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- Membre : Georges Gershwin

Ella FITZGERALD - Mack The Knife - Ella In Berlin (1960)
Par MARCO STIVELL le 14 Mai 2011          Consultée 2110 fois

"Ella, elle l'a" chantait France Gall au milieu des années 80. C'est tout à fait vrai, le talent et Ella FITZGERALD n'ont fait qu'un depuis toujours chez cette célèbre chanteuse américaine, née en 1917 et disparue en 1996 après une tragique fin de vie (cécité due au diabète, jambes amputées...). Qu'elle chantait pour des orchestres de swing ou accompagnée d'un groupe jazz, Ella a su faire parler d'elle et sa voix d'une pureté rarement égalée a fortement contribué à marquer à la fois la musique et le public, partout où elle passait. Ella in Berlin : Mack the Knife est l'un de ses disques dont on parle le plus, pour son style, ses chansons, sa chaleur et aussi ses "imperfections".

Inutile de préciser qu'il confirme pleinement le potentiel d'Ella et de ses musiciens, mais on ne le dira jamais assez, si les musiciens de jazz sont dotés d'une musicalité naturelle qui les fait se placer sur les marches les plus élevées du grand podium des instrumentistes de la planète, Ella brille (de mille feux) par ses capacités techniques, sa tessiture - en parlant de l'étendue de sa voix - comme sa faculté d'improvisation. De cette dernière il n'est pas tellement question ici en réalité. Les trois premiers quarts du disques enchaînent les ballades jazzy ("The Man I Love" restant la plus attachante parmi les moins connues) et moments plus swings. Une variation d'humeurs plus que bienvenue et qui a de quoi séduire, étant menée de front par une très grande interprète. Les musiciens ne jouent pas uniquement le rôle d'accompagnateurs, même si on ne remarque vraiment que le jeu plus libre du pianiste. Le contrebassiste quant à lui aligne ses plans à la manière d'un contrebassiste de jazz, l'instrument étant tel qu'on ne sait jamais très bien si il joue dans le ton ou si c'est du n'importe quoi (cette phrase est un simple clin d'oeil à mon ancien prof d'histoire qui en est responsable). Les six premières chansons étant déjà excellentes, Ella se fend en plus d'une reprise du standard "Summertime", assez vibrante.

Mais là où la diva surprend le plus, c'est sur la fin du disque. Elle avait déjà su faire preuve de sa maîtrise du scat (mais si vous savez, cette technique de chant improvisée, remise au goût du jour il y a quelques années par un certain John "I am a scatman" dans un tout autre style), elle nous conforte une nouvelle fois sur le long "How High the Moon". Elle y cite d'ailleurs "Ornithology" du saxophoniste Charlie Parker, ce qui amène à faire de ce solo l'un des plus renommés de l'histoire du scat jazz. Mais là où elle fait encore plus fort, c'est bien sur "Mack the Knife", le titre de fermeture du concert. Sur cette ballade qui évolue en swing, Ella mérite la reconnaissance de tout vocaliste (et autre) en particulier pour le simple fait d'avoir oublié les paroles d'origine de la chanson (d'où le terme "imperfections" que j'ai employé dans mon premier paragraphe et mis exprès entre guillemets) et improvisé un scat des plus efficaces, mais s'est aussi largement rattrapée en lançant ensuite des paroles inventées sur le coup avec la plus grande spontanéité. Et le public applaudit chaudement à répétition, pendant la prestation. Un détail qui ne saurait laisser froid les amateurs de ce style et qui n'ont pas encore jeté leur dévolu sur ce disque comme étant l'un des meilleurs live dans le domaine des chanteuses de jazz.

Ils doivent être bien peu cependant, car cet album est devenu un best-seller et a près de quarante ans après sa sortie été auréolé d'un Grammy Hall of Fame, variété de Grammy Award offerte aux albums sortis au moins vingt-cinq ans plus tôt et qui ont marqué l'histoire de la musique. Il a été édité sous différents exemplaires, plus ou moins enrichis. Nous sommes ici au panthéon des divas du jazz, il convient de s'incliner devant l'image d'Ella, de lever son chapeau ou sa casquette... En tout cas, respect total, Madame.

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   MARCO STIVELL

 
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- Ella Fitzgerald (chant)
- Paul Smith (piano)
- Jim Hall (guitare)
- Wilfred Middlebrooks (contrebasse)
- Gus Johnson (batterie)


1. That Old Black Magic
2. Our Love Is Here To Stay
3. Gone With The Wind
4. Misty
5. The Lady Is A Tramp
6. The Man I Love
7. Love For Sale
8. Just One Of Those Things
9. Summertime
10. Too Darn Hot
11. Lorelei
12. Mack The Knife
13. How High The Moon?



             



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