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HOUSE OF HARM - Vicious Pastimes (2020)
Par RICHARD le 15 Octobre 2020          Consultée 224 fois

Boston, ses CELTICS, ses PIXIES et bientôt peut-être ses HOUSE OF HARM comme une possible référence discrète d'un underground qui ne semble pas encore avoir heureusement dit son dernier mot. Lorsqu'on prend un peu de hauteur, on ne peut que constater l'étrange paradoxe qui agite ce tout petit monde. Les moyens de diffusion, de communication entre autres n'ont jamais été aussi larges et, pourtant, ceci n'empêche pas la scène de se réduire comme peau de chagrin. Voilà pourquoi (encore une fois), l'arrivée de jeunots qui désirent en découdre et qui croient fort en leur projet ne peut forcément qu'être saluée. Qui plus est, compte tenu de l'extrême faiblesse de l'audience, les nouvelles têtes pourront être taxées au pire d'être inintéressantes mais aucunement d'être opportunistes. C'est bien pour cette raison que Vicious Pastimes est un album en lui-même déjà excitant. On est d'accord, ce sont de belles intentions, mais que nous dit en définitive ce premier effort des Bostoniens ?

Comme je l'avais évoqué dans mes chroniques de DRAB MAJESTY ou TWIN TRIBES, il semble que la lumière sombre pour l'instant vienne plutôt de l'autre côté de l'Atlantique. HOUSE OF HARM avance donc à pas de loup pour confirmer cette fragile règle. Le trio en un peu plus de 35 minutes délivre neuf bons titres estampillés «La Nostalgie Camarade, La Nostalgie». Le leader Mike Rocheford et ses deux compères sont à l'évidence adeptes d'une new-wave lumineuse comme le souligne avec légèreté le direct "Coming Of Age". La pochette floue a tout par conséquent de trompeuses apparences. Il n'est pas question ici de brume ni de spleen cotonneux qui vous enveloppent confortablement ou de plongée plus abrupte dans les ténèbres. La seule exception à cet éclat froid reste le plus sombre "Against The Night" qui pourra sans doute vous rappeler vaguement le "One Hundred Years" des CURE pour ses guitares tranchantes et sa rythmique martialement incessante. Tiens donc, en parlant de la bande à Robert, les Américains doivent eux aussi incontestablement l'apprécier.

Ainsi, le maxi pop "Catch" au-delà de son titre identique à celui des Anglais, sonne également comme un improbable mix de "Just Like Heaven" et "Friday I'm In Love". Pour la nouveauté, on repassera sans doute mais à l'image du clip où le trio s'amuse bien en bord de mer, ce morceau insuffle une belle énergie et une indéniable envie de bouger. Les HOUSE OF HARM titillent à coup de guitare cristalline pleinement la fibre des souvenirs. Rebelote avec l'introductif "Isolator". Nous voici en 1986 sur la piste de danse du MACUMBA'S à faire l'hélicoptère sérieux et concentré. Un peu de DEPECHE MODE, un peu de NEW ORDER et le tour est joué. L’intérêt de la chose ? Un jeu de claviers bien amené et des émotions qui ne passent pas par quarante chemins pour vous faire un effet certain. A cet étalage de synthés parfois clinquants (le nostalgique "Always") s'opposent aussi l'acidité bienvenue de guitares post-punk.

C'est ici que les Américains se montrent plus incisifs. Ces moments leur permettent même de s'extraire rapidement de la mêlée des suiveurs et des poseurs. Même s'ils s’imprègnent sans conteste des modèles du genre, la mélancolie exposée fait son petit bonhomme de chemin. Écoutez moi plutôt ce "Waste Of Time", le meilleur titre de l'album. Le petit plat "Musique froide" est indéniablement préparé avec amour. Tout y est, encore une fois. De la voix boudeuse à la sécheresse de la boîte à rythme, des échos lointains aux claviers KLEENEX, ce morceau est une belle carte de visite. Un peu d'ailleurs comme l'excellent "Control" où l'auditeur se retrouve face à de belles guitares liquides que ne renieraient pas les CHAMELEONS. On pourra juste regretter pour conclure la faiblesse du morceau éponyme qui vient par son insipidité briser la cohérence du propos et la cohésion de l'ensemble.

Vicious Pastimes ne révolutionnera sûrement pas le monde de l'underground froid, c'est certain. Pour autant, les Américains avec cet album ne déméritent pas. Dans ce touffu revival, leur new-wave nostalgique et mélodique a quand même de belles choses à nous dire. Pour les souvenirs du futur, mais pas uniquement.

Note réelle : 3,5/5

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   RICHARD

 
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- Michael Rocheford (chant)
- Cooper Leardi (guitare,claviers)
- Tyler Kershaw (basse,claviers)


1. Isolator
2. Coming Of Age
3. Behind You
4. Against The Night
5. Catch
6. Waste Of Time
7. Vicious Pastimes
8. Always
9. Control



             



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