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- Membre : The Union , Billy Idol

SILVERTHORNE - Tear The Sky Wide Open (2020)
Par GEGERS le 4 Février 2020          Consultée 547 fois

Un riff suffit. Là est la force de la musique rock. On peut coller par-dessus le meilleur refrain du monde, les arrangements les plus savants, les paroles les plus pertinentes, si le riff échoue, le reste s’écroule. La science du riff est un graal que peu parviennent à atteindre. Pour un "Back in Black", un "You Really Got Me" ou un "Smells Like Teen Spirit" (remarquez comme le chroniqueur scrupuleux s’est abstenu de mentionner "Blackout"), combien d’accords poussifs, de mélodies sans âme, de fausses énergies ? Le riff, c’est l’essence-même du rock (de la musique ?). C’est la quintessence de l’art.

Du coup, lorsqu’en 2020 un groupe fraîchement sorti de l’ombre pond un des meilleurs riffs que nos plus très chastes oreilles ont eu la chance d’entendre depuis le "Poussez madame" originel, cela attise forcément la curiosité. Dernière un SILVERTHORNE énigmatique se cache en réalité un trio que les amateurs de musiques distordues connaissent sans doute. Tout du moins connaîtront-ils le nom de Brian Tichy, cogneur de fûts chez Billy Idol, auteur d’une pige chez Whitesnake, plus récemment acoquiné avec les Dead Daisies. Les deux autres n’ont pas à rougir de leur pedigree pour autant. Si le bassiste Daniel Spree a essentiellement bossé avec Phil X, le guitariste actuel et pas très masqué de Bon Jovi, le chanteur-guitariste Pete Shoulder a signé quelques coups d’éclats avec Winterville, mais surtout avec The Union, groupe au sein duquel il a brillé en compagnie du guitariste Luke Morley, éminence grise de Thunder.

SILVERTHORNE, donc, nous arrive tout droit du désert de Californie, une terre où les canyons arides rendent rude la vie de ceux qui ont décidé d’y poser leurs valises. Inutile de trop laisser gambader l’imaginaire, le studio des membres du groupe n’est pas si éloigné de Los Angeles, et les bonhommes, tout bourrus qu’ils soient, on sans doute la possibilité de prendre une douche au moins une fois par semaine. Il y a néanmoins dans la musique du trio la rugosité sèche du désert, et dans ce riff voué à devenir mythique l’énergie brutale de mecs qui n’auraient pas bu depuis plusieurs jours. "Tear The Sky Wide Open", une puissance en six notes, joués en boucle, répétées à l’envi, à la fois groovy et irrésistibles. Chaînon manquant entre le hard 70’s de Led Zeppelin et les ambiances de Soundgarden, le chant de Pete Shoulder n’étant pas si éloigné de celui de Chris Cornell, SILVERTHORNE livre là une musique roots, sans fioritures, qui va à l’essentiel. La beauté pure du refrain, combinée avec des couplets somme toute agressifs et sombres, fait de ce morceau un des meilleurs titres de la décennie à venir (comment ça, il est trop tôt pour se prononcer ?)

Le reste de l’EP (puisque le groupe nous offre ici seulement cinq titres) n’est pas pour autant un pétard mouillé, malgré un aspect plus conventionnel. Infusant ses influences qui sont à chercher autant du côté de Cream et Free que des Queen of the Stone Age, SILVERTHORNE balance quelques titres qui doivent beaucoup à l’intensité permanente que dégage la voix de Pete Shoulder. "Roll me back again", voit son refrain lui-aussi agrémenté d’un riff pas piqué des hannetons, même s’il est difficile de briller à côté de l’étoile que constitue le premier titre. "Black River Rising" est un autre grand moment. Lent, lancinant même, ce titre blues prend le temps de s’installer, de poser ses ambiances qui évoquent effectivement la chaleur du désert de Californie, l’auditeur de sentant accablé sous une chappe de plomb qui ne le quitte qu’au moment du refrain. "Movin’", pas loin de Black Sabbath dans l’esprit plombé de son riff, cherche résolument du côté de Led Zep’ au niveau de ses couplets hallucinés. "Haunted By The Dawn", plus énergique, va pour sa part s’inscrire dans une lignée fin 70’s, mais les enjeux ne sont plus les mêmes. Le morceau, bien que sympathique, n’a rien de l’intensité du morceau d’ouverture.

Pour le chant de Pete Shoulder, pour ce riff d’anthologie qui à lui-seul pourrait bâtir une mythologie autour de ce groupe, Tear The Sky Wide Open est un EP chaudement recommandable, qui ne serait être un one-shot de la part d’un groupe qui, à la fois roots et moderne, semble bien parti pour avoir de belles choses à nous balancer dans les esgourdes !

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   GEGERS

 
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- Pete Shoulder (chant, guitare)
- Brian Tichy (batterie)
- Daniel Spree (basse)


1. Tear The Sky Wide Open
2. Roll Me Again
3. Black River Rising
4. Movin
5. Haunted By The Dawn



             



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