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HILLBILLY HONKY TONK  |  COMPILATION

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HANK WILLIAMS - Memorial Album (1955)
Par LE KINGBEE le 30 Juin 2020          Consultée 133 fois

Hank WILLIAMS n’aura enregistré que deux 33 tours de son vivant, un chiffre peu surprenant le disque vinyle 33 tours appelé Long Player n’ayant fabriqué par la Columbia que fin 1948. La MGM capitalisera en publiant un paquet d’albums posthumes, les disques de ce péquenot endimanché constitueront une manne assez sonnante pour la firme.

Revenons brièvement sur l’histoire de cette légende du Hillbilly qui influencera bon nombre de countrymen et de rockers. Hiram King WILLIAMS voit le jour en septembre 1923 en Alabama. Son paternel met vite les voiles et abandonne sa famille et son misérable lopin de terre. Hiram fait ses premiers pas dans la musique par l’entremise de la chorale de sa paroisse. Dès son plus âge, Hiram souffre d’une spina bifina, une maladie congénitale qui lui vaut de fortes douleurs au niveau du dos. Sa mère qui tient une pension de famille lui offre une guitare pour ses sept ans. Quand il ne cire pas les chaussures des passants, il apprend les rudiments de la guitare avec Rufe Payne, un guitariste noir. Avec sa sœur, il change souvent de patelin, sa mère étant à l’affut de tout bon travail. A 12 ans, Hiram est déjà un buveur patenté, cinq ans plus tard, il rejoint un rodéo puis se produit dans un medecine show itinérant. En 1941, afin d’échapper à l’emprise d’une mère plus intéressée par le profit que par l’affection, il s’établit à Mobile où il rencontre Audrey Shepherd. Le couple va vivre ensemble pendant deux ans avant de se marier dans une station essence. Pendant cinq ans, la vie du guitariste est un mélange de dispute conjugale, d’ivresse et de passage radio pour la WSFA. En 1946, Audrey l’emmène passer une audition chez Fred Rose, ce qui lui permet de décrocher un contrat avec le label Sterling.

Le 11 décembre 46, Hank Williams change involontairement l’histoire du Hillbilly en enregistrant quatre titres. Les matrices Sterling seront bientôt rachetées par la MGM, firme pour laquelle il grave en avril "I Saw The Light" et "Move It On Over". En février 49, la MGM publie "Lovesick Blues" qui va rester en tête des charts pendant 42 semaines. Le 11 juin, il est invité à se produire au Grand Ole Opry où "Lovesick Blues" est demandé six fois en rappel, ce qui lancera sa carrière avec une suite ininterrompue de hits. S’il fait une tournée en Allemagne dès 1949 avec la troupe du Grand Ole Opry en compagnie de Roy ACUFF et Red FOLEY (sa seule production en dehors des States), il se fera virer de l’institution en janvier 52 pour ivresse répétée et retards incessants aux séances. Souffrant d’une forte mélancolie et d’un violent mal de dos, Hank est devenu alcoolique et se montre le plus souvent sous la dépendance d’amphétamines et de diverses pilules. Le gars se tue à petit feu. Divorcé d’Audrey, il se marie avec Billie Jean Jones, ancienne petite amie de Faron YOUNG, en octobre 52, après avoir signé une reconnaissance de paternité à Bobbie Jett⃰, une danseuse. Ce mariage sera rejoué deux fois sur scène, 14000 fans s’étant précipités pour assister à l’évènement. Le bonheur sera de courte durée. On retrouvera son corps au matin du 1er janvier 53 sur le siège de sa Cadillac. Hank WILLIAMS sera enterré quatre jours plus tard devant un parterre de 25000 personnes venant assister à un dernier show.

Rebelle au show-business, adepte malgré lui d’un star-système qui l’aura longtemps dénigré, Hank WILLIAMS ou LUKE The DRIFTER (pseudo utilisé sur certains enregistrements) aura sans le vouloir permis au Hillbilly des ploucs sudistes de devenir une véritable industrie. Le guitariste sera l’objet de plusieurs livres. En 1964, sa vie fera l’objet du biopic "Your Cheatin’ Heart" avec Susan Oliver et George Hamilton. Si Hamilton chante en synchronisé sur trois titres, c’est bien la voix du Drifter qu’on entend. Pour l’anecdote, il s’agit du dernier film en noir et blanc produit par… la MGM. Et oui, il n’y a pas de mal à se remplir les poches. En 2015, Marc Abraham réalise "I Saw The Light" avec l’anglais Tom Hiddleston dans le rôle principal.

