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P.J. ORION AND THE MAGNATES - P.j. Orion And The Magnates (1967)
Par LE KINGBEE le 30 Août 2020          Consultée 101 fois

Issus d’une riche famille d’armateurs grecs, les frangins Peter John et Peter Nicholas Goulandris (guitare et batterie) et leur cousin Aristedes Embiricos sont étudiants à la Groton School, une école privée épiscopalienne ultra stricte. Les trois grecs s’acoquinent avec John Milbank III, un passionné de Garage. Afin d’échapper à un quotidien morose dans lequel une simple radio est proscrite dans l’environnement de leur austère école, les quatre adolescents décident de monter leur groupe. C’est ainsi que nait P.J. ORION and The MAGNATES, nom plein d’humour faisant probablement référence au héros de la mythologie grecque ou la constellation et à leur modeste condition de nantis, Magnates étant traduisible par Magnats.

Si les trois cousins ont souvent l’occasion de jouer ensemble lors de fastes réunions de famille, le quatuor ne se produit que sporadiquement dans le circuit universitaire du Massachussetts, les études et les espoirs de la famille passant avant tout.
Etre né avec une cuillère d’argent dans la bouche procure tout de même quelques petits avantages. C’est ainsi qu’ORION et les MAGNATES peuvent enregistrer dans les studios de la Columbia à New-York un premier et unique album éponyme sous la houlette de Lester Lanin, un producteur chef d’orchestre de Jazz réputé. Le disque paraît sous la bannière de Magnate Records, le propre label du groupe dont le catalogue ne contient que cet unique disque.

P.J. ORION And The MAGNATES aurait pu figurer aux côtés de nombreuses obscurités Garage de la seconde moitié des sixties, si quelques collectionneurs judicieux ne remettaient pas cette modeste galette sur le devant de la scène. C’est bel et bien par sa rareté (à peine mille exemplaires) que le disque allait acquérir une surprenante et étonnante notoriété parmi les amateurs de Garage et de Rock Sixties.
Avec leurs bonnes gueules de premiers de la classe, les Magnates, drapés d’une tenue vestimentaire oscillant entre Mod et le gendre idéal proposent ici neuf reprises s’articulant entre Garage, balade et Folk Psy. Le combo ouvre les hostilités avec "As Tears Go By", l’une des premières compo des STONES préalablement popularisée par Marianne FAITHFULL. Si les STONES ne jugèrent pas utile d’enregistrer la chanson dans un premier temps, le succès rencontré par la toute jeune Marianne incite Jagger et ses compagnons à l’incorporer dans l’album hybride December Children. Si on reste attaché aux deux premières versions, Esther Phillips et P.P. ARNOLD en délivrent des interprétations pleines de feeling a contrario de Nancy SINATRA, trop lascive ou de Vanessa PARADIS, sans voix. Si la présente reprise n’a rien d’extraordinaire, elle se situe néanmoins un rang au-dessus de l’adaptation "Puisque je pense encore à toi" de Richard Anthony. Autre balade sur un tempo similaire avec "Under The Boardwalk", bien avant d’être repris par les STONES, le titre était monté sur la 4ème marche des charts via les DRIFTERS. La reprise de "We Gotta Get Out Of This Place" n’est pas si anodine, surtout à une époque où l’Oncle Sam expédiait les jeunes Américains pour de sympathiques excursions dans le Mékong. Titre anti-guerre par excellence, les Magnates nous en délivrent une honnête version, même si elle n’a pas la puissance des ANIMALS. Les jeunes nantis nous offrent une protest song avec "Eve Of Destruction", brillante balade de P.F. Sloan, petit succès des Turtles et de Barry McGuire. La chanson malheureusement toujours aussi actuelle fera plus tard l’objet de bonnes reprises via Johnny THUNDER, Hot TUNA, The PRETTY THINGS et celle plus étonnante de PUBLIC ENEMY. Cette première face se clôt sur l’indémodable "Sheila", reprise du hit bubblegum de Tommy Roe. Si la mélodie et les riffs de guitares peuvent évoquer Buddy HOLLY et les studios de Norman Petty, la chanson à prendre avec des pincettes demeure à l’instar du Canada Dry avec l’alcool, un succédané de Rock' n' Roll. Chez nous, SHEILA et Lucky Blondo contribueront à faire se trémousser de nombreux teenagers.

