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Jean-louis MURAT - Taormina (2006)
Par MONSIEUR N le 18 Avril 2007          Consultée 6019 fois

Après MOCKBA (Moscou), voilà TAORMINA. Quel sera le prochain ? Ouagadougou ? Montbéliard ? Kadath ?

Je dois le dire, j’appréhendais ce TAORMINA. Le précédent MOCKBA m’avait déçu (oublions 1829 que je considère comme une parenthèse, et une assez bonne d’ailleurs). A tel point qu’il m’a fallu quatre mois avant de me décider à l’acheter. Quatre mois, c’est beaucoup, pour l’amateur de Murat que je suis. C’est donc le cœur battant et la main fébrile (mais le front toujours fier) que j’insérais le CD dans le lecteur. Je m’attendais à un début tonitruant, « Caillou » étant le premier single de l’album. Mouais… bof… Deuxième titre. « Le chemin des poneys » Un texte sympa mais une voix désagréable, le Murat qui se traîne. J’aurai pu m’arrêter là, STOP, merci, et fais péter le NEGURA BUNGET.

Mais non, allez savoir pourquoi, je décidai de continuer. Et puis, au fil de l’écoute, je relevai la tête. Pas si mal la dernière fournée de JLM. Les écoutes suivantes me le confirmeront, cet album est bon, et il pousse le vice jusqu’à presque nous rappeler « Mustango », la pierre angulaire, le repère 0 de la discographie de l’homme. Cet album est un voyage en autoroute. Il y a deux péages : « Au Dedans De Moi » (le deuxième simple après Caillou), au kilomètre 4, le kilomètre de la chanson à structure répétitive qui fonctionne à merveille, puis, « La Raie Manta » au kilomètre 8, le kilomètre de la construction bancale (dans le bon sens du terme), et aux paroles habitées (oui mais par qui ? Par une raie manta pardi !). Enfin, la sortie à prendre est la n°12. « Gengis », ou la tentative pratiquement transformée (mais aussi forcément vouée à l’échec) de clore un album avec une chanson en piano voix aussi bonne que « Au Mont Sans Souci » de MUSTANGO. Ces trois titres, disposés de façon régulière (et j’en suis quasi-sûr de façon complètement aléatoire cependant), correspondent vraiment à des étapes dans l’avancée de l’écoute. Etapes car titres cruciaux (ça veut dire géniaux), et étapes car tout se calcule à partir de ces bases, genre « bon là c’est « Est-Ce Bien L’Amour », donc dans deux morceaux c’est « La Raie Manta » ouais !!!

Le reste de l’album n’est pas en euh... reste, cependant. Chaud, cet album est chaud, intime, et sans fioritures. A mon sens, trop de cordes polluaient MOCKBA alors que TAORMINA se contente (et moi aussi) des classiques bluesy basse/batterie caressées par les désormais inévitables Fred JIMENEZ et Stéphane REYNAUD. Désormais, cela veut dire depuis LE MOUJIK ET SA FEMME paru en 2002. Autant dire que les deux compères font partie des meubles. Jean-Louis, comme d’habitude, en plus de chanter, gratouille et tapote (de la guitare et du piano donc). Pour ce qui est des voix, exit les Camille et autre Carla BRUNI (sur lesquelles je ne crache pas). Laure seule accomplit sa tâche avec bravoure et pertinence. En plus elle a travaillé gratos. Normal, Bergheaud est son nom, c’est la femme de Jean-Louis. Et c’est à ce stade de la chronique que je décide de rappeler que Murat est Bergheaud sur sa carte d’identité.

A noter que le site officiel de l’album veut nous faire croire à un retour aux sources lié à la signature chez V2. Mouais... Je reste circonspect. Renaissance ou bien juste une envie, comme ça ? Je penche pour la deuxième hypothèse pour avoir lu ça et là que JLM fonctionnait par coup de tête, au gré de ses désirs immédiats (ce monsieur est une bête). De toute façon, nous serons vite fixés avec le prochain album. Aucune date n’a été avancée, mais si l’on se fie aux rythmes des sorties muratiennes, un nouveau recueil devrait être disponible d’ici moins d’un an...

Bref, voilà donc une galette maison confectionnée avec des proches et enregistrée à la maison. Un disque soyeux, confortable, mais pas pantouflard non plus. N’est-elle pas belle, cette chienne de vie ? Oui oui, elle est belle. Qu’elle est douce à traverser, surtout amoureux. Car l’amour, il en est question, de façon quasi-constante.
- Pas vrai Jean-Louis ?
- Ouais gamin, mais au bout du voyage, c’est la mort. L’oublie jamais, p’tit gars.

Je ne l’oublierai jamais, ni toi non plus, téméraire lecteur, car lorsque tu appuieras sur PLAY, tu te rendras vite compte que la mort rôde aussi pas mal entre les lignes des textes (et parfois même carrément dessus !). La mort qui sépare des amants (« Démariés), la mort détestable, celle qui prive de, qui brise les liens. « La mort est dégueulasse » (« Taormina »), mais finalement, pour le poète, « pas de quoi se faire du mouron » (« Accueille-moi Paysage »).

En effet, pas de quoi, et on ne s’en fait pas, non. On se laisse bercer par la rustique sophistication du personnage et de son univers, et on ferme les yeux.

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- Jlm (chant, guitares, piano, fender rhodes, percussions)
- Fred Jimenez (basse)
- Stéphane Reynaud (batterie, percussions)
- Laure (choeurs)
- Christophe Pie (batterie, percussions sur 'taormina' et 'l'heure d)


1. Caillou
2. Le Chemin Des Poneys
3. Taormina
4. Au Dedans De Moi
5. L'heure Du Berger
6. Est-ce Bien L'amour
7. Maudits
8. La Raie Manta
9. Billy
10. Démariés
11. Accueille-moi Paysage
12. Gengis



             



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