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HEAVY SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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NIGHTWISH - Human. :ii: Nature. (2020)
Par BRADFLOYD le 20 Avril 2020          Consultée 1358 fois

Petite anecdote avant de commencer cette chronique : je n’avais rien entendu des extraits de cet album avant qu’il ne sorte le 10 avril 2020. Aussi, c’est par le titre "Harvest" que j’ai abordé ce double album et là, j’ai été interpellé par la voix légèrement éraillée sur la ligne d'introduction du morceau. Quoi, NIGHTWISH avait encore changé de chanteuse ? Ils avaient fait appel à Marianne FAITHFULL ? Illico, je me suis précipité sur Internet et ai compris que, en l’espèce, il s’agissait de la voix de Troy DONOCKLEY, le flutiste et joueur de cornemuse, bouzouki et autres uileann pipes. Tout cela pour dire que, même après 9 albums, NIGHTWISH peut continuer de nous surprendre, quand bien même la musique de Tuomas HOLOPAINEN soit, aujourd'hui, prévisible du point de vue des structures mises en place.

Chroniquer un album de la trempe de Human. :II: Nature. peut être une gageure pour n’importe qui s’y essaierait. Vous trouverez ainsi des chroniqueurs qui privilégieront l’analyse "tracks by tracks" (beaucoup d'anglo-saxons s’amusent à cet exercice), d’autres s’intéresseront à la dimension philosophique de l’oeuvre du plus grand groupe de metal symphonique au monde mais auront tendance à noyer leur lecteur dans des considérations plus ou moins absconses. Une troisième voie vise à donner envie d’écouter à ceux qui ne sont pas fan de NIGHTWISH, si tant est que le disque, bien sûr, en vaille le coup. Disons le tout net, pour rompre tout suspense, cet album mérite l’écoute, au moins pour comprendre pour quelle raison ce groupe plane très au-dessus de ses rivaux dans ce style très particulier.

Il n’a échappé à personne que, depuis le départ de Tarja TURUNEN, nous avons assisté à l’éclosion d’un autre groupe où le lead se situait désormais au niveau du compositeur claviériste et non plus du chant, quand bien même celui-ci ait toujours son importance, et encore moins côté guitare, ce qui est un comble pour un groupe de heavy metal, même s’il ne s’agit pas d’une première dans ce style. La constatation qui peut être faite à la première écoute : mais où sont les soli de guitare de Emppu VUORINEN ? Tuomas HOLOPAINEN a souvent commenté ses productions en affirmant son goût pour les comédies musicales et autres musiques de films, notamment celles de Hans ZIMMER, John WILLIAMS, Howard SHORE ou James-Newton HOWARD entre autres. Son travail l’avait même emmené sur ce terrain avec "Imaginaerum", dernier album chanté par Anette OLZON, la remplaçante de Tarja. Human. :II: Nature. n’échappe pas à cette orientation, privilégiant les claviers à la guitare, découpant même le disque en deux parties distinctes sur deux galettes, la première étant chantée et la seconde totalement symphonique avec le London Session Orchestra. A ce titre, la suite "All The Works Of Nature Which Adorn The Earth" rompt avec les productions précédentes. En effet, ce morceau a été composé tel que et n’est aucunement une version symphonique des parties chantées comme cela avait pu se faire sur la version augmentée de "Imaginaerum", sans parler de la version du "film" du même nom.

Ensuite, le découpage peut se faire à l’intérieur même du premier disque selon deux critères : si l’on s’intéresse à la partie musicale, nous trouvons des chansons qui ont un caractère plutôt violent et reluquant vers le tribal ("Music" et la bien nommée "Tribal"), des chansons où l’influence folk est la plus présente ("Harvest" avec un chant des plus calmes sur un rythme appuyé, "How’s The Heart", un véritable tube en puissance, voire "Music" au début de ce titre) et des chansons qui se réfèrent à l’ADN du groupe avec cette couleur heavy symphonique qui l’a amené au sommet ("Noise", "Shoemaker", "Pan", "How’s The Heart", "Procession", "Endlessness"). Si l’on s’intéresse au chant, la majeure partie des lignes vocales sont l’œuvre de Floor JANSEN tandis que la part de Marko HIETALA a été réduite à un titre ("Endlessness", assez proche du registre qui est le sien dans son album solo) au profit de Troy DONOCKLEY ("Harvest"). Cependant, si Floor reste la voix identifiant le groupe, les couches harmoniques impliquant ses deux compères sont particulièrement travaillées et de haut niveau ("Pan" en est l'illustration parfaite).

