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TIFFANY POLLACK & CO - Bayou Liberty (2021)
Par LE KINGBEE le 25 Novembre 2021          Consultée 204 fois

Tiffany POLLACK (aucun lien avec Sydney Pollack réalisateur de "Jeremiah Johnson" et "Tootsie") n’en est pas à son coup d’essai. Elle avait enregistré un single en 2018 suivi de l’album "Blues In My Blood", album gravé en compagnie d’Eric Johanson et passé totalement inaperçu chez nous pour cause de pandémie, mais l’opus avait récolté quelques récompenses aux States. Cette seconde galette devrait connaitre un meilleur sort, il faut dire que la Nouvelle Orléanaise peut s’appuyer sur un producteur de renom en la personne de l’harmoniciste John Nemeth.

Tiffany POLLACK dispose d’un parcours assez chaotique. Abandonnée dès sa naissance, elle atterrit dans une famille adoptive qui la considère comme de la famille. Elle passe son enfance à Slidell entre le Lac Pontchartrain et le bayou d’Honey Island. Par le biais d’Oncle Charles, l’homme qui a longtemps fait office de papa d’adoption, elle s’oriente très tôt vers la musique. Elle intègre en 2007 le groupe Beaucoup Crasseux et enchaine dans de multiples formations (The Round Pegs, Hugh Voltage, The Consortium Of Genious) passant par différents registres allant du Jazz au Folk Alternatif jusqu’au Métal. Quand elle ne joue pas, elle accumule tout un tas de petits boulots ambulancière, cosmétologue, et même croque-mort. Grâce à son père adoptif, elle se reconnecte avec une partie de sa famille biologique, découvrant qu’une de ses grand-mères était chanteuse d’opéra et pianiste. Les chats ne font pas des chiens, comme l’annonce l’expression.

Enregistré à Memphis à l’Electraphonic Studios, lieu prisé par Don BRYANT, Cyndi LAUPER et les Bo-Keys, "Bayou Liberty" s’ouvre sur "Spit On Your Grave", un Blues lent et crasseux, l’harmonica de John Nemeth nous expédie en plein cœur des marais. Gare au crapaud-buffle et à l’alligator! Changement de cap avec "Colors", titre qui prend des chemins de traverse entre la Soul et l’Americana. Troisième titre et énième revirement avec l’impertinent "Crawfish And Beer", aux paroles parfois crûes, qui se situe entre Rag et Hokum ; si Tiffany se montre expressive au micro, elle excelle également dans la pratique de l’ukulélé, alors que le sax et la basse permettent au titre de prendre un peu de rondeur.

Pollack ne sait décidément pas rester les deux pieds dans le même sabot. Avec le renfort d’une pedal steel, on pourrait croire que "Mountain" sort tout droit d’un disque d’Emmylou HARRIS. De la bonne Country seventies sans la moindre once de superflu. C’est encore un virage à 180 degrés que prend la chanteuse avec "My Soul My Choice", un vrai morceau de Soul NOLA avec rugissements de sax, une rythmique gardienne du temple et une chanteuse qui monte en fulgurance. Le ton monte d’un cran avec "Devil And The Darkness", les grondements du saxophone et une guitare qui monte en gamme nous renvoient vers un Blues bien Trash entre ZZ TOP et les CRAMPS.

Si elle change souvent de cap, Tiffany POLLACK a assez de métier pour savoir laisser reposer la vapeur le moment venu. Avec son intro trompeuse à l’ukulélé "Sassy Bitch" se déguste comme un superbe morceau de Soul NOLA avec Christopher Johnson époustouflant au saxophone, tandis que la rythmique contribue sans en avoir l’air à instaurer un climat plein de torpeur. On retrouve encore de l’ukulélé sur "I'm Going to Make You Love Me", une chanson d’amour qui oscille entre Rag, Blues et Hokum pour déboucher sur une entrainante pièce d’Americana. L’ukulélé est encore de la partie sur "Hourglasses", titre qui pourrait très bien sortir du répertoire de Van MORRISON ou Joni MITCHELL. Si le sax apporte un cachet bien groovy, les guitares et le chant diffusent un décor légèrement mélancolique, juste ce qu’il faut. Impression presque similaire avec "Baby Boys", la pedal steel d’Eric Lewis tisse une toile nostalgique évoquant le regretté Buddy Cage, tandis que son association avec l’ukulélé renvoie vers le registre New Grass cher à UNCLE EARL. Retour vers de la Soul Nola avec "Livin’ For Me" porté par la lourdeur du sax et une rythmique répétitive qui devient par la force des choses vite obsédante. Un titre qui pourrait s’inscrire dans un disque de Nicole WILLIS. Enfin, en clôture d’album "Do It Yourself" pourrait servir de synthèse au répertoire de la chanteuse, le titre navigant entre Americana, Mardi-Gras et Blues Rock avec percussions plus tribales et un solo de guitare qu’on aurait aimé plus long.

Bonne chanteuse dont le charisme doit peser sur scène, Tiffany POLLACK délivre ici un opus particulièrement convaincant. Les racines louisianaises de la dame sont clairement palpables, il faut juste qu’elle catalyse cet éclectisme qui risque d’agacer certains puristes. Un dernier petit mot, mais la pochette peut donner envie d’aller faire quelques brasses dans les bayous. A cheval entre Americana, Blues et Soul ce disque sera classé sur l’étagère du Blues, rayon qui résume le mieux le répertoire de la chanteuse et principalement en raison de la sonorité du sax. Note réelle 3,5.

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   LE KINGBEE

 
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- Tiffany Pollack (chant, ukulélé, slide)
- Brandon Brunious (guitare)
- Stoo Odom (basse)
- Eric Lewis (pedal steel)
- Christopher Johnson (saxophone)
- Ian Petillo (batterie)
- John Nemeth (harmonica 1)


1. Spit On Your Grave
2. Colors
3. Crawfish And Beer
4. Mountain
5. My Soul My Choice
6. Devil And The Darkness
7. Sassy Bitch
8. I'm Gonna Make You Love Me
9. Hourglasses
10. Baby Boys
11. Livin' For Me
12. Do It Yourself



             



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