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Jimmy MCGRIFF - Electric Funk (1970)
Par DERWIJES le 3 Novembre 2021          Consultée 225 fois

Jimmy McGRIFF aurait pu faire carrière dans la police. Il patrouille les rues de Philadelphie depuis deux ans déjà, mais il pense souvent à son ami d’enfance, un certain Jimmy SMITH qu’il retrouve chez son disquaire, son visage sur les pochettes des albums qu’il sort chez Blue Note. L’agent McGriff aimerait bien faire de la musique, lui aussi, mais porter l’uniforme est une source de revenues plus sûr que de se livrer à sa passion. L’histoire aurait pu s’arrêter là et ressembler à tant d’autres récits d’anonymes aux espoirs abandonnés, s’il n’était pas parti assister au mariage de sa sœur. Car à la réception joue un organiste, et pas n’importe lequel : Richard « Groove » HOLMES. Si McGriff jouait quelques instruments dans sa jeunesse, notamment du piano et du saxophone, c’est le coup de foudre avec l’orgue. Ça y est, sa décision est prise ! Il parvient à convaincre Mister Groove de lui apprendre tout ce qu’il sait et après six mois d’entraînement intensif il s’inscrit à la Juilliard School de New-York pour y suivre un apprentissage plus pointu.

De retour à Philadelphie il écume les scènes de concerts avec différents groupes et se fait petit à petit une place dans la scène locale, jusqu’à parvenir au Graal de tout musicien amateur : une chance d’enregistrer ! C’est un petit label du coin, Joe Lederman’s Jell Records, qui lui propose d’enregistrer une reprise de "I Got A Woman" de Ray CHARLES. Rien de bien important, mais contre toute attente sa version va attirer l’attention des disc-jokeys de la région qui vont la jouer régulièrement, attirant ainsi l’attention de plus gros producteurs qui vont lui donner sa chance. Entre 1962 et 1969 il va enregistrer pas moins de dix-neuf albums ! Jouant d’abord du blues-jazz, il va tranquillement suivre le cours de la mode et se laisser aller au soul-jazz vers la fin des sixties. Après une courte pause en 1972 pendant laquelle il s’essaya à la vie de fermier, il joua et enregistra non-stop jusqu’en 2002, avant de nous quitter en 2008 à 72 ans.

Evidemment la pochette attire l’œil. Pour ceux qui veulent se rincer l’œil avant de profiter de la musique, allez profiter de celles de Soul Sugar, Groove Grease et Black and Blue, nettement plus…funky ! Les gars de chez Blue Note ont eus le nez creux en misant sur ce genre de musique à l’époque.
Avec une équipe composée de Blue MITCHELL à la trompette, de Stanley TURRENTINE au saxophone ténor, d’Horace OTT au piano électrique, de Chuck RATNEY à la basse et de Bernard PURDIE à la batterie, le sextet n’est pas du genre à faire dans la dentelle et "Back on the Track" nous fait prendre le train en marche alors que le groupe à déjà posé son groove et le développe. Des neuf pistes du disque, cinq sont d’Horace d’Ott, trois de Jimmy McGriff et la dernière est une reprise de "Spinning Wheel", morceau qui s’adapte parfaitement à ce style. Le point commun entre chacun de ces morceaux est qu’ils ne laissent aucun, mais absolument aucun répit à l’auditeur. C’est comme la bande-son d’un film de Blackxploitation, mais un sans moment romantique ou tragique, que de la pure cool-attitude 100% seventies. On s’attend à voir Shaft sortir de sa stéréo lorsque retentit "Chris Cross" et Pam GRIER s’inviter pendant "Miss Poopie". Puis il y a le riff de "Bird Wave" (hommage à Charlie PARKER), suivi du "Spear for Moondog" en deux parties, la deuxième est la meilleure, c’est du James BROWN sans le chant. "Tight Times" calme un petit peu le jeu le temps de se rafraîchir tout d’un coup, il fait chaud tout d’un coup non ? "Spinning Wheel" n’est pas très surprenante mais c’est un classique, comme voulez-vous ne pas danser dessus, ce riff est juste imparable. "Funky Junk" pour terminer, c’est la certitude de se fatiguer les mollets une dernière fois pour ceux qui n’ont pas encore assez transpiré.

C’est ce que l’on appelle un disque efficace. Il nous promet du funk électrique et pendant trente-deux minutes et treize secondes c’est ce qu’il nous donne. L’ensemble est solide, cohérent et jouissif, avec un bon équilibre entre la première moitié du disque qui fait la part belle à des solis de guitare et la seconde moitié qui laisse les instruments à vents s’exprimer. Ce disque a été recommandé par notre lecteur François dans la Boîte à Demandes, ce qui fait une belle morale à tous les enfants qui nous lisent : suivez toujours les conseils des inconnus ! Non, attendez, ce n’est peut-être pas ça…

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   DERWIJES

 
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- Jimmy Mcgriff (orgue électrique)
- Blue Mitchell (trompette)
- Stanley Turrentine (saxophone ténor)
- Horace Ott (piano électrique)
- Chuck Rainey (basse)
- Bernard Purdie (batterie)


1. Back On The Track
2. Chris Cross
3. Miss Poopie
4. The Bird Wave
5. Spear For Moondog Part 1
6. Spear For Moondog Part 2
7. Tight Times
8. Spinning Wheel
9. Funky Junk



             



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