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SCHONWALD - Abstraction (2020)
Par RICHARD le 1er Février 2021          Consultée 529 fois

Les passionnés des univers sombres savent pertinemment à quel point l'Italie tient une place primordiale dans la vitalité artistique de la sphère gothique. Cette importance ne date pas vraiment d'hier puisque dès le début des années 80, des groupes tels que les Romains de STYLE SINDROME ou NEON ont placé avec intelligence leur pays sur la carte des espaces noirs qui comptent. Près de quarante après, les choses ont peu évolué et dans ce sens, ce n'est pas du tout un mal. Les productions transalpines suscitent toujours cette même curiosité, cette même attention discrète et fidèle. A l'image des albums de GEOMETRIC VISION ou WINTER SEVERITY INDEX, ses contemporains, ceux de SCHONWALD, le duo originaire de Ravenne qui nous intéresse ici sont toujours attendus avec un plaisir non feint.

J'ai découvert Alessandra Gismondi et Luca Bandini en 2014 avec la sortie de Dream For The Fall, leur premier album qui sonnait comme un habile mélange de cold wave extrêmement rêche façon THE CURE époque Pornography et de shoegaze abrasif. C'était loin d'être inintéressant mais cette identité était tellement typée que l'on pouvait craindre la redite et un épuisement rapide de la formule. Ce fut malheureusement partiellement le cas avec les deux albums suivants. En effet, sans être fades, ils ne dégageaient que par moment cette addiction bienvenue qui fait que vous ne lâchez pas un groupe et ce malgré ses légers passages à vide. Avec Abstraction, SCHONWALD a donc devant lui un beau challenge à relever. Prouver qu'il compte et qu'il n'est pas de ce fait un énième combo sans âme dans une sphère qui devient malheureusement de plus en plus confidentielle.

Lorsque les dernières notes du conclusif "Fire Fire" se noient dans un son de synthé strident, l'auditeur peut être rassuré. Cette galette a de quoi plaire et elle se place rapidement dans la catégorie bonne surprise et futur plaisir durable.Il faut simplement juste un peu de patience car une écoute distraite laisserait à penser que cet album souffre d'un sentiment gênant d'homogénéité. Ce n'est pas le cas, mais seul le temps vous fera découvrir ces aspérités qui lui donnent tout son sel. Abstraction trouve à l'évidence sa force dans ce subtil équilibre qui se développe entre les notes tourmentées de Bandini et la voix sensuelle de Gismondi. Les Italiens s'ils n'optent pas que pour des brumes électriques britanniques prennent parfois leur source au meilleur des fontaines glacées. Il en va ainsi du réussi et angoissant "Echo's Dream" qui par ses vocaux pesants rappellera en plus dark wave SIOUXSIE ou DIAMANDA GALAS ou de ces guitares curesques qui dessinent le lancinant et minimal "Polar".

Ce ne seront que les seules concessions à ces modèles facilement repérables. Le reste n'appartient qu'à SCHONWALD et c'est tant mieux ! Le duo distillera ici et là des sonorités qui sous une trame éminemment froide laissent paradoxalement entrevoir comme une forme de chaleur, une sensation organique. Les effluves shoegaze de l'aérien "Violet" par ses discrets assauts électrifiés et la voix diaphane d'Alessandra créent ainsi une douce tension. Ce sera un peu le fil conducteur d'Abstraction. Aller au delà de l'éternel carcan revival Dream pop et essayer de casser en somme cette fatale routine. Le piano de l'introductif "Desert" ou les premières secondes d'"Inner Sin" qui évoquent un clavecin nocturne atteignent pleinement ce but. Les Italiens savent indéniablement soigner leurs ambiances. Leur palette propose avec précision des nuances de gris. Elles se font electro-post-punk comme sur le brûlant "Fall Apart»" ou élégamment tribales à l'image de "Passion Of Lover".

Absraction ne fait que confirmer la très bonne santé actuelle des univers sombres italiens. SCHONWALD a tissé avec patience une toile dans laquelle viendront se prendre émotions de feu et de glace. Belle réussite !

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   RICHARD

 
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Non disponible


1. Desert
2. No Return
3. Polar
4. Inner Sin
5. Fall Apart
6. Echoe's Dream
7. Passion Of Lovers
8. Reflex
9. Violet
10. Fire Fire



             



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