Si deux 33 tours d’Hank WILLIAMS ont été publiés de son vivant, on ne compte plus le nombre de compilations qui sont venues enrichir l’industrie du disque. D'après mes comptes, on dénombre près de 350 compilations. Certaines maisons de disques n’ont pas hésité à incorporer des versions modifiées avec l’ajout d’instruments ou l’incorporation de la stéréo, le pire étant probablement Hank Williams With Strings. Parallèlement à cette copieuse discographie, de nombreux artistes de Country rendront hommage au guitariste, le bon Hank pouvant encore de nos jours être une source de revenu non négligeable.

Aujourd'hui, Memorial Album se négocie entre 20 et 400 € selon les éditions. Le disque est sorti sous la forme d’un 25 cm en mars 53, trois mois après le décès du guitariste. On ignore si le corps du chanteur était encore chaud, mais on sait par contre que les poches de la MGM teintaient aussi fort que les cloches de Notre Dame (ratez, il n’y en a plus). Il faudra attendre deux ans pour que le disque sorte en LP avec quatre titres supplémentaires (les deux derniers de chaque face). Si ses deux premières galettes proposaient chacune deux gros succès avec "Lost Highway", "I Saw The Light" d’une part et "Honky Tonk Blues" et "Lovesick Blues" pour l’album Moanin’ The Blues, les autres pistes n’étaient constituées que de titres de moindre importance, souvent placé en face B sur ses 78 tours. Ici le compilateur propose une juste liste de 12 chansons regroupant des hits mais aussi des titres n’ayant pas cartonné dans les classements lors de la sortie mais qui s’avèrent parfois aussi bons.

La ballade "Your Cheatin’ Heart" a été repris plus de 230 fois et peu nombreux sont ceux qui ont fait mieux qu’Hank avec son beau costard blanc de péquenot et ses bottes de cowboy. Si le titre a été repris par ELVIS, Louis ARMSTRONG et tout un bottin de chanteurs et chanteuses Country, seuls Gene VINCENT et surtout Johnny KIDD font jeu égal avec la version originale. Si le titre a été repris dans une bonne veine par le countryman noir Darius RUCKER, il faut avouer qu’écouter le morceau par Connie FRANCIS ou Loretta LYNN a tout du sacerdoce. Si Hank WILLIAMS n’a jamais été l’artisan majeur du Honky Tonk, contrairement à Webb PIERCE, Cowboy COPAS ou Ernest TUBB, le registre fait toutefois partie intégrante de son répertoire. "Hey, Good Lookin’" sera repris à toutes les sauces plus de 170 fois. Son rejeton Hank WILLIAMS JR. le reprendra en 1964, mais comme le dit le proverbe, l’habit ne fait pas le moine. Même impression avec "You Win Again", titre repris en Soul par Ray CHARLES et Fats DOMINO ; une centaine de countrymen reprendront ce titre et malgré une orchestration pouvant aujourd'hui sonner désuète, peu parviendront à rendre autant d’intensité que WILLIAMS. La rockeuse Jean SHEPARD et Johnny CASH s’en tireront avec les honneurs.

WILIAMS s’est également illustré dans un mélange des genres, n’hésitant pas à faire fusionner Honky Tonk, ballade appalachienne et même du Hillbilly Blues. "I’m Sorry For You, My Friend" avec une steel sonnant comme une guitare hawaïenne, ou "Cold Cold Heart" avec son timbre appalachien en sont les meilleurs exemples. Il excellait aussi à reprendre les chansons des autres comme en attestent "Crazy Heart" ou "Settin’ The Woods On Fire". Ce dernier titre repris entre autre par Johnny BURNETTE, Little RICHARD ou Chuck MEAD n’est jamais aussi puissant que lorsqu'il est chanté par le père Hank. Sa reprise de "Half As Much", titre du violoniste Curley "Dock" WILLIAMS surpasse bon nombre de reprises. On notera que Van MORRISON reprendra le titre avec une certaine réussite. Mais si le natif de Mount Olive se révèle comme un poisson dans l’eau à travers plusieurs registres, deux thématiques se retrouvent dans ses chansons : l’Amour avec la Femme en figure de proue, et le désespoir. Si "Kaw-Liga" témoigne avec ses intonations indiennes d’un cachet fantaisiste, les paroles sont centrées sur un amour perdu, celui d’un totem indien tombant amoureux d’une femme de ménage de la tribu des kowaliga. Hawkshaw HAWKINS et Carl PERKINS reprendront le morceau avec verve.

