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- Membre : Bande Originale De Film

PAUL PIOT & MICHEL ROY - Devil Story : Original Motion Picture Soundtrack (2018)
Par K-ZEN le 1er Janvier 2021          Consultée 149 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Attention : cette chronique de bande-originale est susceptible de dévoiler des éléments du film. Mais est-ce si grave ?

Ah les nanars ! Ces films tellement mauvais qu’il en deviennent iconiques, voire involontairement chefs-d’œuvre, pour un certain public éclairé... ou immature.

Il faut vous avouer que dans le réseau social de mon entreprise, j’ai choisi en tant qu’avatar un emblème typique de la série Z. La tête de ce bon vieux Paul(o) To(r)cha se découpe dans ce cercle de photo de profil, tel Hank MOBLEY à son époque dans No Room For Squares – on y reviendra –, mais en moins classe. En kimono rouge, la bouche en Stallone – le doublage français n’essaye même pas de filtrer l’infidélité – et avec un serre-tête ridicule et patriotique aux couleurs des USA, Paulo est un des nombreux héros oubliés de ce fabuleux Clash Of The Ninjas (également appelé Clash Commando parfois). Il y incarne Tony, un policier-ninja au service d’Interpol, aidant la police hong-kongaise à pourchasser une organisation criminelle internationale se rendant coupable de trafic d’organes. Bientôt, au détour de rebondissements écrits sur un bord de table, des évènements surnaturels commencent à se produire. En effet, les ninjas sont ici dotés de pouvoirs surhumains, capables de désintégrer un autre être humain à l’aide de leurs doigts ou de survivre à 2 minutes de rafales continues et multiples de pistolet. Point fort du film, des doublages français fameux, dont on jurerait qu’ils ont été faits par des villageois du Cantal, surtout les accents étrangers absolument ridicules. A ne pas rater : cette interminable scène de poursuite en voiture ou l’inévitable affrontement final où on peut voir la tête de Tony tournoyer sur elle-même comme un mixer. C’est une des deux scènes que j’ai partagées avec une formatrice curieuse de ma photo de profil, je crois d’ailleurs qu’elle en a été conquise.

Dans cette chronique, je vous réserve un autre fameux nanar, parmi les plus incroyables du genre, le premier DVD édité par Nanarland… J’ai nommé « Devil Story » ou « Il était une fois le Diable », croisement bâtard d’un slasher sanglant avec Louis la Brocante ! Sa bande-originale fait partie d’une réédition sous l’étiquette « Horreur à la française », en constituant le troisième volume. Les notes intérieures sont même en anglais, preuve de son rayonnement international.

La pochette du disque annonce la couleur. On y observe un zombie déguisé en SS et armé d’un fusil à pompe. Sur l’affiche du long-métrage, on retrouve ce même personnage mélangé pêle-mêle, ou plutôt capharnaüm, à une momie et une jeune femme en nuisette. En toutes lettres, le slogan n’en fait absolument pas des tonnes. « Elle vivra en une nuit de terreur… Tout ce qu’elle ne souhaiterait pas à ses pires ennemis ! ... ». Je suis absolument tétanisé.

Le film a été réalisé en 1985 par Bernard Launois. Véronique Renaud y tient le rôle principal, avant d’arrêter définitivement le cinéma après voir vu le résultat. Un constat qui sera identique chez les distributeurs, le film ne tenant qu’une journée à l’affiche à Paris avant d’être déprogrammé.

Quand France 3 Normandie vient interroger le metteur en scène sur le tournage, celui-ci indique qu’il « va faire mieux que les Américains », pensant qu’il est élémentaire de faire un film d’horreur. Seulement, au bout de 50 minutes mises en boîte, le perfect plan déraille. Le réalisateur se frite avec toute l’équipe technique après un différend d’ordre financier et la congédie sur-le-champ. Le film est terminé – bâclé – artisanalement, avec des scènes tournées avec famille et amis. Puis il « tirera sur la pellicule », citant une phrase célèbre de Jean-Luc Godard sans que cela soit aussi efficient dans son propre cas.

