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1984 The Age Of Consent

BRONSKI BEAT - The Age Of Consent (1984)
Par ERWIN le 22 Septembre 2023          Consultée 590 fois

Cet Age Of Consent est plus qu’un simple classique de new wave, en effet, il porte en lui les germes de la rébellion des gays face à l’ignorance et l’indifférence dans lesquelles la communauté gay vit jusqu’à l’orée des 80 et l’arrivée du sida dans notre société. En Ecosse – Jimmy SOMMERVILLE est Ecossais, l’âge du consentement légal pour vivre son homosexualité est alors de 21 ans… On imagine toute une jeunesse privée de vie intime assez facilement – je conseille vivement les mémoires de Rob HALFORD de JUDAS PRIEST dans ce cadre. Jimmy, Steve Bronski et Larry Steinbachek, partagent une chambre à Brixton en ce début de décennie des eighties, décident de monter un groupe ouvertement gay et plus revendicatif que ceux existants jusque-là. Ils sont signés au bout de 9 concerts. C’est ainsi que sort leur premier opus, ainsi judicieusement et subversivement nommé, le combat débute là !

C’est avec le premier single "Small Town Boy" que commence réellement leur carrière. Personne n’a oublié la vidéo – dérangeante pour l’époque – je me souviens que jeune ado, j’avais été marqué par la revendication, tout en étant "gêné" d’assister ainsi à la mise en scène des difficultés générées par l’homosexualité. Toute une jeunesse mise au ban de la société… Le titre est drivé par l’énergie omniprésente du chanteur sur ce titre au final assez dépressif, les batteries sont bien en carton et les synthés d’une rare simplicité, mais l’efficacité est bien présente, nous sommes assez proches de DEPECHE MODE. Il s’agit du plus grand succès de BRONSKI BEAT, qui accroche la 3ème place des charts anglais.

On continue avec "Why", probablement le titre que l’inconscient collectif retient le plus du groupe. Un chef-d’œuvre de new wave synth pop. Tout y est d’une redoutable efficacité, le chant de Jimmy SOMMERVILLE au premier plan, qui s’impose ici comme un des plus grands et le restera depuis lors. Si vous voulez un titre représentatif de cette époque ? Celui-ci est plus que parfait, les riffs de synthés, les cris de Jimmy, quelle ambiance, quel succès en boîte et quel symbole au niveau des paroles, les violences anti homosexuels en sont le sujet, et on va dire que les mecs n’y vont pas de main morte. L’étrange vidéo va jusqu’à impliquer Dieu dans un tribunal divin pour améliorer le sort des gays.

Alors bien sûr nous ne sommes pas là pour comparer le chef-d’œuvre de GERSHWIN chanté par ARMSTRONG et FITZGERALD avec cette version synth de "It Ain’t Necessarely So" en 3ème single, probablement un peu frustre pour s’aligner. Il n’empêche que l’effort est notable et que les arrangements sont sympas. Les chœurs le font pas mal. SOFT CELL est déjà un acte connu et la présence de Marc ALMOND sur "I Feel Love/Johnny Remember Me" est une aubaine pour les jeunots de BRONSKI BEAT, qui bénéficient aussitôt de cette exposition, la vidéo tournant pas mal sur les télévisions de l’époque appuie bien là où il faut pour que la revendication finisse par passer… "je me sens aimé"… ça veut tout dire non ? Associé à "Johnny Come on", ça le fait drôlement bien. Ainsi finit la tournée des singles.

On repart sur des données YAZOO/DEPECHE MODE sur "Junk", une jolie compo qui fait la part belle à l’angoisse sourde, à découvrir avec un Jimmy qui chante de manière plus classique. "Need-A-Man Blues" est plus planante, plus légère. "Heatwave" est une espèce de "Hit The road Jack" en mode New Wave, cela a le mérite de nous proposer de l’originalité à tous les étages. On appréciera les synthés telluriques de "Screaming" et les cris de Jimmy, et un refrain proche de "Why". "No More War" vaut pour sa lente orchestration et le chant surdimensionné de Jimmy. L’ambiance délétère de "Love And Money" avec ses synthés planants impose une belle vibration, le groupe sait aussi jouer avec les atmosphères, un joli solo de sax ajoute encore au côté smooth de la composition.

Il est évident que cet album auréolé de son statut de classique de la new wave mérite cette postérité, au niveau de la musique c’est une excellent synth pop qui a fort bien vieilli et qui bénéficie de la voix si particulière de Jimmy SOMMERVILLE, plusieurs des singles sont restés dans l’inconscient collectif et sont aujourd’hui des standards. Le message véhiculé par cet opus est tout aussi important et restera comme essentiel dans l’histoire de la musique populaire, il m’est donc assez facile au final de lui accorder un statut particulier doublé d’une très bonne note.

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   ERWIN

 
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- Jimmy Sommerville (chant)
- Steve Bronski (synthétiseur, percussions)
- Larry Steinbachek (synthétiseur, percussions)


1. Why
2. It Ain’t Necessarely So
3. Screaming
4. No More War
5. Love And Money
6. Smalltown Boy
7. Heatwave
8. Junk
9. Need-a-man Blues
10. I Feel Love/johnny Remember Me



             



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