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- Style : Steven Tyler

Janis JOPLIN - Cheap Thrills (1968)
Par PINHEAD le 9 Juillet 2011          Consultée 2509 fois

«On était aux environs de Barstow, on attaquait le désert quand les drogues ont commencé à faire effet. Je me rappelle avoir dit un truc du style "ça monte, ça y est je décolle, vaut mieux que tu conduises". Soudain, il y eut un énorme grondement autour de nous. Et le ciel fut rempli de ce qui semblait être d'énormes chauves-souris qui voltigeaient, criaient, et voletaient autour de la voiture. Et une voix cria "Doux Jésus, c'est quoi ces putains de bestioles!"»



Je trouvais que ça faisais bien de commencer ma chronique avec une citation de Las Vegas Parano, "Combination of the Two" en trame sonore et une vaste étendue sablonneuse traversée par une autoroute grise en guise d'arrière plan. Le titre qui entame Cheap Thrills avait donc vocation à ouvrir un film sur la thématique presque exclusive des drogues psychédéliques. C'est dans ce genre d'occurrences qu'on reconnaît les morceaux immortels.

Mais revenons en arrière avant d'en dire plus. En 1967, BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY sortait son premier album éponyme avec la jeune Janis JOPLIN, chanteuse tout droit sortie du Texas, remarquée à San Fransisco pour son larynx extraordinaire. Un brin artiste, un brin rebelle, la jeune femme trouve dans le mouvement hippie naissant un parfait style à adopter dans le prolongement de la Beat Generation qu'elle affectionnait tant, et un moyen pour elle de s'engager sur des causes féministes. Il faut dire qu'avec les études ou avec les garçons, la petite Janis n'avait jamais eu pas beaucoup de succès. Sur la scène du festival de Monterey Pop Festival en 1967, le groupe alors inconnu du public se fait remarquer et est signé par la grande maison de disque Columbia Records au terme d'une prestation désormais légendaire.

Cheap Thrills va plus loin que le premier album plus structuré et poli, mais néanmoins très sincère. On passe du côté acide de la force dans des concerts dont l'interprétation relève du mystère métaphysique. Prévu sous un titre beaucoup plus osé (Dope, Sex and Cheap Thrills), le second album de la formation laisse cette fois la totalité des lignes de chant à JOPLIN, forcé par l'évidence du don de cette dernière. En contrepartie, les guitares sont d'avantage mises en avant pour créer des riffs où des envolées délirantes et particulièrement remarquables dans les titres live de la galette: à savoir "Combinations of the Two", "I Need A Man To Love", et les 10 minutes de blues infernales "Ball & Chain". Sur chaque morceau, JOPPLIN montre l'étendue de son timbre exceptionnel sans jamais flancher. A l'aise sur des registres psychédéliques, blues et soul (l'intense reprise de "Summertime"), la chanteuse est le chaînon complémentaire à l'alliance parfaite des deux guitaristes Sam Andrew et James Gurley qui se partagent les grands moments instrumentaux en toute équité.

Le long jam aux guitares distordues et tourbillonnantes qui ouvre Cheap Thrills est un monument oublié de la musique. Presque dénudé de toutes paroles, évincées au profit des majestueux hurlements de la figure hippie féminine, la performance indique presque explicitement la consommation de L.S.D du groupe pendant la composition et l'enregistrement de sa musique. Une manière alors assez commune de joindre l'utile à l'agréable dans la deuxième moitié des 60's.
La forme que donne le groupe à son blues est résolument tortueuse, basée sur une rythmique en constant mouvement, maniée à merveille par les deux guitaristes. Le solo du "Turtle Blues" démontre un indéniable talent d'improvisation, sûrement imputable aux substances prohibée.
En effet, chaque seconde de Cheap Thrills semble être une affaire de feeling. Comme si un simple regard échangé avec le bassiste suffisait à se coordonner sur un tempo différent où à envoyer une montée hallucinatoire. Libérés de toute contrainte studio, les guitaristes laissent libre champ à leur imagination pour faire fuser des hymnes cultes, comme "Piece of My Heart" où la guitare prend une ampleur égale à celle du chant de la texane. "Summertime" alterne passages instrumentaux finement ciselés envolése lyriques de Janis qui livre peut-être sur ce morceau sa meilleur performance vocale.

En digne classique indétrônable du Blues Psychédélique, Cheap Thrills offre tout ce dont peut rêver un freak prêt à gober son buvard, ou un mélomane en costume amateur de grandes voix. Des frissons, mais jamais au rabais, le groupe en envoie même sur les morceaux bonus de la réédition CD de 1999. Au moins aussi indispensables que ceux de la tracklist originale. Tout est bon dans Cheap Thrills: sa chanteuse, ses guitaristes, ses blues torturés, ses passages déstructurés, et même sa tracklist et son line up présentés sur sa pochette désormais culte au moyen de petites illustrations dessinées par Robert Crumb. Vous avez dit symbole?

5/5

Coup(s) de cœur: "Combination of the Two", "Summertime", "Ball and Chain"

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   PINHEAD

 
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- Janis Joplin (chant)
- Sam Andrew (guitare)
- James Gurley (guitare)
- Peter Albin (basse)
- David Getz (batterie)


1. Combination Of The Two
2. I Need A Man To Love
3. Summertime
4. Piece Of My Heart
5. Turtle Blues
6. Oh, Sweet Mary
7. Ball And Chain



             



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