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VARIETE FRANCAISE  |  REMIX

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- Style : Dick Rivers , Johnny Hallyday , Jacques Dutronc

Eddy MITCHELL - La Même Tribu, Volume 1 (2017)
Par BAKER le 21 Janvier 2018          Consultée 1079 fois

Il n'y aura pas de "Génération Mitchell". Le patron a dit niet. Il a même gentiment envoyer chier Patricia KAAS, rendez-vous compte, Madame Patricia KAAS, là où d'autres lécheurs d'anus patentés accueillent des LOUANE ou BB BRUNES à bras, chéquier et encarts de publicité grand ouverts. Donc acte : si Schmoll accepte qu'on lui rende hommage, ce sera à ses conditions, et à sa façon. Déjà, pas de M POKOnneries, pas de remix techno, pas de pleurnicharderies gitano-creusoises, pas d'angine blanche permettant d'affirmer qu'"elle a un univers" (sic) : les chansons seront revisitées certes, mais avec respect. Ensuite, pas de production General MIDI à la petite semaine : chez Mr Eddy, c'est la A-Team ou rien. Et bon dieu de bon dieu, vous parlez d'une A-Team ! LEROUX, PEZIN, GAUCHER, SKLAR, ZLAP, DDESCHAMPS, SALMIERI, D'ANGELO, et l'indéboulonnable McCOY. La crème de la crème. Vous n'aurez donc aucune inquiétude à avoir concernant l'interprétation et le son : c'est du velours, du cottelé, de la cuvée du patron.

Mais vous vous troublez madame, et changez de visage. Point les sourcils ne froncez (NDYoda : Et pour les chiens, les copyrights sont-ils ?). C'est vrai que de bons musiciens n'impliquent pas forcément de bonnes versions. Mais encore une fois, on ne parle pas de n'importe qui. Et la qualité globale de ce premier volume est donc très au-dessus des épouvantables catastrophes auditives de ces dernières années en matière d'hommages. Passons déjà sur la chanson d'introduction, celle qui sert de ciment à l'album : elle est franchement et radicalement putassière, mais en terme de mélodie et de swing, elle est encore bien au-dessus de la production actuelle. Les interventions sont parfois plus gênantes qu'enthousiasmantes, mais c'est charmant et coquin. Rendez-vous compte, le père ARNO réussit à placer le mot putain dans un single de 2017. Bon, il est Belge, ça compte pas, c'est des traîtres. N'empêche, à part RENAUD que l'on reconnait très peu et William SHELLER pris comme sur le vif, ces voix font le job qu'on leur demande, à savoir faire en sorte que l'auditeur se sente bien entouré. Et oui, il est bien entouré. A part THIEFAINE, MENGO (ah oui tiens, pourquoi il est pas là lui ?!) et LAVILLIERS, il ne manque pas grand monde.

Et ensuite, eh bien ma foi, ça dépendra évidemment de vos goûts, de vos affinités, mais on peut facilement classer les reprises en trois catégories. Trois, pas quatre, car il y a un style de reprise que vous ne retrouverez pas ici : la reprise pourrie. AUCUN titre n'est totalement raté. Dans un tribute album, même auto-tribute, c'est inédit. Vous trouverez des chansons un peu bateau où la reprise n'apporte pas grand chose, mais ne massacre pas l'original. "Lèche-Bottes Blues" est moins percutant que son homologue 90, certes plus froid et synthétique mais également plus costaud et filou (et pourquoi diable avoir changé deux phrases ?). ARNO était un bon choix mais on aurait aimé encore plus de mordant, un update "Enculé 2.0". L'actualité laissait largement le choix. RENAUD tente d'exister sur une "Route de Memphis" plus bucolique mais un peu pâle, l'univers créé par Mitchell est un peu effacé. "On Veut Des Légendes", très récente, est revisitée radicalement avec le tempo divisé en deux : un peu roboratif, mais joli harmonica.

Il y a aussi les habituelles reprises "sympatoches", souvent proches de l'original d'ailleurs. "Toujours Un Coin" pratiquement carbone mais avec Keren ANN glissant malicieusement quelques phrases en anglais (ce qui ne manquera pas de faire grincer des dents). "La Fille Du Motel" est aussi très proche, mais le duo vocal BRIGITTE, s'il est quelconque sur les couplets, glisse des "aaahhhh" délicieusement surannés et bien dans l'esprit du tableau. "Racines" est intriguant : moi qui d'habitude ai du mal à supporter SANSEVERINO, ici il se montre parfaitement à l'aise, la complicité des deux loustics est palpable. CHRISTOPHE s'approprie le "Portrait de Norman Rockwell", choix incongru (chanteur incongru même, tant sa présence chez Mitchell semble improbable) mais qui fonctionne, tant on a l'impression d'entendre une chanson... de CHRSTOPHE. Petit côté irréel assez agréable. Et que dire d'"Otis", tiré de sa première période ? Eddy n'oublie rien, pas même ses racines R&B, et son duo avec feu Charles BRADLEY fonctionne bien. Jusqu'ici, c'est déjà un joli petit palmarès. Et c'est déjà bien meilleur que Génération Kids United, Génération Enfoirés Top 50 ou autres Génération Générations Volume Trentedouze.

