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DISNEY - Les Indestructibles (2004)
Par MARCO STIVELL le 21 Juillet 2018          Consultée 142 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Co-production DISNEY/Pixar.

Je vais vous avouer une chose. Pendant quinze ans, DISNEY ne m'a plus intéressé. Vrai de vrai ! Après Tarzan (1999) et, disons, jusqu'en 2014, je n'ai vu aucun film, ni en DVD - le nouveau format en vigueur, le meilleur - ni même au cinéma. Sauf Les Indestructibles, mais je ne savais alors même pas que c'était Pixar, ou ne m'en souvenais pas, et encore moins que Pixar était placé sous l'égide de DISNEY !

Pourtant, s'il y a une chose que le temps n'a pas altérée, c'est que The Incredibles/Les Indestructibles, cinquième production originale de Pixar en 2004, est mon film de super-héros favori. Une production grand-public avec un peu de classe (là où les Batman de Tim Burton sont des films classe et un peu grand-public), centrée sur une famille, père, mère et enfants, et leurs déboires avec un jeune fan du père (Mr Indestructible) qui a mal tourné. À l'époque, on est dans l'ère du Seigneur des Anneaux/Harry Potter, et côté DC/Marvel comics, on n'a véritablement que les X-Men et les Spider-Man de Sam Raimi, fort bien faits d'ailleurs aussi. C'était donc avant toute la vague Hulk/Iron Man/etc que les années 2010 ont fait exploser et abreuver les fidèles jusqu'à plus soif.

De toute la galaxie DISNEY / Pixar, c'est l'un des rares films (avec le futur Wall-E) pour lesquels je trouve la 3D indispensable et utilisée à bon escient. Brad Bird, le réalisateur du Géant de Fer (gros échec de Warner en 1999), fournit un projet d'autant plus personnel qu'il écrit le scénario et gère la réalisation. Et l'une des réussites proposées, loin d'être le cas pour tous les super-héros, c'est la bande son !

Déjà, le doublage : en V.O., pour Bob Indestructible, l'acteur Craig T. Nelson (Steve Freeling dans le Poltergeist de Tobe Hooper) ; pour sa femme Helen/Elastigirl, l'actrice Holly Hunter (La Leçon de Piano, etc) ; et pour Frozone, un Samuel L. Jackson tout trouvé. En France, on note la présence de Bruno Salomone (Buddy/Syndrome) et Laure Pester alias Lorie la chanteuse pour Violette, la jeune fille de la famille, mais parmi tous les bons doubleurs présents, aucun n'égale cette chère Amanda Lear, LA surprise gardée pour Edna Mode, la super-couturière. Du génie.

Un peu comme la B.O. de Michael GIACCHINO, qui auparavant se dédiait presque exclusivement aux musiques de jeux vidéos, la série Medal of Honor en particulier. C'est une première pour Pixar autant que DISNEY, mais très curieusement, cela ne se ressent nullement dans l'aspect global ! Car GIACCHINO tient à reprendre les choses là où Randy NEWMAN les avait laissées en 2001 avec Monstres et Cie, et donc, ça swingue à fond. La grosse ambiance festive en big band du générique d'intro passe agréablement, incluant un bon solo de sax alto, sur fond de course de voiture enfiévrée.

Il y a ensuite le générique de fin, sans chanson (le film n'en a pas du tout) et qui s'amuse sur un rythme à 5 temps tout en incorporant du mambo et des danses brésiliennes. On ne s'ennuie pas une seule seconde, pas plus que pour la première séquence du méchant robot sur l'île de Syndrome, tout aussi vitaminée musicalement que le début, puis quand Helen se change en hors-bord. Contrairement à Monstres et Cie, rien ne paraît scolaire ni fade ici, et pourtant il y a un long passage fait seulement de dialogues et de silences au début, preuve que GIACCHINO ne s'est pas forcé à remplir, et pourtant il y a des clins d'oeil évidents aux films noirs/policiers anciens. D'un niveau équivalent auparavant, il y avait Basil Détective Privé (1986), avec la partition d'Henry MANCINI.

Le caractère brillant des Indestructibles se retrouve donc à travers une bande originale de qualité, en accompagnement mais point trop discrète, suffisamment bien dosée pour imprégner les scènes sans prendre tout l'espace. Le meilleur moment reste sans doute l'infiltration de Bob dans la base de Syndrome, avec ces notes longues et tenues par les cordes, ces frottements et improvisations de percussions, y compris l'indispensable vibraphone jazz toujours bien placé. On parlait d'hommage aux films noirs et d'espionnage. Les mêmes éléments sont employés quand Elastigirl arrive sur l'île et suit le train pour infiltrer la base à son tour. Et pendant la course-poursuite avec Dash/Flèche, c'est du xylophone bien fun.

Quelques trompettes bouchées, harpes et flûtes trouvent leur place à travers les mélodies de GIACCHINO qui se démarque remarquablement de ses prédécesseurs en délaissant le mode lydien (gamme de do avec un fa dièse). Il préfère la gamme mineure harmonique, do-ré-mi-fa-sol-la bémol-si-do, celle qui était imposée dans les courants baroque/classique/romantisme, une époque où tout se devait d'être très carré et symétrique alors qu'elle génère, elle aussi, une dissonance importante (entre le la bémol et le si). Au moins, cela donne une autre couleur, et loin d'être triste, contrairement à ce que suggère le domaine mineur en général. De plus, c'est excellent, et puis GIACCHINO revient quand même un peu au lydien lors du retour de la famille en ville, avant la fin !

L'évidence de cette B.O. s'accorde joliment avec ce film très attachant. Elle est peut-être, dans son domaine jazz, ma favorite de DISNEY/Pixar avec Basil. Ah, et le thème féérique court d'Elastigirl au début... C'est comme son personnage : brillant !

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