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BABEL 17 - Celeano Fragments (1990)
Par RICHARD le 12 Juillet 2019          Consultée 139 fois

Attention OVNI !!! Je ne trouve pas mieux comme appellation pour débuter ces quelques lignes. Je pèse d'autant plus mes mots que les formations atypiques et dérangées dans les sphères sombres sont loin d'être une denrée rare, mais là, avec BABEL 17, force est de constater que l'on tient un trio précieux totalement barré et qu'il ne faut surtout, mais surtout pas le lâcher ! En 1990, lorsque sortit Celeano Fragments le premier album du groupe, ce dernier était aux carrefours d'influences facilement digérées qui donnèrent dix titres percutants lorgnant insolemment aussi bien vers la batcave que la cold wave, l'électro discrète que la pop acide. BABEL 17, c'est une invitation à savourer une liberté totale, à prendre en pleine face des moments exempts de toute contrainte. Même si le combo a été un peu artificiellement rattaché à l’éphémère courant hexagonal que fut la Touching Pop, il reste unique. Bienvenue dans un monde où les portes de la folie sont grand ouvertes.

A la fin des années 80, les formations cold wave hexagonales ont adouci leurs propos par des teintes en surface plus douces, plus pop, plus diversifiées en somme, mais en surface. C'est un peu ça la Touching Pop. C'est la combinaison de l'apparente facilité du format pop et des émotions froides. ASYLUM PARTY, LITTLE NEMO et MARY GOES ROUND furent aussi à divers degrés les représentants de cette micro-scène. Pour essayer d'être visible par le plus grand nombre, la mouvance devait se fédérer. En 1992, elle n'existait déjà plus et seules les pertinentes rééditions d'INFRASTITION (formidable label archiviste) au milieu des années 2000 de tous ces groupes lui ont permis d'être visible par le plus grand nombre. BABEL 17 en a pleinement profité, son univers s'offrant à un public avide de musiques vraiment pas comme les autres.

Je ne vais pas vous faire le coup du fameux « C'était mieux avant. », mais on peine à croire que ce trio passait le soir sur FRANCE INTER dans l'émission de Bernard LENOIR par exemple. Les temps étaient sans doute un peu moins frileux. En effet, il suffit simplement de débuter l'écoute de la galette pour se dire que l'on se retrouve d'emblée comme dans une dimension parallèle. « Watch » résume parfaitement l'état d'esprit du trio à cette époque. Une capacité à ficeler des titres tout de suite mémorisables avec ce petit zeste expérimental et ce fort grain de folie. Ici, une légère EBM côtoie des sonorités plus classiquement cold. Le pas est franchi, il sera dès lors bien difficile de revenir en arrière. Tout Celeano Fragments sera marqué par le sceau de cette dualité malsaine.

Ainsi, « Angels Of TV » et « Darkest Years » qui sous leur apparence parfaitement cold wave encore une fois, deviendront par le traitement des voix outrageusement grotesques un ensemble au caractère totalement inattendu. Cette ronde des fous est l'essence-même de l'univers des Franciliens. Pareil avec le superbe « All Saint's Day » et son entame très Pornography de CURE qui prend un tout autre chemin grâce à ses vocaux totalement délirants. BABEL 17 a cette facilité de développer des ambiances perverses qui ont pour étrange paradoxe d'être tout compte fait particulièrement addictives. Un dernier exemple de cette accessibilité tordue. Le funky goth ( si, si, ça existe, je viens de le créer ) « A Journey Inside » qui allie dynamisme et ingéniosité. Dans son genre, c'est pleinement savoureux !

A la différence de leurs petits camarades de la sphère Touching Pop, le combo opte plus aisément pour des tableaux sonores variés, hautement expressifs. BABEL 17 ne connaît donc pas de limite, dynamite avec malice les codes et délivre des petites pièces qui rappellent sans conteste le meilleur de VIRGIN PRUNES ou de nos cultes hexagonaux NEVA. Le groupe n'a pas son pareil pour nous emmener dans des contrées déjantées. La montée progressivement anxiogène de « Come Into Hell And Murder Hate » ou à l'opposé la fausse baisse de tension que constitue le doux « Sordid Waste » en sont de glaçants exemples. Je ne sais pas à quoi carburait BABEL 17 mais l'instrumental vicieux « Wizards And Ghosts » (sorte de musique de foire façon TETINES NOIRES) ou le très travaillé « Le Mondextérieur » laissent à penser que l'absurde devait être un excellent moteur pour débrider l'imagination... Oui, c'est ça, l'absurde.

Les univers sombres sont à l'évidence d'une richesse saisissante. BABEL 17 avec cet album sorti il y a près de trente ans a grandement contribué à son éclat. N'ayez pas peur et franchissez donc la porte.

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   RICHARD

 
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- Jean Franceschi (chant, basse)
- Vincent Porte (guitare)
- Vincent Perret (claviers)


1. Watch
2. Angels Of T.v
3. Darkest Years
4. Come Into Hell And Murder Hate
5. Wizards And Ghosts
6. New Age
7. All Saint's Day
8. Sordid Waste
9. Le Mondextérieur
10. A Journey Inside



             



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