Recherche avancée       Liste groupes



      
FOLK  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


Jackson BROWNE - Downhill To Everywhere (2021)
Par MARCO STIVELL le 3 Septembre 2021          Consultée 499 fois

À une heure où la protest-song classique est peu soutenue par les médias si elle n'est pas branchée ou hip-hop, où les anciens 'jeunes premiers' héros de la chanson pop-rock et folk américaine s'en vont les uns après les autres (Tom PETTY en 2017 parmi les départs les plus marquants), Jackson BROWNE fait un beau retour et très significatif avec Downhill to Everywhere, son premier album de septuagénaire (72 ans) et espacé de sept années par rapport au prédécesseur Standing in the Breach (2014).

Comme d'habitude depuis trente ans, l'ensemble est enregistré à Groove Masters (Santa Monica, Los Angeles), studio dont BROWNE est propriétaire depuis 1990, mais l'ingé son historique, Paul Dieter, n'est présent que pour trois titres, Kevin Smith se réservant l'essentiel de ce qui reste. Musicalement parlant, c'est toujours la même équipe inchangée ou presque depuis vingt ans (Alethea Mills, Greg Leisz, Jeff Young, Marc Goldenberg...), voire plus pour certains comme le batteur Mauricio Lewak (arrivé en 1998) et surtout le vétéran bassiste Bob Glaub, fidèle depuis 1980. Le tout couronné de quelques interventions de 'requins' comme Russ Kunkel ou Waddy Watchel.

Le nom de Jackson BROWNE, en dehors des grands succès passés, demeure donc synonyme de stabilité et de liberté artistique tout en prenant son temps (bien loin d'un Neil YOUNG surproductif de ce point de vue) et en gardant une ambiance familiale. Pourtant, le singer-songwriter a adopté depuis la fin des années 80 une attitude plus politique et engagée dans son écriture et il trouve beaucoup à dire actuellement d'un point de vue écologique. La pochette avec le cimetière de cargos et chalutiers est une manière subtile d'accompagner visuellement la chanson "Downhill to Everywhere", sur la pollution des océans : do you think of the ocean as yours? Les guitares transmettent la nervosité et si le verbe n'est pas fin, au moins il est éloquent.

Outre les désillusions déjà évoquées, il y a dans ces nouveaux textes et musiques le discours d'un homme qui appartient à un tout autre temps, où même les malheurs pouvaient encore se diluer dans l'insouciance, le plaisir et l'espoir des années hippie. Downhill to Everywhere n'est sans doute pas destiné à être écouté par une génération massive de jeunes munis de leurs smartphones en permanence. Sans parler de chef d'oeuvre, il est cependant recommandé à tout amateur de messages forts et de belle musique ; notez que cette dernière formulation des plus simples - mais sincère - n'a elle aussi rien à voir avec le 'bon son' régulièrement employé de nos jours, en sachant que le 'bon son' d'avant est celui que l'on entend encore jaillir de studios comme Groove Masters pour des albums comme Downhill to Everywhere. C'est heureux !

Ces quelques cinquante minutes de songwriting plein de bonne conscience et de petits plaisirs par un vieux routier marquent à leur façon positive l'époque difficile à tous les niveaux humains, non plus seulement politiques. La production 'live' chaleureuse et ample, le piano sobre de BROWNE et bien sûr sa voix toujours 'jeune', les orgues ronronnants de Jeff Young, les lap-steel et six-cordes slide ou tremolo de Greg Leisz et des autres guitaristes qui se succèdent, les choeurs féminins doucereux d'Alethea Mills et Chavanne Stewart sont autant de critères qualitatifs dont un gourmet en musique peut se délecter. Les chansons prennent leur temps, elles aussi, Jackson BROWNE laisse souvent ses guitaristes s'exprimer par des solos. Des recettes connues qui sont toujours à saluer.

On retient un beau chapelet de ballades folk suaves, introspectives ou engagées comme "A Human Touch" (superbe duo avec la Newyorkaise Leslie MENDELSON, artiste établie depuis 20 ans), "A Little Soon to Say" et "Still Looking for Someone". En dehors du morceau-titre, l'impression de sérénité musicale contraste avec les mots choisis même pour un titre comme "Until Justice is Real" qui s'en prend ouvertement au gouvernement américain de l'ancien président et ses ingérences sociales, pour rester poli.

Les mid-tempos californiens en bonne et due forme côtoient une paire de morceaux plus exotiques où Jacksone BROWNE, bien épaulé par ses deux choristes, s'adapte un peu aux langages locaux lors des refrains : créole sur "Love is Love" (qui pourrait bien parler d'Haïti), espagnol castillan sur "The Dreamer" qui narre l'histoire d'une maman mexicaine ayant franchi la frontière où elle a ensuite été reconduite ; enfin, pour conclure sur une note plus positive, catalan sur le chaloupé et festif "a Song for Barcelona" où BROWNE a vécu quelques temps. Un disque intègre, valeur sûre et précieuse, à l'image de l'artiste, et que l'on savoure d'un bout à l'autre.

A lire aussi en FOLK par MARCO STIVELL :


MARIPOL
...chante Sa Bretagne Et La Mer (1969)
Spécial Semaine Boîte à Demandes !




Hugues AUFRAY
Garlick (1972)
Album méconnu, et pourtant...


Marquez et partagez







 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jackson Browne (chant, piano, guitares, vihuela)
- Leslie Mendelson (chant)
- Mauricio Lewak, Pete Thomas (batterie)
- Russ Kunkel, Jay Bellerose (batterie)
- Bob Glaub, Davey Faragher (basse)
- Jennifer Condos (basse)
- Val Mccallum (guitares, choeurs)
- Marc Goldenberg, Waddy Watchel (guitares)
- Greg Leisz (guitare électrique, lap steel)
- Jeff Young (orgue hammond, piano, choeurs)
- Jason Crosby (piano)
- Patrick Warren (claviers)
- Alethea Mills, Chavanne Stewart (choeurs)
- Deante Duckett (choeurs)
- Raúl Rodriguez (percussions)


1. Still Looking For Something
2. My Cleveland Heart
3. Minutes To Downtown
4. A Human Touch
5. Love Is Love
6. Downhill From Everywhere
7. The Dreamer
8. Until Justice Is Real
9. A Little Soon To Say
10. A Song For Barcelona



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod