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2016 Blueprint

KUTA - Blueprint (2016)
Par RICHARD le 23 Mars 2020          Consultée 181 fois

A bien y réfléchir, lorsqu'on y pense, la ville de Nice, c'est notre Los Angeles à nous. Son soleil, ses palmiers et sa mer chaude. A ce décor lumineux de carte postale, je rajouterai volontiers également ses groupes de musique sombre. En effet, c'est ici, sur les bords paisibles de la Méditerranée, qu'est né l'un des combos majeurs de la scène gothique hexagonale, voire même un peu plus. CORPUS DELICTI car c'est bien lui dont il s'agit à travers trois albums marquants a réussi durant les années 90 à redessiner avec pertinence les contours d'un genre pourtant ultra-codifié. Le quatuor était comme un surprenant chaînon manquant entre la scène californienne sombre de CHRISTIAN DEATH, MEPHISTO WALZ et BOWIE. Ainsi énoncé, ceci peut paraître étrange, mais c'est un fait. CORPUS DELICTI est de ces groupes qui ont marqué durablement de leur ténébreuse empreinte les univers émotionnels. Et KUTA dans tout ça, me direz-vous ?

KUTA, ce n'est ni plus ni moins que Sébastien Pietrapiana, l'ancien chanteur de CORPUS DELICTI. Le temps passe vite et lorsque sort en toute discrétion en 2016 Blueprint, il s'agit déjà du quatrième album solo du Niçois. Pour être totalement honnête, ses trois premiers opus teintés de légères effluves trip-hop ne m'ont jamais vraiment interpelé. Une affaire de goût sans doute. On pouvait néanmoins saluer la plus que nouvelle direction prise par Pietrapiana. Ce fut une option surprenante à bien des égards. Je crois bien que le bout de chemin effectué par intermittence avec KUTA était lié à mon attachement à CORPUS DELICTI qui, comble de bonheur, à travers quelques publications très récentes de répétitions sur le net, semble renaître de ses cendres. Les liens même parfois distendus peuvent s'avérer plus solides qu'on pense. Sans eux, je serais tout compte fait passé à travers un album délicat gorgé d'émotions simples.

Avec et album, il vous faudra oublier le khôl et les teints blafards des années CORPUS. KUTA a mûri. C'est bien désormais à l'image de sa pochette d'un bleu pâle qui a définitivement pris le pas sur le noir. KUTA est dans une recherche d'épure. Pietrapiana se livre totalement et s'il met de côté ses artifices de jeunesse, il n'en oublie pas pour autant ses qualités de compositeur. A l'image du clip illustrant l'émouvant « All The Limits », le Niçois nous propose un périple synthétique empreint d'une grande douceur qui vous enveloppera progressivement. Ces neuf titres, ce sont autant de petites perles qui s'enfilent pour former au final un fragile collier de souvenirs. Ceux des années 80 par exemple avec « Time After Time », la reprise vaporeuse et réussie du hit de Cyndi LAUPER. La voix de Sébastien émouvante place l'auditeur dans un chaleureux confort douillet. Le temps passe et l'on peut encore compter sur certaines personnes. Comme une métaphore peut-être entre l'artiste et son public.

Blueprint n'est cependant pas là pour vous secouer à travers de fougueuses embardées sonores. Les légères pulsations électroniques crées par le Sudiste rappellent opportunément seulement que la machine et l'homme peuvent s'allier pour le meilleur. Ecoutez simplement l'évidence de « Take On You ». C'est à fois triste et dansant. On pense sans doute au « Johnny And Mary » de Robert PALMER, le temps des premières secondes, et on se laisse ensuite (trans) porter par la force de la mélodie. Rebelote avec « Catch It When It's There » qui avec son jeu de guitare fait un discret clin d’œil à CURE ou NEW ORDER. Les plus sceptiques y verront sans doute de la monotonie, voire de l'ennui. Selon moi, Pietrapiana choisit plutôt avec précision sur sa palette une quantité infinie de bleus proches, en nuance, mais pas semblables. Ces couleurs dessinent des figures liquides comme le souligne l'instrumental « Living In A Silent Fim » ou plus prononcées à l'image de « To Let Me Win » et ses guitare acérées. Il y a toujours cette voix chaude qui confère à tous ces morceaux une personnalité plus affirmée, comme le souligne le lascif « As You Rave ».

Blueprint mérite facilement ses 4 étoiles. KUTA distille avec une discrète élégance des paysages sonores baignant dans une douce lumière de fin de journée. Un peu de celle qui vous apaise l'âme et vous réchauffe le corps.

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   RICHARD

 
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- Sébastien Pietrapiana (chant et tous les instruments)
- Emmanuel Alarco (guitare sur 'as you rave')
- Pierre Maury (guitare sur 'time after time)
- Franck Amendola (guitare sur 'all the limits')


1. Take On You
2. Blueprint
3. As You Rave
4. Time After Time
5. Living In A Silent Film
6. Catch It When It's There
7. To Let Me Win
8. Shine Like Satellites
9. All The Limits



             



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