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- Style : Enya, Tori Amos , Kate Bush

Marjana SEMKINA - Sleepwalking (2020)
Par DARK BEAGLE le 13 Juin 2020          Consultée 326 fois

Parfois, il s’avère qu’un duo fonctionne tellement que lorsque chacun s’essaye à l’album solo, il lui manque un petit quelque chose, une subtilité que l’on appellera "l’âme" du compagnon. D'une écriture à quatre mains, nous nous retrouvons avec deux mains qui doivent faire avec leur nouvelle indépendance. Un an avant sa comparse, Gleb Kolyadin de IAMTHEMORNING avait publié sa première escapade en solitaire et si le résultat était nickel techniquement parlant, pourtant nous pouvions lui reprocher une absence de profondeur par moments. A présent, c’est au tour de Marjana SEMKINA de se lancer dans l’aventure, de voler de ses propres ailes et nous faire découvrir son univers subtil et délicat, quoique nimbé de douces ténèbres.

Décrire son style est à la fois facile et compliqué. Moins éthérée que ENYA, moins déjantée que Kate BUSH, moins… "Gaimanienne" que Tori AMOS, Marjana – ou Mariana comme l’indique la pochette – SEMKINA évolue à travers différentes eaux qu’elle domine de sa douce voix cristalline, empreinte d’une certaine fragilité, mais méfiance, la belle sait également sortir les griffes et se faire tigresse ! Pour simplifier les choses, "Sleepwalking", c’est du IAMTHEMORNING, mais par le spectre de la rouquine, sa vision de la chose et elle y arrive plus ou moins bien.

Pour se faire, la chanteuse s’entoure de quelques pointures. Jugez plutôt : aux claviers, nous retrouvons Jordan Rudess (DREAM THEATER), Craig Blundell, qui a officié au sein de PENDAGRON et qui joue pas mal avec Steven WILSON, est derrière les fûts tandis que la basse est tenue par Nick Beggs, musicien au look parfois farfelu, mais loin d’être manchot puisqu'il a accompagné entre autres Steve Hackett et Steven Wilson. Du beau monde, donc, qui apparaît ici en tant qu’invités. Il n’y a pas de formation à proprement parler, ce qui n'empêche pas pour autant l'ensemble de dégager une belle unité, il n’y a pas de fausses notes à ce niveau. Musicalement, c’est solide, quel que soit le ton adopté pour chaque chanson.

Difficile de le nier : le disque est très varié. La première écoute peut être un peu déstabilisante. La première réaction, si IAMTHEMORNING n’a jamais atteint vos oreilles, pourrait être "c’est quoi cette Tori AMOS du pauvre ?". Une impression sur laquelle il ne faut surtout pas s’arrêter. Les deux artistes suivent chacune une voie qui leur est propre, même si des liens peuvent malgré tout être tissées entre les deux. Mais dès la deuxième écoute, un univers se dessine, noir, mélancolique, parfois légèrement menaçant, déchiré par des éclairs de lumière qui nous montrent que même dans les moments les plus sombres, il y a toujours une lueur d’espoir.

Nous entrons sans tarder dans le vif du sujet avec un titre direct qui ne s’embarrasse pas de fioriture. La mélodie est simple. La voix fragile s’installe et nous guide jusqu'à l’un des premiers moments forts de l’album, "Am I Sleeping Or Am I Dead", qui joue sur l’onirisme le plus ténu, où le voile semble toujours prêt à se déchirer, entraînant la chanteuse vers un abîme ou un autre. Une entame réussie, mais qui semble enfermer l’artiste dans un carcan assez défini, si ce n’était les envies de Marjana, qui vont lui permettre d’explorer d’autres territoires et de colorer son disque de nuances parfois intrigantes.

Aussi, les atours Celtiques de "Lost At Sea", l’aspect plus Pop musclée, groovy à souhait, de "Everything Burns" et le côté Pop Chamber de "Turn Back Time" sont forcément gratifiants pour l’auditeur, qui voyage à son tour vers de nouvelles contrées musicales. Le disque progresse, un relief se dessine et c’est bien heureux parce que le principal travers dans ce genre d’album est justement une certaine forme d’immobilisme dans un style, ne pas oser aller de l’avant, ne pas prendre de risques. Et à ce titre, "Mermaid Song" s’avère très décevante, cherchant à renouer avec les bases jetées au début de l’opus, mais sans parvenir à les effleurer et où le traitement vocal s’avère désespérément plat et sans saveur.

L’autre souci, qui n’en est pas un si IAMTHEMORNING vous est inconnu, c’est l’absence de Gleb Kolyadin. Sa technique, ses nappes de claviers, ses plongées vertigineuses manquent ici. N’allons pas non plus montrer Jordan Rudess du doigt, l’homme est doué derrière un clavier, mais il n’a pas su reproduire l’alchimie qui existe entre les deux Russes, une alchimie particulière qui fait le charme de IAMTHEMORNING, notamment sur un album comme The Bell. Le duo semble indivisible et chaque disque solo semble le prouver ; l’une ne va pas sans l’autre et vice-versa.

Cependant, ce qui peut paraître n’être qu’un détail ne doit pas vous arrêter pour autant. La belle a plus d’un tour dans son sac et sa voix n’est pas sa seule arme. Un travail particulièrement soigné a été appliqué aux cordes qui accompagnent les thèmes abordés par Marjana avec intelligence. Ils se font poétiques, se fondent avec langueur dans la texture des morceaux, parviennent par moment à endiabler l’ensemble sans pour autant avoir recours à un aspect symphonique qui serait tout de même hors-de-propos ici.

Et il reste donc ce "Sleepwalking", un disque qui peut plaire à un large panel de personnes : des amateurs de Pop, de Rock Progressif, voire de Hard Rock. Il présente de belles choses, avec toutefois ce petit parfum d’inachevé qui fait que nous n’allons pas forcément y revenir souvent, qui s’écoute sans déplaisir mais qui ne donne pas forcément cette envie de relancer le disque à peine les dernières notes meurent. Des petits détails qui font que "Sleepwaling" est un bon disque, mais pas un très bon disque, si vous voyez ce que je veux dire. Mais il ne faut pas penser que Marjana SEMKINA est une Tori AMOS du pauvre. Ce serait la plus grossière erreur de jugement que nous pourrions faire à son sujet. A découvrir.

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   DARK BEAGLE

 
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- Marjana Semkina (chant)
- Jordan Rudess (claviers)
- Nick Beggs (basse)
- Craig Blundell (batterie)


1. Dark Matter
2. Am I Sleeping Or Am I Dead
3. Turn Back Time
4. Ars Longa Vita Brevis
5. Invisible
6. Lost At Sea
7. Skin
8. How To Be Alone
9. Everything Burns
10. Mermaid Song
11. Still Life



             



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