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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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PETER & SLOANE - Peter & Sloane (1985)
Par BAKER le 4 Décembre 2019          Consultée 1032 fois

Que vous le vouliez ou non, et je sais que ça emm...bête un paquet de monde, le premier album de PETER & SLOANE est essentiel, capital dans l'histoire de la musique populaire Française. En tous cas, son premier single l'est, indubitablement. Petit retour en arrière. En Amérique mais surtout en Angleterre, où c'est une sorte de tradition depuis les BEATLES, tout le monde s'intéresse au TOP 40. Autrement dit, les meilleures ventes de 45 tours de la semaine. Bon, le côté mercantile et surtout complètement facho ne vous aura pas échappé : ce qui a DEJA du succès, on le met BIEN EN AVANT pour que ça aie encore PLUS de succès. Autrement dit : le reste, dégage. J'adore. Bref, cette petite saute d'humeur anarchiste passée, reste que le TOP 40 est une institution et qu'en France, ça manquait.

Entre Alain DeGreef, très connu ponte de Canal + à l'époque où cette chaîne était bien. Nous sommes en 1984. Pardon ? Canal + date de 1984 ? Oui, à l'époque où cette chaîne était bien, donc. Nous sommes à l'époque de MTV, le vidéo clip est devenu essentiel, aucun single peu ou prou ne sort sans un pendant vidéo, aussi nullissime soit-il. DeGreef - qui a connu la gloire grâce à son Guignol qui était encore en-dessous de la vérité côté élocution - décide de créer le TOP 50, soit la même chose que les copains, mais en France. Une vraie émission, en partenariat avec le SNEP qui connait les chiffres et les écoule froidement, sans jugement aucun. DeGreef, fan de new wave entre autres, est impatient. On va enfin savoir ce que les Français écoutent, sans filtre, sans ambages, la stricte et pure vérité comptable.

Le premier soir, DeGreef est déçu, c'est le moins qu'on puisse dire. Le troisième soir, il est désespéré. Le septième, il va se flinguer. "Besoin de rien envie de toi", le single majeur de cet album, sera le premier numéro un de l'histoire du TOP 50, et il le sera NEUF PUTAINS DE SEMAINES DE SUITE.

Grâces soient donc rendues à Alain DeGreef qui a réussi à prouver objectivement, dès 1984 et sans interventionnisme aucun, que les français ont en matière musicale des goûts de chiotte, qu'ils les ont toujours eu et qu'ils les auront à tout jamais. Du reste, si vous vous étranglez de rage en me lisant, je vous invite à lire le classement de cette semaine. C'est du caviar. Et surtout, qu'est-ce que c'est varié. La vache, la variance, la variétude, la multiplicature de les genres, trop classe. Ah on comprend mieux pourquoi mettre autant de moyens de com pour promouvoir la diversité. Bref, en 1984, le français moyen a envie d'écouter PETER & SLOANE, faux couple taillé sur mesure qui sort un album entier sur le concept suivant : on baise comme des lapins, et on vous emmerde tous. Dans les grandes lignes, hein. Ridicule, nombriliste et superficiel. Heureusement, de nos jours, on n'aurait pas idée de faire une chose pareille. JAY-Z et BEYONCE sont bien d'accord là-dessus, la dignité avant tout.

Résumer l'album ? Soyons franc : vous avez vu la pochette ? On dirait une publicité pour le dépistage du cancer colorectal. C'est donc de la variété à l'italienne, mais sans le charme, extrêmement lisse, pratiquement rien ne dépasse, c'est gluant de bons sentiments faisandés, cucul comme un roman "rose bonbon pâle" de la collection Harlequin, la moitié des paroles parlent d'élargir la chatière à bobonne et l'autre moitié plaint les pauvres cons qui ne sont pas au chaud sous la couette à se tripatouiller les poils de zob, comme tout un chacun est censé faire le dimanche matin avant Téléfoot et Drucker.

Et comme vous vous en doutez, on trouve dans ce 33 tours quelques atrocités à tiers-chemin entre John Kramer, Josef Mengele et Jul. De l'insipidité élevée au rang d'art majeur, des synthés kitschounets dans tous les coins (mais comment Bernard Estardy, demi-dieu des studio français dans les années 80, a-t-il pu se laisser corrompre ainsi ? Ah ben suis-je con : le pognon !), de la gluance malsaine, de la bonne humeur totalement fictive qui se rapproche de BEZU ou de LICENCE IV (l'abominable "Quoi qu'on fasse"), des chansons si nulles qu'on se demande sincèrement comment les deux chanteurs ont pu garder leur sérieux. Sans compter les paroles qui ne peuvent laisser indifférent. "Refais-moi l'amour comme AU PREMIER RENDEZ-VOUS". Ah ouais, saute-au-paf quoi ! "Notre amour ne fait de mal à personne". Euh, mes oreilles sont pas d'accord. Surtout sur cette chanson, "I love you, you love me" (verbatim, sic), qui s'inspire des rythmes des Caraïbes. Tu m'étonnes que la spécialité là-bas c'est le rhum. Si "La croisière s'amuse" est traduit en anglais par "Le navire de l'amour", à mon avis, le seul capitaine capable de survivre à une telle croisière, c'est le Capitaine Morgan.

On peut même rire carrément sur certains passages. "Ma vie avec toi", par ailleurs pas la pire, rappelle carrément IL ETAIT UNE FOIS. La frontière entre les deux est extrêmement ténue. Ce n'est pas une bonne nouvelle. Itou, impensable de ne pas écouter au moins une fois dans sa vie "Pour tous ceux qui vont s'aimer", qui veut jouer la grandiloquence sérieuse mais foire dans les grandes largeurs. En plein milieu d'un "disque d'amour" (ça existe, c'est un style musical, cf Frédéric FRANCOIS ou Herbert LEONARD), on a l'impression d'écouter un hymne martial écrit par BARBELIVIEN et chanté par SARDOU sur le massacre des Chouans. Au moins le message est clair : futurs amoureux, futures amoureuses, en chier vous allez. Et puis le solo de synthé sur "Besoin de rien", ça va vous rappeler les 1er Janvier bourrés où la cagole de service sur talons hauts et jupe courte vient danser en titubant pour faire oublier qu'elle a 45 ans et deux divorces derrière elle.

Mais il y a pire encore avec cet album. C'est qu'il n'est pas entièrement nul. Le chant déjà est joli et expressif, on ne peut pas leur retirer ça. Malgré son côté factice 100% pur synthétique, "C'est la fête" dispose d'un joli solo de Prophet et son refrain est plus malin qu'il n'y paraît. Elle a beau écoeurer aux confins du vômi acide, "Besoin de rien", par ailleurs composée par Sloane, est une chanson efficace. On ne peut l'écouter sans rougir de honte, mais au moins son succès putassier est-il compréhensible. Plus grave encore, il y a UN bon titre sur le disque. Le final "Comme les rêves d'enfants", qui plombe l'ambiance comme pas deux et est plutôt joli, rêveur et nostalgique. Et tiens... c'est un instrumental. Ca donne à réfléchir. Cela permet de terminer le disque, d'ailleurs court et c'est tant mieux, sur une note plus positive, et de nous dire que s'il est nul, effectivement, la nullité de 1985 n'est pas celle de 2019.

Enfin en 1985 on avait aussi Brothers in Arms, Hounds of Love et Hunting High and Low, hein...

Note finale : 1,5 / 5. Je peux même pas mettre 1. C'est ça le pire !

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