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JYOTI - Mama, You Can Bet ! (2020)
Par DERWIJES le 10 Novembre 2020          Consultée 97 fois

JYOTI. Drôle de nom. C’est celui de la déesse de la lumière dans la mythologie hindoue, la fille de Parvati et de Shiva. C’est aussi un prénom couramment porté en Inde, et qui sert d’alter-ego à l’américaine Georgia Ann MULDROW, une artiste encensée par ses pairs et notamment par le rappeur MOS DEF qui ne tarit pas d’éloges à son sujet, allant jusqu’à l’annoncer comme étant la nouvelle Roberta FLACK ou la nouvelle Nina SIMONE, selon les jours.
Avant lui, bien avant lui, ce n’est autre qu’une amie de sa famille qui la poussa vers la musique et qui lui donna ce nom indien, une certaine amie du nom… d’Alice COLTRANE. Là, niveau pedigree, elle vient de mettre tout le monde d’accord. Une disciple d’Alice ? On s’incline, elle a le droit au bénéfice du doute. Mais attention : plus les attentes sont élevées, plus dure sera la chute en cas de déception. Même si elle a déjà une jolie carrière derrière elle et s’est imposée comme l’une des artistes qui compte dans la nouvelle scène jazz aux US.

Il y a de quoi s’enthousiasmer en lisant ce que nos voisins outre-Atlantique ont à dire sur ce disque. Pour faire court les termes « chef-d’œuvre » et « essentiel » reviennent assez souvent. C’est qu’en brassant dans tous les genres de musique afro-américaine et en abordant des sujets sensibles comme la condition des Afro-Américains (un sujet, il est vrai, autrement plus intéressant que la cueillette des cerises dans le Périgord*), elle abat d’un seul coup les deux cartes gagnantes pour la critique : une artiste engagée et touche-à-tout, voilà qui a la côte.
Oui mais voilà, la sauce ne prend tout simplement pas. Et comme je suis Français, j’ai un palet plus fin que celui d’un critique américain.* Le problème vient du format choisi : une série de morceaux courts, tous durant moins de cinq minutes, s’enchaînant sans grande cohérence. Il y a dans le tas un bon paquet de moments anecdotiques, comme les remix electro-jazz de « Bemonoable Lady » (mais chapeau pour avoir choisi ce titre peu connu) et « Fables of Faubus », qui auraient pu figurer parmi les moments forts du disque. Comment se tromper en choisissant Charles MINGUS ? Son mélange de jazz, de soul, de hip-hop et d’electro est aussi ambitieux que prometteur mais elle ne lui laisse jamais le temps de s’exprimer. Tout l’album n’est constitué que de bribes de morceaux qui auraient dû être plus long, ne serait-ce que d’une minute ou deux, pour s’installer. Prenez « Skippin and Trippin » ou « Hard Bap Duke », par exemple. Ils s’interrompent brutalement alors que le groove commence juste à faire effet, c’est du gâchis.

Ce potentiel inachevé rend l’écoute du disque frustrante. Mais ne désespérons pas, Jyoti est une artiste active et il y a fort à parier pour qu’elle rattrape prochainement le coup. Soulignons aussi que c’est elle qui s’occupe de quasiment tous les instruments, une polyvalence assez remarquable.

* La rédaction souhaite s’excuser auprès de tous les récolteurs de cerises périgourdins et ne valide pas les propos du chroniqueur.
* La rédaction souhaite préciser que ce chroniqueur prend une cuillère à soupe de mauvaise foi matin, midi et soir.

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1. Mama, You Can Bet !
2. Bop For Aneho
3. Zane, The Scribe
4. Our Joy (mercedes)
5. Ra's Noise (thukumbado)
6. Bemonoable Lady Geemix
7. Orgone
8. Skippin And Trippin
9. Swing, Kirikou, Swing !
10. Quarrys, Queries
11. Ancestral Duckets
12. Hard Bap Duke
13. This Walk
14. Fabus Foo Geemix
15. The Cowrie Waltz



             



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