Pour conclure, n’oublions pas qu'Hank WILLIAMS fut également un précurseur du Hillbilly Rock, influençant notamment un jeune camionneur de Tupelo. "Move It On Over" est un proto Rock'n'Roll toujours d’actualité. Si les COMETS de Bill HALEY n’éclairèrent guère la chanson, les DESTROYERS de George THOROGOOD lui rendront un brillant hommage. Souvenez vous : "Came in last night at half past ten -That baby of mine wouldn't let me in -So move it on over (move it on over)…". Si Memorial Album risque de paraitre obsolète et disons le tout net un peu « has been » pour les jeunes amateurs de Country, il n’en constitue pas moins un excellent disque de vulgarisation et propose une bonne approche pour toutes celles et ceux qui voudraient aller à la découverte de cette icône du Hillbilly. On reprochera juste que la MGM n’ait pas cru bon de nous glisser un Hillbilly Blues.

⃰ Danseuse de son état, Bobbie Jett connu une brève idylle avec Hank qui lui signera alors une reconnaissance de paternité. De cette relation éphémère Antha Belle Jett verra le jour le 6 janvier 53, six jours après le décès de son géniteur. Le bébé sera adopté par la mère d’Hank sous un faux nom. A la mort de sa grand-mère, deux ans plus tard, Antha sera placée en orphelinat avant d’être adoptée en 1956 par un couple de Mobile.
En 1984, Antha Belle Jett apprendra le nom de son père biologique, et se lancera dans une course effrénée à l’héritage avec l’aide d’un avocat qu’elle finira par épouser deux ans plus tard. Aujourd'hui Jett WILLIAMS, coiffée du même genre de stetson blanc que portait son paternel chante et continue d’exploiter le mythe Hank Williams, perpétuant ainsi une tradition musicale instaurée depuis trois générations, Hank Williams III, petit fils d’Hank et sa demi-sœur Holly WILLIAMS étant toujours dans la course. Pas cons… ces péquenauds !

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   LE KINGBEE

 
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- Hank Williams (chant, guitare)
- Sammy Pruett (guitare 4-5-7-10-12)
- Chet Atkins (guitare 1-2-3-7-8-9)
- Eddie Hill (guitare 1-3-5-8-9)
- Jack Shoot (guitare 2-10-12)
- Louis Innis (guitare 5-6)
- Zeke Turner (guitare 5)
- Harold Bradley (guitare 4)
- Clyde Baum (mandoline 5)
- Don Helms (steel guitare 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-12)
- Jerry Byrd (steel guitare 5)
- Dale Lohman (steel guitare 6)
- Ernie Newton (contrebasse 2-4-7-10-11-12)
- Floyd Lightnin' Chance (contrebasse 1-3-8-9)
- Charles 'indian' Wright (contrebasse 5)
- Bronson Reynolds (contrebasse 6)
- Farris Coursey (batterie 1-8)
- Jerry Rivers (fiddle 2-3-4-5-7-9-10-12)
- Tommy Jackson (fiddle 1-3-5-6-8-9)
- Willie Thawl (violoncelle 5)
- Owen Bradley (piano 7)
- Marvin Hugues (piano 10)


1. Your Cheatin' Heart
2. Settin' The Woods On Fire
3. You Win Again
4. Hey, Good Lookin'
5. Crazy Heart
6. Move It On Over
7. Cold, Cold Heart
8. Kaw-liga
9. I Could Never Be Ashamed Of You
10. Half As Much
11. My Heart Would Know
12. I'm Sorry For You, My Friend



             



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