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AIRBAG - A Day At The Beach (2020)
Par BRADFLOYD le 1er Janvier 2021          Consultée 982 fois

Alors que le groupe avait été mis en sommeil durant quelques années afin de permettre à Bjørn RIIS de produire ses albums et E.P solo, revoici nos Norvégiens amputés de deux de leurs membres sur les cinq originaux. Quoi ? Vous ne connaissez pas ce groupe créé il y a maintenant 26 ans et qui en est à son cinquième album ?

Pour rappel, la sphère PINK FLOYD a généré nombre de tribute bands devenus des groupes créateurs dont un des plus emblématiques est le groupe allemand RPWL. AIRBAG fait partie de cette sphère et, après avoir tourné dans leurs contrées durant plusieurs années, le groupe ne s'est lancé à produire son premier album (Identity) qu'en 2009 pour un résultat des plus convaincants. En fait, si Steven WILSON a créé sa bouture floydienne comme suite putative de Meddle, les AIRBAG poursuivent là où PORCUPINE TREE a bifurqué après l'album Signify et le live à Rome. Il y a pire comme héritage, d'autant plus que Bjørn RIIS (pas le cycliste, le guitariste) a totalement digéré le style de David GILMOUR au point que, pour un néophyte, celui-ci pourrait se laisser abuser par le son et les notes du soliste norvégien.

Premier titre : l'impression d'être accueilli dans la machine. Nous sommes en 1975 à travers ce battement et ces gimmicks électroniques ultra célèbres. Mais là où la guitare électroacoustique tenait la place principale chez les FLOYD, c'est le rythme de la basse qui modernise ici le propos, une basse cyclique qui rappelle "Empty Spaces", avant que la batterie ne prenne le relais pour un voyage onirique d'un peu plus de 10 minutes où guitares et claviers tissent une toile dont on a du mal à sortir. Ceci jusqu'au solo de guitare qui arrive à nous faire dresser les poils. Rien que pour "Machines And Men", l'achat de cet album serait indispensable. Étonnamment, ce titre, dans sa production, tranche avec les opus précédents du combo. Il lui permet de sortir de l'hommage systématique et appuyé au FLOYD et provoque la surprise en y introduisant une référence à PORCUPINE TREE particulièrement bienvenue. Comme si, en ce titre, nous avions la synthèse des deux groupes. Magnifique jusque dans les paroles qui décrivent la guerre d’une manière froide et objective.

Mais si on démarre par une véritable tuerie musicale, il ne s'agit pas, pour autant, de minimiser les autres titres de l'album. Mis à part la paire "A Day at the Beach" qui, additionnés, tutoient les 9'30, tous les morceaux de l'album prennent le temps de se développer, ne faisant pas moins de 8 minutes. Avec comme une impression d'écouter, tout le long de l'opus, un même morceau où le planant et le rêve prennent le pas sur la violence alors que les paroles nous emmènent exactement à l'inverse. Le titre de l'album est particulièrement bien choisi, notamment pour les morceaux éponymes qui donnent l'impression d'un sac et d'un ressac ininterrompus. De même, les synthés de "Into The Unknown" qui évoquent Jean-Michel JARRE sont accompagnés d'une basse d'une simplicité confondante. Et puis à 5'30 et durant 1'30, on plane. Très haut, avant que la guitare ne joue des notes sans fioriture évoquant le natif de Grantchester dans une espèce de valse lente de toute beauté.

C'est là qu'il faut évoquer le talent de composition des membres du groupe dont la technique est reconnaissable par la manière qu'ils ont de placer les mots sur les couches musicales. Peu de pieds dans les rimes, voix peu appuyée qui fait partie intégrante de la musique. Sauf sur "Sunset" qui tutoie, tout le long de son développement, le groupe de Steven WILSON, tant dans son introduction rythmique à la Gavin Harrison ou à la TALK-TALK (dans le style de "Renee" et "Does Caroline Knows ?") que dans le gros son de guitare durant les parties instrumentales, en accompagnement ou durant les soli plutôt nerveux.

Enfin, les séquences répétitives bourrées d'écho et de claviers, de nouveau à la JARRE, de l'instrumental "A Day at the Beach (part. 2)" préparent les presque 10 minutes d'un "Megalomaniac" de très grande classe. La guitare de Bjørn RIIS utilisant à plein le Delay nous fait planer durant cette introduction, avant que des arpèges lents et les mots placés sur chacune des notes ne lancent le dernier titre qui marque une certaine progression nerveuse et angoissante, et ce jusqu'à l'explosion sonore en son milieu et le solo final. Un titre très WILSONien à la "Arriving Somewhere But Not Here".

Est-ce le départ de deux de ses membres qui a transformé la musique du groupe ? Vraisemblablement, puisque, selon leurs dires, ces derniers ont été obligés de composer différemment pour compenser les pertes. Cela leur a permis aussi d'y introduire plus d'électro et de programmation, transportant leur musique un peu plus dans la modernité. Mais j'ajouterai que les travaux en solo de Bjørn RIIS y sont aussi pour beaucoup. 2020 a été un bon cru pour la musique prog. A commencer par le dernier PENDRAGON dont j'ai eu le plaisir d'écrire la chronique sur ce site, ou le Nick MASON's SAUCERFUL OF SECRETS. Mais si vous passez à côté de cet album, votre année n'aura pas été complète. Foncez si vous ne les connaissez pas encore. Même si AIRBAG ne révolutionne pas la musique et vous paraît être trop dans l'hommage à ses aînés, leur signature est suffisamment identifiable pour que vous puissiez apprécier cette dernière galette qui nous permet d'oublier le temps. Et qui sait, vous serez peut-être suffisamment séduits pour découvrir leurs précédentes productions. Et là, croyez-moi, c'est du bonheur à l'état pur pour vos cages à miel.

Note réelle : 4,5

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- Asle Tostrup (chant, claviers, programmation)
- Bjørn Riis (guitares, basse, claviers, choeurs)
- Henrik Bergan Fossum (batterie)
- ~ Avec :
- Kristian Karl Hultgren (basse)


1. Machines And Men (10:48)
2. A Day At The Beach (part 1) (3:55)
3. Into The Unknown (10:27)
4. Sunsets (8:16)
5. A Day At The Beach (partie 2) (5:33)
6. Megalomaniac (9:50)



             



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