Petite incursion dans l’univers dylanesque avec "Love Minus Zero", une balade sentimentale posée sur trois accords. Les amateurs du barde DYLAN resteront probablement attachés à l’original ou à la version Folk de Joan BAEZ. Ici, à l’instar des Leaves ou des Turtles, des fragrances Psy s’échappent du morceau tandis que le passage d’harmonica ne se révèle guère meilleur que celui du père Bob. Le groupe reprend "What Have They Done To The Rain", un folk de l’activiste Melvina Reynolds popularisé par Joan BAEZ, les Searchers et Esther & Abi Ofarim. Là encore, les paroles semblent révélatrices de nos problèmes environnementaux actuels. ORION & The MAGNATES ne sont pas que de jeunes richards érudits, ils sont également bien conscients des problèmes récurrents de notre planète. Si certaines de leurs reprises se révèlent bien dans l’ère de leur époque, on note malgré tout une grosse prise de conscience à travers nos difficultés socio-écolo-politiques récurrentes. Si, encore une fois, "Bells Of Rhymney" se savoure comme une balade folk de tendances Psy et nostalgique, on apprécie comme il se doit la portée des paroles de Pete Seeger, reposant sur une poésie du Gallois Idris Davies. Là encore, le combo nous parle d’une terre qu’on épuise à petit feu à travers l’extraction minière. Petit succès des BYRDS, on note que la chanson à l’instar de nombreux repreneurs américains indiquent clairement que les ricains n’avaient pu traduire ou comprendre le poème gaélique, la plupart confondant Rumney et Rhymney. Le disque s’achève avec "Gloria", l’un des hymnes Garage. Les MAGNATES, ORION, les constellations, la mythologie, les jeunes grecs érudits et nantis, tout çà c’est bien sympa mais avouons que leur "Gloria" ne rentre pas dans les anales, la faute à un manque de puissance et de conviction. Malgré toute leur bonne volonté, les Magnates ne peuvent rivaliser avec les THEM ou les SHADOWNS Of KNIGHT, Patti SMITH, EDDIE And The HOT RODS, Blues Magoos, Count Five (autres bons et furieux repreneurs du morceau).
Si ce disque considéré comme collector fait figure de référence parmi les amateurs de Garage, c’est avant tout par sa rareté. Le répertoire, exclusivement constitué de reprises, privilégie avant tout les balades, registre dans lequel viennent se greffer Folk, Rock Psy, Protest Songs et chansons contestataires agrémentés de quelques pièces Garage. Mais aujourd’hui encore, on peut se demander si ces quatre bons fils à papa n’étaient pas plus sincères et authentiques que certaines vedettes de l’époque (et même de notre décennie).
En 1983, le label français EVA distribué par Pathé Marconi a réédité le disque avec sa pochette d’origine. Un disque qui musicalement ne vaut pas plus d’un 2. On note que la pochette se veut comme un clin d’œil à Animal Tracks, album des ANIMALS.

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   LE KINGBEE

 
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- Peter John Goulandris (chant, guitare)
- Jeremiah Milbank Iii ( guitare, chant)
- Aristedes Embiricos (basse)
- Peter Nicholas Goulandris (batterie)


1. As Tears Go By
2. We Gotta Get Out Of This Place
3. Eve Of Destruction
4. Under The Boardwalk
5. Sheila
6. Love Minus Zero
7. What Have They Done To The Rain
8. Bells Of Rhymney
9. Gloria



             



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