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Graeme ALLWRIGHT - Recollections (1971)
Par ERWIN le 5 Avril 2020          Consultée 261 fois

Vous n'imaginez pas ce qu'a été de grandir dans les seventies, les djeuns ! J'ai sans doute eu de la chance, ma mère était une fan de musique et m'a élevé avec le FLOYD, les BEATLES, Neil YOUNG. Elle était une femme comme on n'en fait plus, subtil mélange d'aristocrate et de révolutionnaire. Elle adorait Graeme ALLWRIGHT et donc Recollections fait partie de mes disques d'enfance, je le connais par cœur ! Comme en plus, j'ai eu une longue carrière de louveteau, les chansons de l'artiste néo-zélandais sont désormais dans mon patrimoine génétique.

Singulier destin que celui de ce chanteur incorruptible et totalement atypique, qui a quitté son pays natal en s'embarquant comme mousse sur un cargo à destination de l'Angleterre à la fin de la guerre. Il a 22 ans lorsqu'il pose le pied en 1948 sur le sol de sa patrie d'adoption avec son épouse française. Pendant plus de dix ans, il exerce tous les métiers et ce n'est qu'au début des années soixante qu'il décide d'aller tenter sa chance à Paris. Il devient très vite une figure du quartier de la contrescarpe où ma mère va le voir toutes les semaines jouer son répertoire. C'est finalement MOULOUDJI qui produit son premier album en 66.

Recollections est son cinquième album, le second en anglais. Dès le début, le ton des chansons de Graeme n'est que révolte et rébellion, des protest songs dignes de Bob DYLAN et de Leonard COHEN, ce dernier restant à jamais son modèle. Cet album n'échappe pas à la règle. Vous remarquerez que le symbole de la guitare au coin du feu de camp est bel et bien là, Graeme sera à jamais le porte-étendard des scouts et des soirées autour du feu, une guitare, un harmonica et des chants en choeur, une sacrée part de culture collective !

Au milieu de tous ces titres originaux, "Take Me Home" est donc la seule reprise que contient ce disque; Il s'agit d'une chanson de Johnny CASH. On investit ici les territoires de la country. Les paroles sont une invitation au voyage. L'ambiance un peu traînante de la composition la rend très efficace pour une assemblée qui aime les chants en choeur. Enfin, les 12 minutes de la proto jam de "Sitting In My Rom" ne sont en revanche pas bien mémorables, je les passais systématiquement lors des écoutes de l'album.

Commençons par le meilleur ! "Play Play Play" est un des grands moments du disque : la mélodie s'y fait mélopée et l'ambiance est toute d'onirisme et de quiétude. C'est magnifique et la voix grave de ALLWRIGHT trouve ici une occasion de briller de mille feux. C'est presque céleste et c'est donc une pensée supplémentaire pour ma maman dont c'était une des chansons préférées. "The Beach" est un autre sommet, complètement halluciné. On y perçoit toutes les préoccupations premières du chanteur : les animaux, la nature, les échanges humains, pas une ligne hors de propos. Tout ici évoque le rêve et la liberté, c'est à nouveau très beau.

Mais on ne baisse pas le niveau avec "Don't Forget it" et sa sublime mélodie folk à l'image de son compositeur, illuminée de liberté et de bienveillance. Voilà un titre très recommandable et d'une troublante beauté naturelle. J'attire l'attention de tous sur "My Flocks Feed Not", une chanson médiévale de sublime allure, très épique. J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une reprise d'une vieille chanson, merci à ceux qui disposent d'un 33-tours ou qui savent tout simplement de se signaler et de le préciser. En tout cas, cette chanson est un must have, ancêtre de tout un aréopage de chansons guerrières, c'est étonnant oui ! Très conseillé.

"The Right Kind Of Place" reprise en choeur comme il se doit sonne un peu comme une chanson d'adieu ou à boire, on imagine bien être rond comme une queue de pelle pour chanter ça tous ensemble, sur une base bluesy très sympa. "Virginia" est probablement une pièce plus complexe, longue de 10 minutes. On y perçoit l'influence des mouvements de la west coast et du flower power. On entend une flûte et une cythare, de claires réminiscences de psychédélisme malgré le calme de la compo, éloignée des outrances du GRATEFUL DEAD ou même du JEFFERSON AIRPLANE pourtant voisins.

Je regrette d'avoir attendu le départ pour un monde meilleur de Graeme – il y croyait fermement de manière non classique – pour écrire sur son art. L'essentiel de sa disco est en français. mais voilà une porte d'entrée très recommandable pour la découverte de cet artiste attachant entre tous ! C'est un gros quatre qui ne contient, si on excepte la longue jam, que d'excellents moments, et plusieurs compositions d'exceptions. So long Graeme, joue avec ma maman maintenant !

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   ERWIN

 
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- Graeme Allwright (chant-guitare)


1. Virginia
2. Sitting In My Room
3. The Right Kind Of Place
4. The Beach
5. Take Me Home
6. Play Play Play
7. Don't Forget It
8. My Flocks Feed Not



             



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