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BLUES-ROCK  |  DVD

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VHS/DVD/BLURAYS

1990 Live In Yokohama
 

- Style : The James Gang
- Style + Membre : The Who , John Entwistle , Emerson, Lake & Palmer, Eagles, Steely Dan, The Doobie Brothers

The BEST - Live In Yokohama (1990)
Par MARCO STIVELL le 4 Avril 2022          Consultée 462 fois

The BEST, comment dire ? Il n'y a pas de nom de groupe plus passe-partout, et à la fois plus représentatif. Pensez un peu, John Entwistle (The WHO), Keith Emerson (The NICE, EMERSON LAKE & PALMER), Joe Walsh (JAMES GANG, EAGLES), Simon Phillips (Mike OLDFIELD, The WHO), quatre pointures énormes qui se réunissent avec le militaire-musicien Jeff 'Skunk' Baxter (STEELY DAN, The DOOBIE BROTHERS) pour aller jouer quelques dates au Japon ! Le tout en emmenant trois choristes et un chanteur presque parfaitement inconnu : Rick Livingstone, qui a fait simplement partie d'AGENT, groupe AOR dont 'Skunk' avait produit le premier album en 1986.

Un DVD tout ce qu'il y a de plus spartiate pour le seul document témoin qui prouve qu'une telle formation a bel et bien existé : pas de menu, pas de bonus ni de chapitrage, rien ! La musique pendant une heure trente règlementaire, quelques interviews courtes de chaque musicien placées à la suite entre le premier et le second titre, c'est bien tout, et cela suffit. Ce Live in Yokohama est un secret plus ou moins bien gardé depuis le 26 septembre 1990, en tout cas il vaut le détour, et ce n'est sans doute pas le public japonais, parmi les meilleurs de la planète, qui dira le contraire.

C'est-à-dire qu'entre Joe Walsh qui a considérablement chargé la mule et le survolté Keith Emerson qui vit ses dernières années de jeu virtuose sans être contrarié par des problèmes de santé, il y a un monde, un océan (pour de vrai). Et on se demande bien comment tant de fortes personnalités vont pouvoir mener cette barque sans trop se renverser - c'est arrivé, mais après le concert heureusement (vous pensiez vraiment qu'ils pouvaient durer ensemble, ces BEST ?)... C'est bien simple, car aussi différentes que soient leur carrière, une chose les lie à peu près tous : le blues, le blues-rock. Et pourtant, au comble de l'ironie, le concert est introduit par un trio de cornemuses écossaises ! Ce sont en fait les trois frères Richardson, du groupe australien BROTHER et qui font aussi les choeurs pour la suite !!

Walsh, Livingstone et les choristes interprètent ensuite a-cappella le très court "7 Bridges Road" dans un esprit folk pour le moins séduisant, bien dans l'esprit EAGLES sans les instruments. La fin du concert, sur "Takin' It to the Streets" des DOOBIE BROTHERS qui prend une tournure gospel, se révèle toute aussi forte sur le plan vocal. Même en jurant un peu avec son look AOR/hair-metal, par rapport aux autres, Livingstone fait un très bon job et on sent combien ce concert est une aubaine pour lui. Il joue aussi un peu de flûte et des timbales pour l'émouvante "Too Late the Hero", ballade d'orfèvre chantée par John Entwistle, extraite de son album éponyme et commun avec Joe Walsh quelques dix années plus tôt. Ce dernier laisse 'Skunk' Baxter faire les solos sur ce titre.

