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2021 Euphories

VIDEOCLUB - Euphories (2021)
Par RICHARD le 4 Avril 2021          Consultée 367 fois

Écouter le premier album de VIDEOCLUB lorsqu'on a plus de 40 ans, c'est instantanément perdre comme par miracle la moitié de son âge, voire même un peu plus. C'est en effet s'intéresser simplement et sans démagogie aucune au monde des youtubeurs, à INSTA et à tous les réseaux sociaux qui ont remplacé les échanges de K7 des cours de lycée, l'excitation de la sortie physique d'une galette ou les anciennes bibles musicales type INROCKS ou BEST. L'instantanéité remplaçant pour le meilleur et le pire l'attente. Le monde proposé par ce très jeune et vraiment mimi duo nantais à la vie comme à la scène composé d'Adèle Castillon et de Matthieu Reynaud est un véritable bain de jouvence, une tentante promesse synthpop sur le papier de devenir un Dorian GRAY en forcément moins tragique.

Euphories, c'est donc une plongée plus que troublante dans les sonorités des années 80 fantasmées par un garçon et une fille qui n'ont même pas 20 ans. C'est une esthétique, une image gorgée de couleurs fluo, de boîtes à rythmes à foison et de claviers sucrés. C'est un retour à la doudoune CHEVIGNON, à la VHS et aux REEBOK PUMP. La démarche de VIDEOCLUB interpelle forcément. En ces temps de revival mercantile et de méfiance accrue sur tout et surtout sur rien, proposer 13 titres de cet acabit ne peut laisser indifférent. Il faudra juste mais en même temps si vous êtes sur ce site, c'est sans doute le cas, ne pas avoir d’œillères et encore moins se la jouer vieux blasé et ancien d'Indo revenu de tout.

VIDEOCLUB marque d'entrée un point. En effet à l'image de l'introductif "Amour Plastique" qui fait un véritable carton au Mexique (les mystères et les joies d'internet), le duo développe dès les premières secondes une mélodie simple et terriblement entêtante. Dans l'esprit, on croirait LIO (en moins faussement ingénue) qui rencontrerait THERAPIE TAXI (en obligatoirement moins trash). Les claviers ultrapuissants sont soutenus à la toute fin par une guitare new-wave du plus bel effet comme sur le chamallow et réussi "En Nuit". A l'instar de cette décennie que le groupe semble tant chérir, la légèreté musicale est de mise. Elle se matérialise par exemple à travers l'aérien tête dans les nuages "808", un titre rêveur purement instrumental. Ceci n'empêche pas les deux tourtereaux de développer une petite touche mélancolique qui leur va à vrai dire plutôt bien comme le souligne doucement l'émouvant (si si) "Enfance 80" qui évoque la sempiternelle peur de grandir.

Les plus sceptiques trouveront sans doute cet emballage par trop caricatural ou naïf mais le duo est jeune et nous l'avons tous été, non ? C'est vrai que parfois l’excès de glucose peut donner quelques caries et ce ne sont pas les claviers so cheap de "Petit Monde" qui nous éviteront un rendez-vous chez le dentiste. Les plus hermétiques quant à eux pourront peut-être même se gausser des textes qui leur rappelleront une forme de mix entre le KAMOULOX et "Vice Et Versa" des INCONNUS. Une oreille moins caustique entendra elle tout simplement, à l'image du dansant "Mai" ou de l'excellent "Roi", des mots simples qui parlent naturellement aux plus jeunes mais aussi à des auditeurs plus âgés. En effet, l'universalité des thèmes abordés (l'amour, l'amitié, le doute, l'espoir...) crée indubitablement quelques échos qui ne sont pas nécessairement que nostalgiques.

S'il doit y avoir un mais, une légère réticence, elle vient sans aucun doute de la sensation de linéarité qui irrigue la plupart des ambiances. Il est en effet parfois difficile de distinguer un morceau d'un autre (les jumeaux "Suricate" et "SMS"). Ce sentiment pour certains se voit conforté encore plus par le timbre de voix des deux protagonistes. Elles sont toujours en effet sur la même ligne, comme monocordes. La voix de Mathieu officiant quasiment dans le genre spoken word neutre à souhait se marie pourtant plutôt bien avec celle d'Adèle bien plus boudeuse et parfois frondeuse. Ce ne sont pas de grandes et puissantes voix mais (toute proportion gardée évidemment) celle de DAHO ou MIOSSEC par exemple non plus et je les trouve particulièrement intéressantes.

Euphories au final s'avère un album d'électro-pop agréable dont la simplicité addictive des mélodies et le capital de sympathie dégagé par le duo suscite un véritable intérêt. A suivre donc, vraiment.

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   RICHARD

 
  N/A



- Adèle Castillon (chant,clavier)
- Matthieu Reynaud (chant,guitare,clavier)


1. Amour Plastique
2. Euphories
3. Suricate Odz
4. Enfance 80
5. Mai
6. Trois Jours
7. Roi
8. Polaroids
9. En Nuit
10. What Are You So Afraid Of
11. Petit Monde
12. 808
13. Sms



             



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