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1968 Just Because I'M A Woman
2023 Rockstar

Dolly PARTON - Rockstar (2023)
Par BRADFLOYD le 3 Janvier 2024          Consultée 587 fois

C'est assez drôle, mais Dolly PARTON, cette icône de la country, et bien personne n'est capable de dire exactement combien de disques elle a sortis, hors compil'. Pour certains, 49, pour d'autres 54. Tout cela pour vous dire que cette immense chanteuse, auteur-compositeur, reine (non autoproclamée même si je mets à égalité Emmylou HARRIS) de la country music, vient de sortir un album supplémentaire, son dernier rejeton à tout juste 77 ans et qu'elle rompt allègrement avec ce qui a fait son identité. Un disque qui sort peu après celui des ROLLING STONES. Les vieux font de la résistance et pas que. En plus, ils se serrent les coudes. Mais ce statut d'icône signifie-t-il qu'il faille tout lui passer, notamment le fait de quitter les vastes prairies pour se rendre en ville, là où sexe, drogue et Rock 'N' Roll se côtoient au milieu de la graisse et du cambouis, lesquels se substituent aux fumier et purin ?

Si vous lisez nombres d'articles concernant cette sortie de Rockstar, vous aurez du mal à faire la part des choses. Les critiques naviguent entre consternation et enthousiasme, surprise et indifférence. Si l'on se dirige de l'autre côté de l'Atlantique, ce sera plutôt la bienveillance. Chez les grands Bretons, le côté karaoké sera mis en avant, notamment dans ses plantages dus essentiellement à l'acidité et au côté hyper aigu de sa voix. Alors, certes, c'est bien ficelé, mais n'est pas rocker qui veut. En près de deux heures trente sur deux disques, la mamie fait ce qu'elle sait faire de mieux : l'outrance. Elle est comme cela, la Dolly. C'est hyper coloré, parfois de mauvais goût, mais c'est sa marque de fabrique et il faut la prendre telle quelle, sachant que dans son immense carrière, elle a inspiré et pondu des titres entrés au panthéon de la musique populaire. Et on est prêt, dès lors, à lui pardonner. Et à Forces Parallèles, on va lui pardonner ces fautes de goût, tout en reconnaissant que le résultat global serait plutôt positif. Et, étonnamment, ce sont ses propres compositions qui emportent le lot, hormis la reprise de "Jolene" avec Måneskin dans les bonus, qui n'apporte rien à l'originale, le groupe ayant plutôt tendance à plomber ce petit bijou.

Neuf titres (plus un), donc, sur trente-deux. Et, sur l'ensemble, on peut se satisfaire du fait qu'ils soient là, ce qui permet d'équilibrer avec des reprises plus ou moins réussies (pour la plupart, elles bénéficient de la participation des interprètes ou compositeurs originaux). Mais surtout, ce disque est un véritable 'who's who' de la musique populaire et, rien que pour ce fait, mérite que l'on s'y intéresse.

Au rayon des titres originaux, "Rockstar", avec la participation de Richie Sambora, envoie du bois d'entrée. La voix, passée par les filtres sur les couplets après une intro parlée, fait penser à celle de Miranda LAMBERT, avant que le refrain et le solo nous envoient du côté de BON JOVI. Etonnant mais bien foutu. Mais quelle voix pour ses 77 ans ! Quand j'écris son âge, je ne peux m'empêcher de penser à l'école des fans de Jacques Martin avec les anciens et leurs voix chevrotantes chantant du Georges Chelon ou du Guétary. Là, c'est plein de puissance. Et le titre suivant, "World On Fire", ne dépareille pas, même si un arrangement country aurait aussi bien pu passer en d'autres temps. Après le premier titre très électrique, c'est plus l'ambiance qui est recherchée ici sur un rythme à la "We Will Rock You". Dolly PARTON se rapproche de ce que savait faire Shania TWAIN, avant que, de 2'07 à 2'31, la chanson bascule dans un style gospel de très belle facture. Perso, j'adore.

