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2020 Vol. 4

Michelle DAVID - Vol. 4 (2020)
Par LE KINGBEE le 26 Octobre 2020          Consultée 328 fois

Certaines formations disposent de parcours atypique. Ce trio s’articule autour de la chanteuse Michelle DAVID, une Américaine native de la Caroline du Nord, et des deux Hollandais Paul Willemsen et Onno Smit. Si ces trois là ont forgé leur complicité et leur cohésion au sein de Lefty Soul Connection, un groupe funk batave, Michelle DAVID n’en n'est pas à son coup d’essai ; après avoir fait son apprentissage dans la danse, notamment à la High School Of Performing Art de New York puis à Harlem chez Alvin Ailey, elle a enchaîné à Broadway dans des comédies musicales. Sa rencontre avec les deux guitaristes hollandais lors d’une tournée se révèle déterminante. Installée en Europe depuis plus de 25 ans, Michelle a lancé un premier jet avec un single édité en 1996 par Black Beans, un micro label hollandais.

Fortement plébiscité par de nombreux programmateurs européens, le groupe a jusqu’alors enregistré trois albums pour l’écurie allemande Excelsior Recording, trois galettes intitulées Vol. 1, Vol. 2 et Vol.3, témoignages d’une originalité qui a au moins le mérite d’être explicite. A un moment donné, on a cru que l’aventure allait se terminer là-dessus, Juste avant la pandémie liée au Covid-19, Michelle a ferraillé contre un vilain crabe et la chanteuse semble avoir terrassé l’horrible bête, et elle en est ressortie toute ragaillardie.

Si le Covid pouvait être considéré comme un coup du sort, le groupe ayant obtenu durant cette période une flopée d’engagements qui seront annulés, ce quatrième volet remet les pendules à l’heure. Le disque a d’ailleurs été sélectionné par FIP, après avoir recueilli de multiples nominations en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède. Cette fois-ci, le groupe enregistre sa création chez MDGS Records, son propre label, avec douze originaux produits avec soin.

Avec un nom de groupe si spécifique, Michelle DAVID & The Gospel Sessions continuent leur orientation vers un délicat mélange de Gospel, de R&B, de Soul, de Funk et d’Afro-Beat. Si le premier titre "Good Good Good" dévoile un message d’espoir via la magie des voyages, l’orientation musicale nous renvoie vers Nicole WILLIS, autre Américaine ayant fait ses gammes en Finlande. Même sentiment avec "You Are", titre positif où le renoncement n’est pas de mise. La basse maintient un groove obsédant, la guitare de Willemsen ajoute une abondance de pizzicatos bien vintages tandis que les cuivres influent une atmosphère afro-caribéenne du meilleur tonneau. Si le tempo se ralentit quelque peu avec "Love", c’est encore un discours de paix et d’amour que nous délivre la chanteuse, louable initiative en cette période troublée. Petit interlude instrumental avec "R’Fissa" résolument tourné vers un Afro-Beat dévastateur. La chanteuse n’oublie pas de glisser un message à l’attention de la gente féminine sur "Yes I Am", un morceau de Soul hyper tempéré gorgé de cuivres. La section cuivre est encore bien présente sur "Don’t Give Up", les saxophones et la trompette tentant d’imprimer la cadence au détriment des guitares. Mais à travers ses métaphores, Dieu ou un mouvement divin ne sont jamais bien éloignés dans l’esprit de la chanteuse.
Les influences des Caraïbes sont encore bien présentes sur "Victory", mais on ressent également de fortes évaporations issues de la rumba et des mérengués d’Afrique. Changement de cap avec "Oh My My" à l'orchestration tournée cette fois vers la Jamaïque et les Bahamas. On croirait par moment entendre la fusion de Men At Work, Kate BUSH pour les intonations et d’Erykah Badu. Second interlude instrumental d’à peine trente secondes avec "Don’t Give Up Reprise". Sur "Testify", le dobro diffuse un climat sombre que ne renieraient pas certains bluesmen du Mississippi tandis que les percussions proposent encore une fois un retour vers l’Afrique et le Nigéria. Mais si la mélodie propose un autre visage, les paroles ne trompent pas et font encore référence au Divin. Le Seigneur, il en est encore question sur "Myshel", un mélange d’Afro-Beat et de Soul new-yorkaise portée par une guitare funky, des cuivres conquérants et des chœurs destinés à renforcer la portée du texte : "We’re gonna stand tall- Walk side by side-Feeling stronger-By and by-Stand tall… ". Les percussions et les cordes procurent un superbe nappage sur "Second Change", chanson où les allégories avec Dieu et l’espoir sont toujours aussi présentes.

Contrairement à de nombreuses productions dédiées à la Soul, ce nouvel opus se démarque par la qualité de ses textes, l’espoir et la foi demeurant le nerf de la guerre pour Michelle DAVID. Le groove, souvent dévastateur et remarquablement maîtrisé, et les arrangements audacieux sont autant d’atouts. Si le nom des Gospel Sessions peut légèrement induire en erreur tant le répertoire s’écarte aussi bien du Gospel traditionnel que de la musique religieuse contemporaine, les métaphores et les renvois vers Dieu demeurent légion. L’orgue, instrument très présent dans le Gospel, est ici pratiquement oublié, Paul Willemsen ne l’utilisant que sur deux pistes. Enfin le groupe se différencie de ses concurrents à la fois par l’utilisation de cuivres, de percussions et de cordes prenant leurs sources sur le territoire africain et les Caraïbes, mais aussi par une sonorité vintage.
Certains chroniqueurs font le parallèle entre la regrettée Sharon JONES et Michelle David, comparaison au demeurant assez réductrice : les deux chanteuses sont bien afro-américaines et plantureuses et ont été victimes de la même maladie ; elles officient toutes deux dans le domaine d’une Soul Vintage, mais le répertoire des Gospel Sessions se révèle beaucoup plus tempéré que celui de la New-Yorkaise. L’apport magnétique d’une solide section de cuivres saillante et des percussions confère à certaines pistes un ascendant afro-caribéen qu’on ne retrouve pas chez les Dap-Kings de Sharon Jones. Ce disque devrait permettre au trio (devenu quatuor avec l’arrivée du batteur Bas Bouma) de connaître une plus grande notoriété dans notre contrée.
Dernière précision, le groupe est généralement excellent en concert, la scène demeurant son domaine de prédilection. Un disque à ranger entre Nicole WILLIS, The SWEET VANDALS, Hannah WILLIAMS, Lee FIELDS et Charles BRADLEY.

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- Michelle David (chant)
- Paul Willemsen (guitare, basse, claviers, percussions, chœurs)
- Onno Smit (guitare, basse, percussions, chœurs)
- Bas Bouma (batterie, percussions, chœurs)
- Wouter Schueler (saxophone 1-2-4-10-11)
- Marten Hogenhuis (saxophone 1-2-4-10-11)
- Lucas Van Ee (saxophone 5-6-7)
- Dirk Zandvliet (saxophone 5-6-7)
- Coos Zwagerman (trompette 1-2-4-11)
- Luc Janssens (trompette 5-6-7)
- Claus Tofft (percussions 2-3-4-5-6-7-11-12)
- Marieke De Bruijn (violon 3-12)
- Jacob Plooij (violon 3-12)
- Jos Teeken (violoncelle )
- Laura Van Der Stoep ( viole 3-12)


1. Good Good Good
2. You Are
3. Love
4. R' Fissa
5. Yes I Am
6. Don't Give Up
7. Victory!
8. Oh My My
9. Don't Give Up (reprise)
10. Testify
11. Myshel
12. Second Chance



             



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