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Lucile MARCHAL - Vertical Ground (2020)
Par MARCO STIVELL le 3 Février 2021          Consultée 265 fois

Lucile, prénom le plus beau du monde (nul besoin d'un deuxième "l" avant le "e", ou de changer le "i" en "y"), apparaît rarement sur une pochette de CD. L'artiste présentée ici, Lucile MARCHAL, vient de Haute-Savoie (Chamonix), et fait de la musique depuis une bonne dizaine d'années. Elle est aidée dans son projet The TALKING TREES par des musiciens comme Clive Govinden (basse) et les frères Grandcamp, Jon (batterie, arrangements) et Jim (guitares).

Leur premier album Vertical Ground paraît en cette fin d'année 2020, un contexte bien peu propice, sans parler des concerts évidemment. Sur le plan esthétique, la musique en général est elle-même déjà bien mise à mal par une pop et un rap tout sauf authentiques, surprenants dans le bon sens ou intègres depuis quelques années. Alors une voix, féminine qui plus est, même passée dans l'écho ou doublée par elle-même régulièrement (marques de fabrique des chansons de Lucile MARCHAL), quand elle est simplement "vraie" et charmeuse, avec ce léger grain "soul" particulier, on ne peut que s'y raccrocher avec plaisir. Quand elle prend pour accompagnement une basse, une batterie et des guitares "brutes", cela ne fait qu'ajouter à l'envie de découvrir sa musique !

Lucile MARCHAL & The TALKING TREES propose une musique à mi-chemin du blues et de la folk, surtout folk selon les envies de la chanteuse. La dizaine de chansons proposées se base sur des schémas répétitifs, des riffs forts, des arpèges acoustiques, des mélodies de guitare à effet "slide" typiques de la musique américaine, une batterie qui à elle seule tisse les ambiances et une production qui aide bien en ce sens, chaleureusement concoctée par Emmanuel Gallet (ingé son), Jean Lamoot (mix) et Chris Athens (mastering). Influencée par le rock des années 90, grunge ou indé, Lucile MARCHAL préfère une dose raisonnable de saturation.

La première chanson ne livre pas les paroles les plus accueillantes ("Je ne sais plus quoi penser de toi, alors va-t-en !", en anglais dans le texte et comme partout ailleurs). Elle nous fait plonger dans une écriture dense quoique toujours ramenée à des formats courts (la durée de l'album n'excède pas les trois quarts d'heure), avec des instruments qui évoluent parfois librement mais toujours proches de la voix de Lucile MARCHAL. Les effets divers sur celle-ci – y compris des harmonies sensuelles en second plan et dont on se délecte -, sans rien enlever de son authenticité encore une fois, apportent le sel nécessaire ; la batterie comme les guitares, dont le travail reste formidable, enrichissent le songwriting.

Lancinante, profonde, envoûtante, la musique de Lucile MARCHAL & The TALKING TREES renforce son univers par des ruptures nettes comme "Vertical Ground" où la ballade folk à trois temps se change brusquement dès la fin du premier refrain en partie binaire et plus musclée, en modifiant ses choix d'accords. Le final de l'album, "Nothing More to Say", qui n'est pas sans rappeler parfois le meilleur de RADIOHEAD, comprend quelques claviers et délivre une longue introduction avant de laisser rentrer le chant. Une de ces complaintes nocturnes qui s'insèrent à merveille ici (tout comme "Off" et son excellente production sur les cymbales), aux côtés d'autres titres plus solaires comme "Twist of Mind" et son blues sautillant, ainsi que "Make You Proud" qui flirte avec la country.

Très homogène, ce premier disque tout à fait convaincant laisse cependant espérer pour l'avenir davantage de surprises, ne serait-ce qu'au niveau de la coloration des instruments, même extérieurs au groupe. On remarque ici d'ailleurs "Wild Smoke Rings", petit bijou que Lucile MARCHAL interprète seule à la guitare face à la lune, en toute modestie et en employant des vocalises sur le pont. Un procédé qui aurait bien gagné à revenir une (ou deux) fois au moins, quitte à allonger un peu le plaisir et la durée du disque !

Note réelle : 3,5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Lucile Marchal (chant, guitares)
- Jon Grandcamp  (batterie, arrangements)
- Jim Grandcamp   (guitares)
- Clive Govinden  (basse)
- Alexandre Millet  (claviers)
- Philippe Devin  (guitare électrique guest)


1. Magnetic Fields
2. Vertical Ground
3. Been There Before
4. Off
5. Roots
6. Twist Of Mind
7. Make You Proud
8. Wild Smoke Rings
9. Nothing More To Say



             



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