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BABEL 17 - Shades (1991)
Par RICHARD le 4 Mars 2020          Consultée 549 fois

Dans la douce et discrète sphère de la Touching Pop qui a sévi grosso modo de 1988 à 1992, les Franciliens de BABEL 17 étaient assurément les affreux petits garnements. Un peu du genre de ceux qui lors des réunions familiales sont toujours prompts à faire des bêtises et à y prendre même un plaisir certain. Le trio est venu mettre le bazar en juin 1990 avec leur totalement barré Celeano Fragments. A travers ce premier album surprenant et déjà si mature étaient réunies ambiances cold wave, batcave et effluves electro. Pour un début, BABEL 17 avait placé la barre bien haut. Pour l'auditeur, ça tanguait plutôt sévère car le trio nous jetait en pleine face un monde sans concession.

Pas peu contents de leur coup, les trois compères remettent le couvert en ce début d'année 1991. Ils vont creuser avec brio encore plus profondément le sillon d'une musique qui n'est définitivement pas comme les autres. BABEL 17, à l'image des Irlandais cultes de VIRGIN PRUNES dont il est difficile de ne pas penser, vont exposer tout en théâtralité et humour noir leur folie, notre folie, celle qui sommeille un peu en chacun d'eux et de nous. C'est bien pourquoi il ne faut pas être réticent à la main qui est tendue par le trio. Certes, elle sera secouée par quelques spasmes étranges qui vous rendront peut-être inquiets, mais si vous ne la lâchez pas, l'escapade sera dès lors des plus jouissive.

Comme avec Celeano Fragments, BABEL 17 se retrouve donc au carrefour des grandes familles des musiques sombres. La Touching Pop en peu de temps a réussi à créer son propre bréviaire. Le trio, malgré sa soif de liberté, se plie alors sur certains titres avec malice à des sonorités moins agressives, plus consensuelles même si dans ce monde froid ceci ne signifie pas réellement grand-chose. Le groupe entame cette courte galette de trente minutes avec l'ultra efficace «Shades Of Dream». Si on a l'impression d'écouter un morceau somme toute classique de la scène, les sonorités grinçantes des claviers et les voix totalement déjantées façon LES TETINES NOIRES remettent les pendules à l'heure. C'est bien du BABEL 17 que voici. Un peu pop, un peu rock, mais surtout certifié 100% original. A l'image du synthétique et néanmoins excellent «Bittersweetness», le groupe réussit toujours à prendre le contre-pied son auditeur. Cette petite douceur sera de nouveau chahutée par des vocaux bien atypiques. Un peu là encore comme avec l'aérien et mélancolique «In Distress» qui clôt Shades de façon surprenante, comme apaisé. Un comble quand même !

D'inconfort (relatif), il en sera quelque peu question avec les autres morceaux. C'est bien ici qu'explose toute la radicalité brûlante du combo. Les deux instrumentaux que sont «XVI - XVII – XVIII» et «A Prayer» sentent le souffre et suintent la rouille. Le second avec ses échos industriels répétitifs et ces rires de dément qui le concluent est un pur délice pervers. Ce sont des images de fin du monde toute proche qui viennent à l'esprit. Un peu comme «La Curée», le seul titre chanté complètement en français qui par son rythme saccadé et sec se révèle comme autant de soubresauts finaux agitant un corps moribond. Ce qui demeure étrange avec Babel 17, c'est que même si par bien des aspects leur monde apparaît volontiers hermétique, il délivre cependant son lot d'émotions fortes. Il est souhaitable de les partager. Lorsque le combo s'inspire mais sans plagier des figures marquantes de la scène, c'est incontestable, leurs ambiances envoûtent. Les puissants et pruniens «Lò-Hi» et «Nohn-Bô» sortent tout droit d'un cerveau qui ne connaît pas à l'évidence le repos. Et le nôtre alors ? Le pire dans tout ceci, c'est que nous serions capables d'en redemander.

A l'heure actuelle des musiques hautement formatées et insipides, l'écoute de Shades se révélera particulièrement bénéfique pour votre santé. BABEL 17, à travers ces dix titres déjantés, expose un monde qui réussit à faire de l'instabilité une addiction. Superbe !

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   RICHARD

 
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- Jean Franceschi (chant,guitare,basse)
- Vincent Porte (guitare)
- Vincent Perret (claviers)


1. Shades Of Dream
2. Xvi-xvii-xviii
3. La Curée
4. Bittersweetness
5. Nohn-bô
6. Madness Strikes Along
7. Lò-hi
8. A Prayer
9. Bittermixness
10. In Distress



             



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