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Kate LUCID - Illucidity (2019)
Par MARCO STIVELL le 8 Février 2020          Consultée 815 fois

La passion pour les voix féminines et des recommandations distinguées peuvent amener de belles rencontres en musique, très belles même. Ainsi en est-il concernant Kate LUCID et son premier album. La demoiselle, Anglaise d'origine ukrainienne, au patro-pseudonyme voulant filtrer la lumière (comme la plupart des prénoms, par ailleurs fort beaux, ayant pour racine le mot latin "lux", "luce" en italien) s'est d'abord fait connaître grâce à Internet, Youtube, Soundcloud où elle postait des démos au piano depuis cinq années environ. L'an dernier, à partir de certaines de ces chansons, elle a voulu publier son premier album en crowdfunding/financement participatif.

Le titre au nom savoureux, Illucidity, s'oppose au nom d'artiste, comme pour annoncer un foisonnement de musique dans tout ce qu'elle a de plus passionné, à travers des chansons qui le sont déjà elles-mêmes, car elles en parlent justement, de la passion. Amour-passion humaine, qui a tant fait parler depuis si longtemps en musique, mais dont on ne peut guère plus dire qu'elle garde le monopole de la première des préoccupations, depuis que le souci écologique afflue. Et de fait, il est toujours heureux d'écouter avec immersion totale un disque court de 11 chansons (dont trois bonus), entièrement consacré aux élans intimes à coeur ouvert d'une personne, notamment une jeune femme qui chante divinement bien.

Kate LUCID chante divinement bien, d'une empreinte de fée qui sied tant à votre serviteur. C'est le premier constat, suivi aussitôt du sentiment que ses chansons ont quelque chose de fantastique, dans un registre pas si dépouillé que cela. Le piano et la voix sont souvent habillés de choeurs, réalisés par la chanteuse elle-même, et d'un double trio, cordes (violon-alto-violoncelle) et rythmique basse-batterie-guitare. On constate aussi avec amusement, lorsque l'on arrive aux bonus, leur caractère plus ancien (y compris les deux duos avec Dustin Silverman) et la touche légèrement moins rauque, encore rajeunie de Kate LUCID.

Vous l'aimerez beaucoup, surtout si vous adorez Carole KING ! En dépit de cette impression permanente lors de l'écoute, c'est plus tard que j'ai appris que l'artiste, il y a quelques temps, avait fait une démo de l'intemporel "You Make Me Feel". Chanson plutôt angélique par rapport aux textes parfois sombres écrits par LUCID, du moins concernant la relation amoureuse. "I walk away and I don't regret it, we have only one life to live" sur "Faded" est une parole assez proche de ce qui se dit aujourd'hui couramment, plutôt que du romantisme des soeurs Brontë. Mais on retrouve ce dernier ailleurs, de quoi se laisser transporter par la folie passionnelle...

Dans tous les cas, le rapport entre les textes, le chant, l'ambiance (dont le charme hivernal appelle un degré presque lyrique) et la musicalité laisse sans voix. Ces chansons montrent une écriture fine, un travail de fileuse jusque dans les arrangements, des descentes de piano enivrantes de "Flaming Sky" au silence bref de la ballade blues "Faded", où cordes et interprète se taisent ensemble avant la reprise de l'ultime couplet.

Les variations mélodiques de "I'll Meet You There", seul titre dépassant les quatre minutes, les emportements vocaux entre soul et gospel, avec arrangements de chorale brillants, tels qu'on les entend sur "Stop Me" et "I'd Rather Stay Cold" procurent un rare plaisir. Si vous écoutez cela, ne faites rien d'autre en même temps ! Même durant les trois titres bonus, dont le sentiment d'innocence procuré par une Kate LUCID plus jeune, synthé-cordes compris, n'est pas moins fort.

L'emploi du trio rythmique, comme soumis à l'hésitation sur la globalité de l'oeuvre car moins présent que les violons, offre cependant la même quantité de belles choses. Sur "Can't Stop My Heart" d'abord (et ce pont "nananalinanana", court mais exquis), ensuite "Forgive Me" ("Проcти мені"), chanson où la langue ukrainienne est soumise au désespoir, comme la guitare électrique soliste de Timothy Douglas, de quoi faire vibrer la corde sensible. À noter aussi l'arrangement de batterie, reposant sur la grosse caisse, les cymbales et le tambourin. Quant à "Now That You're Gone", plutôt folk avec un esprit road-movie printanier, moins gris et cloîtré que les autres chansons, elle ferait un single idéal !

Si elle ne danse pas, au piano, au micro, au stylo, au raffinement et en Angleterre, cette chanteuse a tout du niveau d'une autre (grande) Kate...

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   MARCO STIVELL

 
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- Kate Lucid (chant, piano, clavier, choeurs)
- Alan Walbridge (violon)
- Cleo Loi (alto)
- Luke Alex Pitzer (violoncelle)
- Peter Coppola (basse)
- Timothy Douglas (guitare électrique)
- Stephen Maclachlan (batterie)
- Dustin Silverman (chant)


1. Flaming Sky
2. Can't Stop My Heart
3. Forgive Me
4. Stop Me
5. Now That You're Gone
6. Faded
7. I'll Meet You There
8. I'd Rather Stay Cold
- bonus
9. There Was A Man (duo Avec Dustin Silverman)
10. Let Me Lose My Mind (duo Avec Dustin Silverman)
11. When Music's Brought To Life



             



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