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2007 Erbalunga

URBAN TRAD - Erbalunga (2007)
Par MARCO STIVELL le 17 Février 2020          Consultée 66 fois

Le dernier vrai album de la première formule d'URBAN TRAD s'appelle Erbalunga. Le nom rappelle celui du village situé en Corse, sur le cap nord, à la géographie particulière et qui accueille un important festival annuel de musiques populaires (et aussi un autre consacré au piano).

En 2007, le groupe belge est à son sommet musical. Yves Barbieux, déjà seul pour l'album d'avant à gérer tout l'apport électronique et les arrangements musicaux, reste la clef de voûte d'un ensemble démesurément envoûtant. Il faut bien sûr compter sur la présence des deux magiciennes Soetkin Collier et Véronica Codesal, la fille du Nord et celle du Sud, mais au-delà de cela, l'alchimie générale, complétée par la fidélité de Sophie Cavez, Michel Morvan, Cédric Waterschoot, Philip Masure et Dick Naessens.

Tout ce beau monde entre en scène par le violon de Naessens, et ainsi s'ouvre "Sans garde-fou", poésie-portrait envoûtante du passionné qui vit sans limite pragmatique, dans son rêve et "ouvre la fenêtre à la douleur aussi". L'unisson des deux chanteuses, avec leurs accents, leur mélange de langues diverses (français, galicien), entretiennent la féérie du morceau, porté par des boucles sensuelles, des couleurs orientales.

Dans les mêmes tons, "Hedningarden" fait jouer la cornemuse en mode lydien, forme de mélodie dissonante venue elle aussi de l'Est. L'accordéon de Cavez s'avance dans le bal, des grésillements électroniques se font entendre... Il y a d'autres instrumentaux tout aussi denses au cours de ce disque : "Asturiana" où Morvan fait preuve d'excellence ; "Bourrée Tappen" où une funk moderne soutient l'air mélancolique de cornemuse ; "Erbalunga", reel electro-celtique en coda du "Serpent".

C'est un cocktail fantastique de nouvelles musiques traditionnelles européennes qui nous est servi là, mais avec le talent qui s'impose (URBAN TRAD reste un solide ensemble de musicien-ne-s), et l'inspiration évidente dans le répertoire proposé. Ecoutez donc "Le Serpent", où les fées-chanteuses deviennent sorcières avec leur refrain à l'unisson, sur fond de danse médiévale au parfum d'an dro breton. Ou encore le superbe enchaînement "Accovi"/"Onderweg", d'abord jig grandiose instrumentale enchaînée avec de la chanson sous une forme qui n'est pas sans rappeler LUAR NA LUBRE. Et au milieu de tout cela, une ballade gaélique splendide : "Fields of Deeley".

Voix au féminin, flûte, violon, accordéon, grosse batterie et boucles programmées, caractéristiques du son des Belges, nous émeuvent grandement dans cette ballade, comme c'est également le cas du chant martial de "L'olivier", critique acerbe de la guerre et complainte pour les jeunes conscrits. La musique d'URBAN TRAD prend alors une tournure épique, à grand renfort de textes forts et de nappes de synthés-cordes, de quoi procurer des frissons.

Il est très difficile de ne pas pleurer à l'écoute de "Oh la belle", histoire d'amour entre deux femmes dans un temps ancien et en dépit des interdits. De l'importance d'avoir deux chanteuses comme Codesal et Collier, dont les timbres sont naturellement proches. La poésie mélancolique des couplets, en accords mineurs, s'éclaire sur le refrain lumineux et magique en accords majeurs cette fois ; la basse roulante s'amuse avec ce rythme en 5/4 trop peu utilisé dans la pop, tandis que la batterie double le tempo sur le dernier tour de chant... Une merveille absolue !

N'oublions pas, dans le style enlevé et musicalement "dance", un "Polaire" génial à son tour, car le romantisme et la fin amor, l'amour courtois, y sont traités de manière plus optimiste, sur un riff d'accordéon égayant, de même que les loops/basse-synthé chaleureux. Les voix reviennent de plus belle (avec la présence du chanteur Loïc Chavigny) sur la "Scottische de la tête", au nom bien choisi et à l'esprit de répétition bienheureux. Un pas de danse salé autant que sensuel, auquel se prête la bombarde de Cyrille Bonneau (Cécile CORBEL, etc). Ce sont d'excellents titres et on peut ajouter le titre bonus "Diama Den", pop aux accents africains où intervient N'Faly KOUYATE, au chant et à la kora.

Les années s'écoulent ensuite sans qu'URBAN TRAD propose de nouvel album, avant les milieu des années 2010 où quelques singles paraissent. Depuis, la formule a changé, l'électronique s'efface au profit d'un son rock. Aujourd'hui et dans le style d'Erbalunga, pour retrouver les mêmes sensations (avec ou sans voix féminines), il faut chercher auprès de groupes comme LE CONDOR, à l'identité plus provençale.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Soetkin Collier, Véronica Codesal (chant)
- Yves Barbieux (claviers, programmations, gaïta, whistles)
- Sophie Cavez (accordéon)
- Dirk Naessens (violon, mandoline)
- Cédric Waterschoot (basse)
- Michel Morvan (batterie)
- Philip Masure, Pascal Chardome (guitares)
- Mohammed Al Mokhlis (violon)
- Ghalia Benali, Loïc Chavigny (chant)
- N'faly Kouyaté (chant, kora)
- Cyrille Bonneau (bombarde)


1. Sans Garde-fou
2. Hedningarden
3. Oh La Belle
4. Le Serpent
5. Erbalunga
6. Fields Of Deeley
7. L'olivier
8. Bourrée Tappen
9. Accovi / Onderweg
10. Polaire
11. Noite Longa
12. Scottiche De La Tête
13. Asturiana
14. Diama Den (bonus)



             



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