Et là où certains tributes alignent péniblement deux bonnes reprises pour quinze cacas mous, ce volume 1 du Mitchell Pour Les Nuls se permet d'offrir (enfin, de vendre, faut pas déconner) quatre versions que tout fan de Schmoll se doit d'écouter une fois dans sa vie. Ouvrant le bal, "C'est Un Rocker" offre un boulevard à Johnny HALLYDAY, déconneur, sûr de lui, impérial, parfait. L'ultra-classe, les deux vieux, soutenus par un guitariste soliste en mode T-1000. "M'Man", dépouillé dans ses couplets, n'a pas la force émotionnelle poignante qu'offrait la production froide, clinique, de l'originale, et les interventions à la trompette d'Ibrahim MAALOUF sont sympathiques mais pas indispensables dans un premier temps. Jusqu'à ce qu'arrivent les cordes du refrain : là, frissons garantis. La prod et la prise vocale de 1987 avec le solo final de trompette et les cordes de 2017 et vous avez la ballade tire-larmes parfaite.

"Au Bar Du Lutetia", également récente, gagne ses galons de grand classique avec une intro big band somptueuse. Jacques DUTRONC y est évidemment à l'aise comme un poisson dans le bazooka mandarine, un duo moins solennel qu'en 2003 mais plus.... canaille, ah ah ! (et pour le coup, c'était vraiment le cas de le dire). Enfin, la surprise qu'on ne voyait pas venir : "J'ai Oublié de l'Oublier". Faite cousu-main sur mesure pour la voix de Julien CLERC (qui l'avait déjà reprise voilà 42 ans), bénéficiant de cordes sensationnelles, voici un Graal (ou bocal à anchois), un trésor inestimable : une reprise supérieure à l'originale. Il ne manquait qu'un seul petit détail : une caisse claire plus binaire, plus simpliste mais bien jouée dans le fond du temps, au lieu du rythme haché original, et on avait ZEU ballade française. Incroyable la qualité de cette reprise, et plus globalement le sérieux avec lequel Eddy a conçu cette moitié de disque qui au départ n'était qu'une commande. Finissant en duo avec sa fille (qui est son portrait craché des années 80 !), fille qui d'ailleurs se débrouille bien et même largement mieux que certaines dont je ne citerai pas le nom, sur une "Voix d'Elvis" débridée avec même quelques couacs au piano (ça rock'n'roll chéri !), cet album est une très bonne surprise qui atteint parfaitement son but : donner envie de découvrir le volume 2. On devrait y retrouver donc Willoute SHELLER, Michel JONASZ, Laurent GERRA, Laurent VOULZY, Pascal OBISPO, Maxime LE FOXTERRIER, Thomas DUTRONC, et Kendji GIRAC. Ami lecteur, un intrus s'est glissé dans cette liste. Sauras-tu le retrouver ?

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- Eddy Mitchell (chant)
- Alain Souchon (guest)
- Arno (guest, harmonica)
- Brigitte (guest)
- Calogero (guest)
- Christophe (guest)
- Jacques Dutronc (guest)
- Johnny Hallyday (guest)
- Julien Clerc (guest)
- Laurent Gerra (guest)
- Laurent Voulzy (guest)
- Maxime Le Forestier (guest)
- Michel Jonasz (guest)
- Pascal Obispo (guest)
- Renaud (guest)
- Sanseverino (guest)
- Thomas Dutronc (guest)
- William Sheller (guest)
- Keren Ann (guest)
- Ibrahim Maalouf (trompette)
- Charles Bradley (guest)
- Brigitte (guest)
- Maryline Moine (guest)
- Basile Leroux (guitare)
- Marc Goldenberg (guitare)
- Slim Pezin (guitare)
- Charlie Mccoy (harmonica)
- Greg Zlap (harmonica)
- Bernie Dresser (batterie)
- Christophe Deschamps (batterie)
- Claude Salmieri (claviers, batterie)
- Jean-yves D'angelo (claviers)
- Rob Mounsey (claviers)
- Antoine Duchêne (prog)
- Leland Sklar (basse)
- Franck Bedez (basse)
- Hervé Brault (pedal steel)
- Russ Hicks (pedal steel)
- Michel Gaucher (saxophone, flûte)
- Glen Berger (saxophone)
- Jerry Vivino (saxophone, flûte)
- George Shelby (saxophone)
- Laura Vivino (flûte)
- Bill Churchville (trompette)
- Eric Mula (trompette)
- Christian Martinez (trompette)
- Michel Joussein (trombone)
- Bob Mcchesney (trombone)
- Sylvain Carton (clarinette)
- John Titmus (cor)
- Mike Stanley (cor)
- Christophe Briquet (cordes)
- Thibault Mortegoute (cordes)
- Hughes Borsarello (violon)
- Cyril Mencé (choeurs)
- Frédérike Schieste (choeurs)
- Loïca Künstlich (choeurs)
- Yannick Claire (choeurs)


1. La Même Tribu
2. C'est Un Rocker
3. On Veut Des Légendes
4. Sur La Route De Memphis
5. J'ai Oublié De L'oublier
6. Lèche-bottes Blues
7. Toujours Un Coin Qui Me Rappelle
8. Au Bar Du Lutetia
9. M'man
10. Otis
11. La Fille Du Motel
12. Nashville Ou Belleville
13. Un Portrait De Norman Rockwell
14. Et La Voix D'elvis



             



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