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2020 Burn
 

- Style + Membre : Dead Can Dance

Lisa GERRARD - Burn (2020)
Par AIGLE BLANC le 14 Août 2021          Consultée 556 fois

En cette difficile année 2021, Lisa GERRARD livre Burn qui n'est pas moins que son neuvième effort studio, si l'on excepte la quinzaine de B.O de films auxquels elle doit sa célébrité, la plupart des auditeurs l'ayant remarquée à partir de la musique du film Gladiator de Ridley Scott, qu'elle co-signait avec Hans ZIMMER, domaine, admettons-le, dans lequel son talent s'exprime avec le plus d'évidence.
A cette carrière des plus prolifiques, il faut ajouter ces dernières années ses participations prestigieuses, quoique plus discrètes, aux MYSTERE DES VOIX BULGARES (Boocheemish, 2018), aux deux albums (Diaries of Hope, 2013 et Melodies of My Youth, 2019) de Zbigniew PREISNER (compositeur attitré des films de Krzysztof Kieslowski, et notamment de la célèbre trilogie Bleu, Blanc, Rouge), sans oublier la dernière version en date (2020) de la sublime Symphony No3 (dite Symphony of Sorrowful Songs) de Henryk GORECKI avec l'orchestre bulgare Genesis Orchestra, dont Lisa GERRARD assume le poste de soprano soliste, succédant ainsi à la bouleversante Dawn Upshaw.(version de 1992) et à la surprenante Beth Gibbons (version de 2019).

Sa carrière solo, commencée en 1995, avec l'album The Mirror Pool, en raison des divergences artistiques de plus en plus prégnantes avec Brendan Perry, son partenaire au sein de leur illustre formation initiale DEAD CAN DANCE, lui a valu l'immense consécration qu'on lui connaît, déclenchée sur la foi d'un seul disque, la B.O devenue culte de Gladiator de Ridley Scott. Jusqu'alors secret le mieux gardé des fans de DEAD CAN DANCE, sa voix extraordinaire était enfin révélée au grand public tombé littéralement en pâmoison à l'écoute de son chant aux influences byzantines, grave et aérien à la fois, et d'une puissance émotionnelle rare. Logiquement, les cinéastes se sont bousculés pour solliciter son talent capable à lui seul de faire vibrer toute une salle de cinéma, aubaine dont ils auraient tort de se priver quand la puissance, toujours plus décuplée par la technologie numérique, de leurs images ne suffit plus malheureusement à rassasier un public forcément plus blasé par la surrenchère des effets spéciaux.
N'ayons pas peur de le répéter : Lisa GERRARD détient l'une des voix les plus extraordinaires de l'histoire musicale, un trésor et un don inestimables. Une voix aux résonnances émotionnelles abyssales, capable de liquéfier n'importe quelle personne sur place, et dont le registre exceptionnel de contralto dramatique couvre deux octaves. Ce qui la rend unique n'est pas forcément la magie de son organe vocal, c'est de l'avoir répandu dans la sphère goth-rock durant les années au sein de DEAD CAN DANCE, avant d'en irriguer les canaux de la World Music, contribuant indéniablement à ouvrir le grand public aux musiques d'ailleurs, pied-de-nez à la dictature de la musique populaire occidentale qui ne jurait auparavant que par la scène pop-rock anglo-américaine. Après leur rupture, son ex-partenaire Brendan Perry, bien que jouissant d'un fort bel organe vocal et ayant contribué lui aussi à l'ouverture des mélomanes aux autres cultures musicales, n'a pas joui de la même consécration, restant cantonné à un auditoire nostalgique de DEAD CAN DANCE. Sa discographie en solo est loin d'étaler une égale productivité (deux albums seulement en 23 ans de carrière) si l'on excepte quelques participations au côté de Hector ZAZOU.

