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FOLK-PROG-POWER METAL  |  STUDIO

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BROTHERS OF METAL - Emblas Saga (2020)
Par BRADFLOYD le 16 Mars 2020          Consultée 784 fois

Par Odin, par Thor et par Athoner, le dieu de l’électricité, voici venu pour vos esgourdes un groupe venu du froid, descendant direct des vikings, j’ai nommé BROTHERS OF METAL. Ce groupe s’est fait connaître via les plateformes de streaming avant qu’il ne produise son premier album en 2018, "Prophecy Of Ragnarök", lequel a fait l’objet dans la foulée de 25 millions de vues créant le buzz autour de lui dans ses contrées lointaines. Après ce premier succès, les BROTHERS OF METAL proposent leur seconde galette intitulée sobrement "Emblas Saga". BROTHERS OF METAL se compose de huit membres dont trois guitaristes et trois chanteurs. Comme beaucoup de groupes suédois de "power metal", celui-ci emprunte à la mythologie du Nord et l'esprit Viking pour proposer des mélodies mystiques et guerrières à la gloire d’Odin, le dieu nordique.

Emblas Saga est un LP conceptuel développé sur treize titres, racontant les récits épiques de l'effrayant Jörmungandr* dans sa bataille contre les autres dieux. Proche de SABATON, AMON AMARTH, ALEHAMMER, GLORYSTORM ou POWERWOLF, la musique de BROTHERS OF METAL se revendique d’un accès mélodique qualifié parfois de trop facile, voire tubesque, ce qui n’est pas forcément désagréable lorsque c’est bien fait. Et en l’espèce, ça l’est.

Dès l’introduction parlée sur "Brood of the Trickster", dont les premières notes font penser à la musique du "Seigneur des Anneaux", on entre immédiatement dans l’univers des Scandinaves. Cette introduction ouvre la voie à un trio de chansons, chacune s'adressant à l'un des enfants de Loki. La voix est grave et rauque et prépare le terrain pour un album d'aventures que le groupe se propose de vous raconter. Le feu crépite, on s’assoit autour du conteur avant que le premier vrai titre ne soit lancé : "Powersnake" séduit par sa puissance, avec une rythmique lourde sans pour autant être pesante, à travers la voix brillante d'Ylva ERIKSSON associée aux growls de son frère Joakim Lindbäck dès le début de la piste. Ces deux voix sont la signature du groupe. Ainsi, dans "Emblas Saga", celles-ci s’harmonisent parfaitement bien dans un équilibre vocal pas si évident que cela à trouver, notamment du côté du chanteur. Le fait d’être frère et sœur doit aider à la symbiose entre eux.

Cependant, si l’on s’attarde sur les chanteurs, il ne faut pas non plus oublier les guitaristes dont les contributions sont omniprésentes sans pour autant que l’on arrive à comprendre la plus value d’en avoir trois. Nous sommes très loin des échanges que l’on peut trouver dans le southern rock. Le plus souvent, le potentiel des trois guitares se perd dans des passages identiques où l’on peine à les distinguer, sauf pour ce qui concerne les soli de la lead avec, parfois, un semblant de twin guitars dans les parties harmoniques.

Les deux titres les plus marquants de "Emblas Saga" sont "Hel" et le titre éponyme, qui excellent tous les deux à créer une atmosphère cinématographique et à tirer le meilleur parti des musiciens. "Hel", par exemple, joue sur l'atmosphère avec de nombreux changements de rythmes, le refrain adoptant une approche plus lente et méthodique que les couplets, lesquels dépeignent la déesse des enfers (et fille de Loki) à travers une image séduisante quoique tourmentée. La double caisse de la batterie renforce la dramaturgie et le solo est de toute beauté. "Chain Breaker" est, elle, une véritable bombe d’énergie qui traite de Fenrir, le fléau d’Odin. La voix grave est magnifique, compensée par celle d'Ylva sur le refrain (un peu similaire à celle de Kerstin BISCHOF partageant les vocaux dans AXXIS), mais il est parfois regrettable que les musiciens s’effacent trop derrière les chanteurs au point que l’utilité d’être aussi nombreux pose question, d’autant plus que ces musiciens sont très bons. Ecoutez, par exemple ce véritable brûlot qu’est "Kaunaz Dagaz" avec son introduction folk qui dépote dans la foulée, nous proposant, après une ligne de chant superbe d’Ylva en harmonie avec Joakim, un solo de guitare particulièrement mélodique et technique.