La cohérence en prend un coup, si tant est qu’il soit possible qu’il y en ait une de prévue. Les scènes s’enchaînent dans le désordre, les acteurs en roue libre récitent des dialogues surréalistes à force de nager dans l’aberration. Si on s’attarde quelques instants sur le (!) scénario, on y découvre un jeune couple tombant en panne dans un village côtier de Normandie, la région semblant concentrer tous les évènements inquiétants possibles et imaginables. Les amoureux, réfugiés dans une auberge nichée dans une région maudite depuis que des naufrageurs ont fait s’échouer un galion revenu d’Egypte duquel s’est échappée une momie, sont tour à tour confrontés à un mystérieux cheval du diable semblant annoncer des désastres à tous ceux qui le croisent, à un psychopathe défiguré déguisé en nazi multipliant les meurtres sanglants. Bref, autant de bonnes raisons pour la jeune femme d’aller explorer la lande en pyjama la nuit tombée. On atteint le climax sur une scène absolument incroyable où un vieux paysan affronte le fameux cheval diabolique dans un champ, vidant plusieurs chargeurs de son arme sans pouvoir ne serait-ce que toucher l’équidé. L’insoutenable duel, digne des meilleurs westerns, dure une nuit entière, interminable, affichant tour à tour les deux protagonistes à l’écran.

Et la musique, me direz-vous ? Elle est à l’avenant. Entre les hululements de chouette en plein jour, on retrouve une bande-originale très cheap, textuellement proche de la B.O punk de Bad Taste, sorti deux ans plus tard et dont le personnage ressemble étrangement à notre zombie, ou de celle plus psychotique de Polnareff pour l’infâme film rape-revenge Lipstick. 2 mecs sont aux manettes, Paul PIOT & Michel ROY, deux compositeurs français s’étant notamment illustrés dans les musiques de films (porno même pour ROY avec les Karatéchattes en 1975) ou la variété française. Ils n’hésitent pas à faire passer deux fois la même chanson dans leur disque, en renommant la seconde occurrence « reprise » bien que l’on ne trouve guère de différence si on s’amuse à jouer au fameux jeu des 7. On en a pour notre argent au moins.

Le morceau de bravoure est sans hésitation le "Devil Story Theme" qu’on entend à peu près à toutes les sauces dans le long-métrage, arrosant des scènes hétéroclites. Il ouvre d’ailleurs le film dans ce plan surréaliste où notre psychopathe s’extirpe d’une tente comme le diable de sa boîte, tout en grognant, en proie à une rage de dents carabinée, les joues pleines de noisettes ou pris d’un malaise régressif. Après avoir failli se prendre les pieds dans les cordes de la tente, le voilà qui fait irruption de derrière un arbre, déchaînant sa fureur meurtrière. Le sang des victimes jaillit de leurs corps, ne masquant même pas le trucage et cette alimentation par tuyau externe.

Des percussions-bits en carton-pâte. Un faux violon strident agrémentant cette nappe de vide. Des partitions de synthé à une main. Une basse slappée, des chœurs démoniaques. Un faux-départ parce que tout cela n’est pas vraiment en place. Le « Devil Story Theme » fonctionne pour moi, entre fou rire, tension et urgence. Le problème, c’est qu’après 10 minutes, on est peut-être moins enclin à être généreux ensuite.

"Normandy Land" est une fausse ambiance de western un peu désuète, sorte de revisite de la Soupe Aux Choux à la sauce normande. "The Boat Legend" et l’orgue de "Castle Theme", lorgnant vers le classique, sont tout sauf inoubliables. "The Chase" tire son épingle du jeu, un morceau tribal et inquiétant, avec une boîte à rythmes bien en place, proche de la partition de Klaus SCHULZE pour Schizophrenia. En somme, des compositions qui feraient presque passer les minimales symphonies électroniques de Varg VIKERNES pour des chefs-d’œuvre. A côté, le premier SUICIDE et ses bourdonnements de moteur de frigo vous paraîtront infiniment plus détaillés.

Pris au 115ème degré, on atteindrait sans doute la note maximale. Je me dois de faire preuve de plus de mesure et de diviser par deux ce constat.

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   K-ZEN

 
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- Paul Piot (composition)
- Michel Roy (composition)


1. Main Theme (devil Story)
2. Normandy Land
3. The Boat Legend
4. Castle Theme (bwv 565)
5. The Chase
6. Main Theme (reprise)
7. Normandy Land (reprise)
8. Unreleased Suite



             



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