima (prog)


1. Streets Of Rage Super Mix
2. Player Select
3. Go Straight
4. In The Bar
5. Never Return Alive
6. Spin On The Bridge
7. Ready Funk
8. Dreamer
9. Alien Power
10. Under Logic
11. Too Deep
12. Slow Moon
13. Round Clear
14. Wave 131
15. Jungle Base
16. Back To The Industry
17. Expander
18. Max Man
19. Revenge Of Mr X
20. Good End
21. Game Over
22. Go Straight (original Version)
23. Little Money Avenue (unused Track)
24. In The Bar (alternate Version)
25. Walking Bottom (prototype Track)



             



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