Une autre remarque peut être faite sur la gémellité des parcours de NIGHTWISH avec ses deux chanteuses depuis l’éviction de Tarja. Les premiers albums de Anette et de Floor étaient à chaque fois des albums de transition pouvant décevoir les fans du groupe. Mal calibrés pour les voix respectives des chanteuses, "Dark Passion Play" et "Endless Forms Most Beautiful" ne leur permettaient pas de mettre en place réellement leurs identités et capacités vocales respectives, même si Anette avait bénéficié plus de temps pour s'acclimater à la musicalité de Tuomas, cette musicalité qu’elle a pu prendre réellement à son compte dans "Imaginaerum". Pour ce qui concerne Floor, tout le monde connaît sa tessiture et sa puissance vocale et "Endless Forms Most Beautiful" ne lui rendait absolument pas justice tant elle était sous-employée. Seules les prestations en public permettaient de la mettre réellement en valeur, Floor se coulant beaucoup plus aisément dans les chaussons de Tarja qu’Anette. La question légitime était de savoir si "Human. :II: Nature." allait réparer cette injustice pour cette chanteuse exceptionnelle et, clairement, c’est oui. Sur l’ensemble des titres, la voix de Floor est magnifiée. Le mixage en avant, la plupart du temps, lui permet d’utiliser l’ensemble de sa palette, sans qu’elle ait à forcer en quoi que ce soit, lui permettant de produire des décrochés magnifiques qui font venir les poils. Malheureusement, nous ne bénéficierons que par deux fois de sa voix de tête, à la Tarja, notamment les 30 secondes à la fin de "Shoemaker" de toute beauté.

Un autre élément qui me paraît d’importance concerne l’apport de Troy DONOCKLEY. Après qu’il ait brillamment apporté son écot sur "Imaginaerum", Tuomas HOLOPAINEN l’a intégré comme membre à part entière du groupe, anticipant les éléments à caractère celtique qu’il allait introduire dans ses compositions. Cela avait pu surprendre les fans de la première heure plutôt adeptes des cavalcades heavy symphoniques qui étaient la signature du groupe. C’était faire fi et oublier que NIGHTWISH est né d’une base folk, Tuomas se rendant compte qu’avec les capacités vocales de Tarja, ils pouvaient faire quelque chose de nouveau dans le heavy, un des styles les plus appréciés en Finlande. Donc, ce folk de plus en plus présent dans sa musique n’est jamais qu’un retour en arrière qui permet à Tuomas de se rapprocher musicalement de compositeurs comme James HORNER ou John WILLIAMS. Le second disque, qui est totalement instrumental, en est la parfaite illustration à travers les évocations de la Nature ("Vista"), de l'Océan ("The Blue"), de la flore ("The Green"), de la terre ("The Moors") et des beautés de notre monde parfois glacial ("Quiet As The Snow"). Notons que ce disque est loin d'être anecdotique et recèle des trésors qui ne demandent qu'à être découverts.

On pourrait en écrire des tonnes sur ce dernier album. Gloser sur cette dualité d’un disque heavy face à un symphonique, avec le risque de perdre sur ce dernier certains fans du groupe. Sauf que, en l’espèce, chacun pourra y trouver son compte, avec des chansons nous emmenant dans des contrées diverses et une ode à la Terre pouvant faire penser à du VANGELIS quand celui-ci touchait aussi à la musique de film. On pourra regretter que Marko soit réduit à la portion congrue alors que, depuis plusieurs albums, il avait pris, avec sa voix, une place prépondérante dans le cœur des aficionados du groupe (même si "Tribal"...). Mais les chansons sont de telle qualité que la prise de risque peut s'avérer payante au final. Prise de risque sur "Tribal", par exemple, où le batteur Kai HAHTO bénéficie d’un espace qu’il n’a jamais eu, ni même Jukka NEVALAINEN, d’ailleurs, son prédécesseur. Une véritable rupture par rapport à ce qu’on connaît du groupe, comme si celui-ci avait fait un stage auprès de SEPULTURA. Etonnant et assez jouissif au point que l’on peut regretter qu’il soit le titre le plus court de l’album.

Cette chronique pourrait être, donc, beaucoup plus longue. Pour pas grand chose, finalement, parce qu’elle n’apporterait rien de ce que vous éprouveriez en écoutant ce disque particulièrement riche. Ce n’est pas avec celui-ci que NIGHTWISH descendra de son piédestal. Album étonnant et équilibré, qui justifie ses cinq années d'attente, bénéficiant de chansons addictives, il pourra plaire autant aux fans de la première heure qu’à des auditeurs non familiarisés avec ce style de musique. Ce n’est pas un mince exploit où l’on garde l’ADN du groupe tout en lui donnant un souffle nouveau grâce, notamment, à une chanteuse exceptionnelle. En trois jours, j’en suis déjà à ma dixième écoute. C’est dire !!
Note réelle : 4,5

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   BRADFLOYD

 
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- Emppu Vuorinen (guitares)
- Floor Jansen (chant)
- Kai Hahto (batterie)
- Marco Hietala (chant / basse)
- Troy Donockley (flûte, cornemuse)
- Tuomas Holopainen (claviers)


- cd 1 :
1. Music
2. Noise
3. Shoemaker
4. Harvest
5. Pan
6. How’s The Heart?
7. Procession
8. Tribal
9. Endlessness

- cd 2 : All The Works Of Nature Which Adorn The W
1. Vista
2. The Blue
3. The Green
4. Moors
5. Aurorae
6. Quiet As The Snow
7. Anthropocene (incl. “hurrian Hymn To Nikkal”)
8. Ad Astra



             



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