Walsh reprend ensuite ses droits sur "Life in the Fast Lane" des EAGLES (pas le choix le plus évident de l'album Hotel California, on en conviendra !) et sur son titre solo "Rocky Mountain Way" aux fragrances blues 70's détendu si fortes, talk-box comprise pour le solo. Le reste du temps, la set-list se partage entre deux ou trois morceaux prélevés dans les carrières de chacun (sauf Phillips et Livingstone), STEELY DAN gardant la part du lion avec trois titres : "Rikki, Don't Lose That Number" pour le style latin-pop, "Bodhisattva" et "Reelin' in the Years" pour le versant blues/boogie-rock. Une façon de varier les plaisirs tout en décuplant celui provoqué par la façon dont les musiciens interagissent entre eux, se complètent... Pour ça, rien à redire : ça groove, ça pulse, c'est l'éclate et même 'Skunk' qui joue assis la plupart du temps finit par décoller sur "Reelin'" !

Alors que STEELY DAN est une très bonne rampe de lancement depuis le blues-rock et la pop vers des arrangements plus ambitieux, c'est bien entendu la partie angliche qui mène le jeu de côté. Notez que Simon Phillips a droit à son solo de batterie, même s'il n'est pas noté sur la set-list ; hélas, malgré de très bonnes idées, cela reste un solo traditionnel de batterie... seule ! En revanche, grâce à Keith Emerson, présenté par Entwistle comme le plus grand claviériste du monde, la musique du concert se corse à un point incroyable. Si Phillips connaissait grâce à Mike OLDFIELD une expérience progressive assez forte, la jouissance de voir s'y plier des musiciens comme John 'Thunderfingers' ou bien les deux Américains guitaristes n'est pas une mince affaire.

"Fanfare for the Common Man" est peut-être présenté ici sous sa meilleure version (sans rien enlever au talent d'EMERSON LAKE & PALMER), rien que pour cela. Voir Walsh s'envoler littéralement ou Entwistle s'amuser sur une seule corde, il y a de quoi donner le sourire. Pareil ensuite après le solo de piano d'Emerson, quand celui-ci fait chauffer son énorme Moog, quand le groupe rend hommage par des citations à Dave BRUBECK ("Blue Rondo à la Turk"), NikolaÏ RIMSKY-KORSAKOV ("Vol du Bourdon") et Jean-Sebastien BACH ("Toccata et fugue"). On a un vrai groupe de tueurs et la folie d'Emerson permet à tout le monde de s'extraire momentanément du bluuuuuuues, quitte à faire vomir les puristes.

Quant à Entwistle/Thunderfingers, si "My Wife" n'est pas le moment le plus mémorable malgré les apports du lutin au piano (Elton JOHN, plus proche des WHO à l'époque, aurait fait tout aussi bien), on peut dire qu'il en bénéficie également sur son mythique "Boris the Spider" joué plus rapide. Emerson a dû lui souffler d'inclure cette incartade ô combien appréciable du Sacre du Printemps de Igor STRAVINSKY, à travers la rythmique échevelée des "Augures printaniers", qui a fait couler tant d'encre et de sang en 1913. Mais "Boris the Spider" est une chanson horrifique, donc ! L'avion s'est posé en Europe de l'Est, alors qu'il avait commencé dans le soleil couchant californien. Cela donne une bonne idée de cette petite heure et demie bien remplie, parfaitement iconoclaste, et qui convie tout musicien rock amateur de ne pas trop s'accrocher à ses acquis, se taire et apprécier un spectacle haut en couleurs. Rien de très visuel, juste musical !

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   MARCO STIVELL

 
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- Keith Emerson (piano, claviers)
- Simon Phillips (batterie)
- Joe Walsh (guitare, chant, talk box)
- Jeff 'skunk' Baxter (guitare)
- John Entwistle (basse, chant)
- Rick Livingstone (chant, flûte, timbales)
- Angus Richardson (choeurs, cornemuse)
- Fergus Richardson (choeurs, cornemuse)
- Hamish Richardson (choeurs, cornemuse)


1. 7 Bridges
2. Life In The Fast Lane
3. My Wife
4. Bodhisattva
5. Fanfare For The Common Man
6. Rikki, Don't Lose That Number
7. Rocky Mountain Way
8. Too Late The Hero
9. Keith Emerson Solo
10. Boris The Spider
11. Reelin' In The Years
12. Takin' It To The Streets



             



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