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1988 True Cool

David HALLYDAY - True Cool (1988)
Par BAKER le 5 Décembre 2019          Consultée 718 fois

De nos jours, le népotisme est à la mode. Ca fait classe, ça fait sceau de qualité. De toutes façons, ceux qui sont contre sont des crétins jaloux, comme le prouvent les marketeux grâce à qui cette mode de placer fiston, poupette et neveu dans le monde des arts est redevenue normale, voire salutaire. Mais dans les années 80, ce n'était pas tout à fait pareil. Ainsi, il faut se rappeler que malgré son grand succès public, lorsque David HALLYDAY, fils de Johnny HALLYDAY et Sylvie VARTAN, a sorti son premier album, beaucoup ont ricané jaune. Pire, outrage ultime et absolu : le jeune homme chantait en anglais ! C'est l'hallali ! Brûlons cette fausse icône de paille placée là uniquement par piston parce qu'en plus, petit détail qui achève le tableau, David est signé comme par hasard chez Scotti Bros. Scotti, oui. Comme Tony Scotti. Son beau-père. Plus pistonné que ça, je vois pas, à part homme politique évidemment.

Seulement, redécouvrir le premier disque du rejeton HALLYDAY permet de rétablir une vérité certaine : certes, David a eu de grandes prédestinations pour finir chanteur, mais d'une part il possède déjà, à 22 ans, une voix très belle et solide, différente de son pôpa, et ça aucun piston ne peut le donner ; d'autre part, et c'est probablement le plus important, à 22 ans bis, le jeune homme est un bon multi-instrumentiste, solide programmeur de synthés, et ma foi un compositeur sur lequel on peut compter. D'ailleurs pôpa, justement, comptera dessus. Ah oui, dernière raison pour que bien des gens le détestent à l'époque : avec le single "High", David se placera immédiatement en haut des charts français. Avec une chanson en anglais, donc. A brûler sur la place publique, appelez Cauchon !

True Cool est un drôle de zèbre. Un de ces disques typiques des années 80 qui n'est en aucun cas formidable, mais se laisse écouter très agréablement, ses petites fautes de goût n'étant que rarement rédhibitoires. Le style est très vite identifié, les codes bien assimilés : c'est de la pop funk blanche FM, avec beaucoup de claviers et de programmations (aidé par l'ex-OINGO BOINGO Richard Gibbs), des choeurs féminins, des pêches de cuivre de DX7, des petits licks de guitare en son clair (joués par le vétéran Dan Huff), et des refrains entre corrects et irrésistibles. On pourrait se dire que l'originalité sera d'environ zéro gramme, sauf que vers la fin, David ose la chanson à ambiance : si elle est truffée de petits défauts, "Take My Time" ose-t-elle au moins le pari de la durée et du concept, avec honneur et passion. Le riff de guitare est un peu destabilisant mais l'intro est tout à fait honorable surtout pour un jeune de 22 ans dit "fils à papa". Il y a du Chaz JANKEL dans cette intro, j'ai connu pire. Bien pire. HALLYDAY connaît ses synthés sur le bout des doigts et a parfaitement compris ce qui fonctionne à l'époque.

Les autres chansons sont dans le moule 4 minutes-avec-solo (dont un par David) et ça passe ma foi plutôt bien. "Move" vous fera bouger (c'est sa raison d'être), "Mad World" ou "Vertigo" n'ont rien de déshonorant. Si "True Cool" pique les oreilles avec une intro ratée et un côté Footloose-du-pauvre, la présence de voix féminines l'aère, tandis que la face B est introduite par un excellent "Shadow Side", classique mais très prenant et dynamique, aux choeurs vénéneux. Quant aux deux ballades, elles n'ont pas à rougir face à la concurrence : "Listening" fait bien plus LOVERBOY que PETER & SLOANE... Et la fameuse "High" ? Avec le recul, elle méritait bien sa place de n°1. Ce n'est pas la power ballad la plus extraordinaire de son année, mais elle a conservé son émotion, et ses accents FOREIGNER. Un bien beau titre, qu'on tuerait pour avoir en n°1 des charts de nos jours.

La petite anecdote personnelle pour bien qualifier ce premier album. Alors que je ne l'avais pas entendue depuis au moins dix ans, je me suis mis à chanter "High" un beau matin sous la douche (NdMoi : Non mesdemoiselles, il n'existe pas d'archive de ce sensuel moment). Bizarre. Je vais dans un vide-grenier, pour la première fois depuis des lustres, et je tombe pile sur cet album que je n'avais JAMAIS vu en occasion. Un euro. Déjà qu'en 2019, ses écoutes successives se sont avérées plaisantes, mais en 1988, je maintiens que pour un premier album, l'achat n'avait pas à être regretté. Les quolibets ? Pfff ! Quitte à être pistonné, David HALLYDAY a choisi de bien faire les choses. Une très jolie carrière débute. Et tant pis si les crédits font état de nombreux et mystérieux "musiciens additionnels" qui laissent à penser que le jeunot n'a pas abattu autant de boulot que ça : la suite de l'histoire montrera qu'il a les capacités nécessaires.

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   BAKER

 
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- David Hallyday (chant, claviers, prog, guitare)
- Kim Bullard (claviers, prog)
- Richard Gibbs (claviers, prog)
- Dan Huff (guitare)
- Tim Landers (basse)
- Tom Walsh (percussions)
- Maxine Waters (choeurs)
- Julia Waters (choeurs)
- Carolyn Willis (choeurs)
- Cece Bullard (choeurs)
- Gary Falcone (choeurs)
- Stan Bush (choeurs)
- Joe Pizzulo (choeurs)
- Jon Joyce (choeurs)
- Joey Brasier (musicien additionnel)
- Liam Jason (musicien additionnel)
- Steve Kara (musicien additionnel)
- Bill Bodine (musicien additionnel)
- Eric Williams (musicien additionnel)
- Curtis Tilton (musicien additionnel)


1. Move
2. Vertigo
3. High
4. Ya Seen One, Ya Seen 'em All
5. True Cool
6. Shadow Side
7. Listening
8. Mad, Mad World
9. Wanna Take My Time
10. He's My Girl



             



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