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BIFFY CLYRO - Blackened Sky (2002)
Par DENKO le 7 Décembre 2007          Consultée 2517 fois

Les débuts d’un groupe suivent toujours ou presque le même schéma : soit ce n’est vraiment pas terrible mais on sent un potentiel, soit c’est vraiment super bon. Classons tout de suite Biffy Clyro dans la deuxième catégorie. Bien que souvent critiqué, Blackened Sky est une véritable petite perle. Ne surfant sur aucune vague, le disque sort dans un relatif anonymat en mars 2002. On pourrait qualifier la musique des Ecossais comme étant une sorte de « Power Rock ».
Comme ce qui deviendra une habitude, le premier morceau est une synthèse du reste de l’album. Alors, l’écouter c’est un peu comme une introduction qui vous livrera plus aisément le reste des titres qui composent l’album. A l’heure où l’originalité n’est pas une composante principale pour atteindre un certain succès, on ne peut que saluer l’audace des Biffy. D’une part pour le côté provocation totalement assumé dans le choix des titres ( « Kill The Old, Torture Their Young » en particulier a fait office de petit scandale), d’autre part pour la composition des morceaux. A vrai dire, excepté avec les Foo Fighters, on aura rarement entendu autant de puissance se dégager d’un album de rock, tout en sublimant le tout par des guitares et mélodies légères aux arpèges inoubliables.

Donc, comme on parlait du premier morceau, qu’en est-il ? « Joy.Discovery.Invention » démarre doucement. Un peu comme si, excusez la banalité de la métaphore, il s’agissait du calme avant la tempête. Car oui, Biffy Clyro est capable d’envolées extraordinairement puissantes. La recette est et restera toujours la même : on pose un mur de son qui paraît infranchissable, on le franchit finalement avec le chant, et on garde toujours un sens subtil de la mélodie. Tout semble si facile. Et pourtant, après plusieurs écoutes, on décèle toujours quelques petits arrangements qui nous ont échappés, quelques petites subtilités que l’on n’avait pas remarquées. Chaque instrument peut ainsi s’exprimer librement. Aucune contrainte ne semble exister, si ce n’est celle de garder un fil rouge lors de chaque composition.
Mais hormis la puissance omniprésente sur l’album, on découvrira surtout un talent exceptionnel, qu’il s’agisse au niveau des mélodies ( « 27 », « 57 » et « Justboy » par exemple ), ou de la rythmique toujours parfaite. Mais le plus impressionnant est sans doute la capacité de la bande à alterner calme et colère. Une douceur et une sensibilité se dégagent lors des pauses calmes, le début de « Joy.Discovery.Invention » en est un bon exemple, au même titre que la magnifique ballade finale « Scary Mary », ou encore « Hero Management ». Au contraire, une rage incontrôlable semble gouverner le reste.

Pour rentrer dans le vif du sujet, on aura le droit à des refrains fédérateurs à sonorité punk, notamment du côté de la petite perle « 57 » aux riffs endiablés, aux chœurs qui seront absents dans la majorité de l’album, ou encore aux petits breaks bien sentis. La voix de Simon Neil sait se faire agressive, lyrique, ou au contraire très douce et agréable. A l’inverse, un titre comme « Kill The Old, Torture Their Young » est un concentré magique des influences de nos Ecossais. Ambiance, cris, colère, haine, sensibilité, lyrisme, tout se rejoint. Un morceau certes ambitieux, mais où tout est si bien intégré malgré la diversité musicale qui le compose (les cris à sonorité hardcore, le chant calme limite chuchoté qui suit, l’introduction de piano, les arpèges d’ambiance). Biffy Clyro tente, s’essaye, se cherche et se trouve. Ainsi, « Christopher’s River » part d’une ambiance voluptueuse pour finir sur un son complètement déchaîné. Vous pouvez faire une petite expérience : écoutez les 20 premières secondes du titre, puis les 20 dernières, et ainsi vous comprendrez toute l’ampleur que prend la musique de Biffy Clyro sur une chanson de quatre minutes. « Convex, Concave » est une nouvelle offrande. Véritable étendue du talent des Biffy, le morceau est particulièrement épique. La fin semble narrer la discorde même, magnifique. En réalité, aucun titre n’est à laisser de côté tant chacun recèle un petit trésor qu’il ne tarde qu’à l’auditeur de découvrir.

On peut dire que pour son premier essai, Biffy Clyro tape dans le mille. C’est simple, on ne s’en lassera pas tant la complexité de l’album semble infinie, alors même que dès les premières écoutes on accède et on adhère à la musique. De l’alternance entre une musique épurée et une violence non contrôlée résulte quelque chose d’unique. Dansant, triste, planant, on relève une véritable diversité tout en gardant cette « patte » Biffy Clyro qui restera toujours la marque de fabrique de notre bande d’Ecossais. A consommer sans modération.

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   DENKO

 
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- Simon Neil (guitare, chant)
- James Johnston (basse)
- Ben Johnston (batterie)


1. Joy. Discovery. Invention
2. 27
3. Justboy
4. Kill The Old, Torture Their Young
5. The Go-slow
6. Christopher's River
7. Convex, Concave
8. 57
9. Hero Management
10. Solution Devices
11. Stress On The Sky
12. Scary Mary



             



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