Cependant, "Theft of the Hammer" croise les trois voix, et si les guitares virevoltent et qu’il s’agit ici d’un des morceaux épiques du disque, les instruments se cachent derrière les voix en raison d'une production qui favorise le front narratif, et c’est bien dommage.

Qui dit "power metal" dit cavalcade avec une écriture faite pour les hymnes à reprendre en concert ("Brothers Unite", "One" et sa ligne mélodique magnifique, "Ride of the Walkyries" et sa chevauchée guitaristique et son chant très théatral). Cependant, le groupe n’est pas en reste avec des parties de balade très mélodiques mettant en avant le talent indéniable de la chanteuse. "Weaver of Fate", d’ailleurs la seule vraie ballade du disque, est placée judicieusement en son milieu, histoire de se calmer quelque peu, avant de repartir de plus belle avec "Njord", un hymne dont je vous invite à zieuter le clip sur le net. Hilarant, mais musicalement superbement bien foutu. Les Scandinaves ont un talent certain pour l’écriture de morceaux qui entrent dans la tête et n’en sortent plus. Parfois, l’ambition est affichée, notamment dans le morceau éponyme. D'entrée, le crépitement du bois en feu et le chant cristallin et folk d’Ylva (très proche d’ENYA), ne préfigurent aucunement la suite, "Emblas Saga" se développant sur plus de 7 mn comme une mini symphonie progressive. On pense à NIGHTWISH par ce côté cinématographique, avec un gros travail sur les voix féminine et masculines, la féminine se taillant la part du lion. Excellent moment. Enfin, "To the Skies and Beyond" clôt le disque sur un ton épico-médiéval particulièrement joyeux qui laisse l’auditeur dans une espèce d’envie irrépressible de revenir boire à la coupe d’Odin et de chanter à tue-tête ces hymnes héroïco-fantastiques.

Vous l’avez compris, pour leur seconde galette, les membres de BROTHERS OF METAL nous ont offert du plaisir auditif en ces temps d'inquiétude et de marasme général. Les titres sont assez courts, le groupe cherchant l’efficacité avant tout. Très mélodique, "Emblas Saga" privilégie la voix d’Ylva, une voix de toute beauté, et se caractérise par un souffle épique puissant avec des titres ultra-mélodiques qui montrent la volonté du groupe de ne point être monolithique. Rien que pour cela la note ne peut être inférieure à 4/5.

*Jörmungandr est, dans la mythologie nordique, un gigantesque serpent de mer, rival du dieu Thor. Il est le fils du dieu malin Loki et de la géante Angrboda, et le frère du loup Fenrir et de la déesse du monde des morts Hel. Peu après sa naissance, Odin jette Jörmungand dans la mer qui encercle Midgard, afin d’éviter qu'il ne cause de grands dégâts chez les dieux. Mais ce dernier grandit tellement qu'il finit par entourer le monde et se mordre la queue, d'où son autre nom, Midgardsorm, « serpent de Midgard ». Lors du Ragnarök, Jörmungandr sera vaincu par Thor, lequel s’écroulera, cependant, mortellement atteint par le poison instillé dans sa chair par le serpent.

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- Ylva Eriksson (chant - voix des valkyries)
- Joakim Lindbäck Eriksson (chant - cris de guerre)
- Dawid Grahn (guitare lead)
- Pähr Nilsson (guitare)
- Mikael Fehrm (guitare)
- Emil Wärmedal (basse)
- Mats Nilsson (chant - langue des dieux)
- Johan Johansson (batterie - tambours de guerre)


1. Brood Of The Trickster
2. Powersnake
3. Hel
4. Chain Breaker
5. Kaunaz Dagaz
6. Theft Of The Hammer
7. Weaver Of Fate
8. Njord
9. Emblas Saga
10. Brothers Unite
11. One
12. Ride Of The Valkyrie
13. To The Skies And Beyond



             



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