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GRUNGE  |  DVD

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1996 Hype !

Doug PRAY - Hype ! (1996)
Par NOSFERATU le 5 Juin 2020          Consultée 172 fois

Ce documentaire rock, tourné au début des « nineties », retrace le développement de cette fameuse culture grunge qui part des garages de banlieue un peu comme les groupes « sixties » étiquetés punk, à son avènement musical en tant que phénomène culturel pop, avec évidemment l’explosion de NIRVANA et son fameux hit « Smell Like Teen Spirit ».
Chronologiquement, ce doc' plutôt bien foutu commence par la geste de dingues de rock underground, mais aussi de hard-rock, voire de « classic rock » créant ce genre, surtout à Seattle, dernière Mecque du Rock (depuis, on cherche désespérément la ville qui aura centralisé un mouvement musical novateur depuis la fin des années 90). Le récit va jusqu’au suicide de Kurt Cobain, sans trop s’attarder judicieusement sur la carrière météorique de NIRVANA.

Le documentaire est ressorti en 2017 avec les inévitables améliorations qui vont de pair (bonus, blu-ray et compagnie). Les bonus montrent ainsi des lives incendiaires de POND, MUDHONEY, GITS mais aussi un dessin animé court et sarcastique de Peter Hadge ,« hate ».
On a droit évidemment aux prestations sauvages des cadors du genre : SOUNDGARDEN, NIRVANA (jouant pour la première fois en public le hit générationnel que vous connaissez par coeur), MUDHONEY, PEARL JAM, MELVINS. Mais aussi les seconds couteaux de cette vague : U-MEN, SUPERSUCKERS, THE YOUNG FRESH FELLOWS, FASTBACKS, SEAWEED, 7 YEAR BITCH, THE POSIES, THE GITS, FLOP, GAS HUFFER, LOVE BATTERY, THE MONOMEN, BLOOD CIRCUS, COFFIN BREAK, DEAD MOON, HAMMERBOX, SOME VELVET SIDEWALK, ZIPGUN et CRACKERBASH. (J’entends de loin l’ami Erwin hurler : « chronique-moi tout ça, par Ross the boss « ). On remarque un public particulièrement déchaîné de fous furieux n’arrêtant pas de « slammer » et de bouger dans tous les sens. Les interviews, souvent inénarrables, sont partagés entre les musicos de la scène, ainsi ceux des groupes phares cités plus haut mais aussi les moins connus de GAS HUFFER, 7 YEAR BITCH, THE SUPERSUCKERS, MONOMEN, des créateurs de labels comme Jonathan Poneman et Bruce Pavitt (co-fondateurs de l’emblématique Sub Pop Records ), l’étrange Calvin Johnson (qui a créé K Records ), Blake Wright (Empty Records ), Susan Silver (Manager de SOUNDGARDEN , d’ALICE IN CHAINS), et bien d'autres.
On est rapidement dans le bain dès le premier carton avant le générique, avec une phrase d’un journaliste du journal « Spin » de décembre 92 affirmant que « Seattle est actuellement au rock' n' roll ce que Bethlehem était au christianisme ». Le terroir de Seattle est un véritable coin pluvieux de « serial killers » et de pratiques occultes. Pour Jack Endino, célèbre producteur local, le mieux c’était donc « d’aller à la cave pour faire du bruit ». Pourtant, au début des « eighties », les concerts avaient surtout lieu à San Francisco (seulement deux clubs en 1980 existaient dans la future capitale des grungeux !).
Les débuts du film montrent qu’une nouvelle génération émerge peu à peu, se débrouillant par elle-même, en s’auto-organisant. D’après Kim Thayil (SOUNDGARDEN), la future scène dite « grunge » était constituée de groupes jouant dans des clubs devant d’autres combos. Calvin Johnson affirme que chaque lycéen montait un groupe, écrivait dans un fanzine, faisait de la radio. Il est dit aussi que beaucoup de groupuscules obscurs sont apparus durant le début des « eighties », dévoilant une véritable endogamie dont on peut retracer la généalogie. La réaction est clairement contre les groupes « seventies » boursouflés. On entend dire au début de ce documentaire que le grunge faisait ressortir tout ce que les jeunes avaient comme sentiments négatifs.