Si l'importance d'un artiste se mesure au nombre d'autres artistes qu'il a inspirés ou influencés, alors Lisa GERRARD est une grande interprète ayant ouvert la voie probablement aux chanteuses goth-metal qui se sont mises à occuper le devant d'une scène jusqu'alors majoritairement masculine. C'est ainsi qu'elle doit demeurer un modèle pour les chanteuses des groupes NIGHTWISH, WITHIN TEMPTATIONS, THE GATHERING etc.

Que les fans de Lisa GERRARD se rassurent : Burn suit les traces des précédentes offrandes de la diva, démonstration de ses prouesses vocales autant qu'interprétatives. Du point de vue technique, c'est un sans-faute, si tant est que l'on soit adepte du son new-age/world music, ADN de son identité musicale depuis The Mirror Pool : la voix mixée en avant ("Heleali", "Do So Yol") ou réverbérée ("Noyalain", "Aldavyeem"), a cappella (l'ouverture de "Heleali", "Keson") ou soutenue par des choeurs ("Noyalain", "Do So Yol"), elle confie encore une fois l'instrumentation à un partenaire claviériste. Il y a eu Pieter Bourke (Duality, 1998), Patrick Cassidy (Immortal Memory, 2004). Burn la voit accompagnée cette fois par Jules Maxwell qui assure comme d'habitude les claviers, tandis que James Chapman, en plus de la production, se charge quant à lui de la batterie et des percussions ("Heleali", "Deshta", "Do So Yol"), autre élément central dans la musique de Lisa GERRARD qui garde depuis ses origines une très forte empreinte tribale, produit de sa fréquentation d'une communauté d'aborigènes lors de ses jeunes années en Australie.

Malgré tous les talents réunis ici, l'album ne marque pas durablement les esprits, constat mitigé comme c'était le cas de la plupart de ses opus antérieurs auxquels manque l'étincelle apte à embraser les conduit auditifs. Ne nous méprenons pas : en l'état, Burn possède les atouts requis pour conquérir le coeur des fans de la diva, et il est impossible de ne jamais sentir vibrer au détour d'un titre son épine dorsale, tant les compositions sont belles et lumineuses, irradiées par le chant de Lisa, intact depuis toutes ces années.
Son problème est celui des artistes à la forte identité musicale, comme ENYA, qui ne déçoivent jamais leurs fans, mais ne rameutent non plus jamais de nouveaux adeptes, par le choix qu'ils adoptent (à moins que ce ne soit la crainte de l'inconnu ou la peur de sortir des sentiers battus) de tracer inlassablement le même sillon, chaque album ressemblant comme deux gouttes d'eau à son prédécesseur. La recette initiale est bonne, voire excellente, mais finit par lasser en l'absence de développement un tant soit peu aventureux.
Avec ses ressources vocales incroyables, pourquoi Lisa GERRARD ne tente-t-elle pas plus souvent d'explorer le registre pop? Pourquoi des groupes de metal symphonique ne font-ils pas quelquefois appel à elle? Dans un registre qui durcit le ton, sa voix et son chant pourraient écraser la pourtant rude concurrence des Anneke van Giersbergen et autres Liv KRISTIN ou Floor Jansen.

En réalité, Lisa GERRARD est une interprète exceptionnelle, mais une songwriter assez limitée. (Son ex-partenaire Brendan Perry était quant à lui le véritable 'génie' de DEAD CAN DANCE). Aucun de ses albums en solo n'égale donc le plus médiocre des disques de sa formation initiale.

Si Burn était le premier album de Lisa GERRARD, il mériterait sans doute la note 4/5, mais après plus de 20 ans de carrière et pléthore d'albums similaires parus avant lui, il mérite la note sévère de 2,5/5.

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   AIGLE BLANC

 
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- Lisa Gerrard (chant)
- Jules Maxwell (claviers)
- James Chapman (production, batterie et percussions)
- David Kuckhermann (percussions additionnelles)


1. Heleali (the Sea Will Rise)
2. Noyalain (burn)
3. Deshta (forever)
4. Aldavyeem (a Time To Dance)
5. Orion (the Weary Huntsman)
6. Keson (until My Strength Returns)
7. Do So Yol (gather The Wind)



             



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