La compilation « Deep Six » de 86 met en avant ces nouveaux gangs soniques, Endino, affirmant qu’un nouveau son apparaissait. C’est un membre des ravagés THROWN UP qui explique d’ailleurs, guitare à la main pour démontrer son argumentation, la différence entre le punk et le grunge proprement dit qui a une sonorité plus épaisse, plus bruyante, plus lourde. Tous ces « heavy punks » sont inspirés par ce qui est « noisy » et outrancier, même, d’après les MELVINS, par des choses ringardes comme KISS. L’idée première était de retrouver une musique qui ne plaise pas aux parents.
Du point de vue strictement musical, on s’aperçoit en visionnant des « gigs » mais aussi des clips ou des répétitions parsemant le film, de l’importance de ce son lourd et abrasif. Mais on y voit évidemment une grande disparité. MONOMEN, SUPERSUCKERS, GAS HUFFER et MUDHONEY étaient ainsi transportés par le garage. Des précurseurs comme U-MEN oeuvraient plus dans un post punk bordélique. D’autres avaient un accent pop plus prononcé comme NIRVANA bien sûr, mais aussi FLOP, LOVE BATTERY ou POSIES. L’ultra- violence « heavy noise » se retrouve dans les prestations de TAD, des MELVINS ou de BLOOD CIRCUS. SOUNDGARDEN et ALICE IN CHAINS étaient clairement influencés par le hard-rock des années soixante–dix. PEARL JAM, THE YOUNG FRESH YELLOWS ou WALKABOUTS dénotaient par leur touche « folky/Classic rock » directement influencée par NEIL YOUNG.
Cette fameuse tonalité va vite faire des émules dans d’autres villes américaines. Endino rappelle la genèse du label emblématique « sub pop », inaugurée par un certain Bruce Pavit sortant des cassettes de groupes locaux.
Le côté médiatique part lorsqu’un journaliste anglais vient à Seattle et lance toute la frénésie se déroulant autour de la ville. L’électro-choc puissant qui suit désole certains protagonistes du coin pensant que tout était déjà fini dès 1990.
En ce qui concerne NIRVANA, Endino se remémore le jour où un certain Kurt Cobain l’appelle en affirmant qu’il est pote avec les MELVINS. Il témoigne ensuite que Jonathan Poneman aurait dit que le groupe de ce dernier » va être énorme ». S’ensuit un rappel de la spectaculaire ascension de NIRVANA avec les ventes phénomènales de « Nevermind » et la médiatisation qui va avec. Désormais les majors courtisent les groupes. Certains, comme NIRVANA, cèdent à leur appel ainsi que SCREAMING TREES, SOUNDGARDEN, ALICE IN CHAINS.
La mode grunge est lancée. Un Eddie Vedder (PEARL JAM) culpabilise sur le fait que le succès n’a pas profité aux autres groupes. Le terme de Seattle devient une marque de fabrique, des groupes s’y installant à cause de la notoriété de cette dernière. Des extraits de reportages de l’époque illustrent cette idée, les journalistes venant plus pour parler de mode que de musique. La mode vestimentaire est évoquée (chemises à carreaux, bonnets de laine), voire les défilés de mannequins démontrant la « denrée commerciale » qu’est devenu ce mouvement régional. Des gamins critiquent d’ailleurs cet excès. Endino résume cette contradiction : le fan aimerait que son groupe favori soit connu puis se désole par la suite de son succès planétaire. D’après lui, le fait d’assumer la célébrité n’est pas évident.
Les drogues dures ont tué certains musiciens de la région de Seattle, avec l’évocation des morts d’Andy Wood et bien entendu celle de Cobain. Les retombées du succès, c’est de même les deux leaders de Sub pop certifiant qu’ils ont œuvré à l’essor économique de leur cité.

On conclut par la sentence des MELVINS, nos chouchous à nous, déclarant : « En 85, on nous détestait, on fait la même chose, maintenant ils nous aiment ! ». Cette déclaration illustre parfaitement le paradoxe de ce courant.

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