"Either Or" avec Kid Rock pourrait être vu comme un mix entre Brian ADAMS et Tina TURNER, avec un clin d'oeil du côté d'AEROSMITH, avec cuivres et tout le toutim. Pas mal mais pas transcendant. Le titre suivant me plaît beaucoup plus. "I Want You Back" est un blues lent, superbe, avec Steven Tyler (AEROSMITH) à la voix et Warren Hayes (ALLMAN BROTHERS BAND, GOV'T MULE) à la guitare. Beaucoup de feeling sur ce titre. "Tried To Rock And Roll Me", est dans le style pop rock mid-tempo version Tina TURNER des années 80. Dolly y est accompagnée de la voix cassée de Melissa ETHERIDGE qui, dans le pont, se rapproche beaucoup de la 'lionne', avec une jolie slide pour accompagner le tout. "Bygones", avec Rob HALFORD (JUDAS PRIEST) est assez enthousiasmante. Le flirt de Dolly avec le Hard Rock est surprenant mais passe très bien la rampe. En guest, on y trouve John 5 (MARILYN MANSON) et Nikki Sixx (MOTLEY CRÜE) mais qu'ils soient présents ou non ne change pas grand-chose à l'affaire. Peut-être sont-ils là juste pour la caution 'rock'.

Le titre suivant, "My Blue Tears" est un slow qu'elle avait déjà sorti en 1971 et qui est chanté sur ce skeud avec Simon Le Bon (DURAN DURAN). Déjà, je ne mets pas ce représentant de la new-wave dans le monde du rock. Cependant, le choix de sa voix convient assez bien à cette bluette arrangée très années 80 augmentée d'une flûte irlandaise. Mais, je n'ai pas vraiment été touché : j'ai eu l'impression, en l'entendant, de me retrouver sur le Titanic avec Céline Dion. A la limite de couler… je préfère l'originale. Mais bon, je peux m'en remettre. "Bittersweet", avec Michael McDonald fait aussi dans la douceur. Autant j'aimais ce chanteur du temps où il était avec les DOOBIE BROTHERS ou dans le cadre de son travail au sein de STEELY DAN, autant là, la prestation des deux me laisse froid. C'est mou du genou. Tout le contraire de la dernière compo originale, "I Dreamed About Elvis", un hommage au King avec un sample de "I Will Always Love You" en son milieu. Dolly PARTON s'est adjoint Ronnie McDowell, dont la voix est grès proche de celle du King, en sus des Jordanaires aux chœurs. Le retour aux sources du rock dans cet album n'est jamais qu'un retour aux sources de la country moderne et, en l'espèce, Dolly PARTON y est chez elle, comme un poisson dans l'eau. Perso, un des titres que je préfère dans ce disque.

Si Dolly PARTON n'avait sorti que ces neuf titres en un album simple, j'aurais pu mettre un bon 4/5, malgré deux titres faibles, en particulier "Bittersweet". Mais elle a sorti son jukebox personnel en faisant appel à des guests et là, je serai plus mitigé.

Dans le lot des réussites et semi-réussites, je range "Magic Man (Carl Version)", des HEART, avec Ann Wilson (excellent avec des interventions guitaristiques de toute beauté), "Purple Rain" sans son auteur… et pour cause, "Baby, I Love Your Way" avec Peter FRAMPTON, "Night Moves" avec Chris STAPLETON à la place de Bob SEGER. On peut aussi y ajouter "What Has Rock And Roll Ever Done For You" avec Stevie NICKS (FLEETWOOD MAC) et Waddy Wachtel (STINKY FINGERS) à la guitare slide. Sympa mais pas fantastique. Les deux voix acidulées se marient bien dans un titre que les STONES n'auraient pas renié et qui est de la composition de NICKS. Assez éloigné de ce qu'elle a fait avec le MAC. "What’s Up" des 4 NON BLONDE avec Linda Perry est une belle version, tout comme la version de "You’re No Good" de Linda RONDSTADT. Mais le Trio n'est pas reconstitué pour l'occasion (Linda RONDSTADT ayant pris sa retraite en 2011), seule Emmylou HARRIS ayant répondu à l'appel. La version de "Wrecking Ball" que chante Dolly avec sa nièce Miley CYRUS est bien sympa, les deux voix se mariant à merveille. Cependant, "I Will Always Love You" clôt à nouveau ce titre, de manière inappropriée, me semble-t-il. "Long As I Can See the Light" avec John FOGERTY (CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL) est plutôt moyenne mais respecte la version originale. L'orchestration est plutôt bonne, avec effets de sax tout le long. Enfin, "Two Tickets To Paradise" en solo sans Eddie Money (mort en 2019) est un excellent hommage à ce chanteur méconnu de ce côté-ci de l'Atlantique.


Côté ratage ou semi-ratage, "(I Can't Get No) Satisfaction" avec P!NK me fait penser à "I Can't Stand The Rain" d'Eruption. Version modernisée du titre, mais Dolly en fait un peu trop. Et la voix ne va vraiment pas. "Every Breath You Take" avec STING est la pire version que j'ai jamais entendue. A éviter ! "Open Arms" avec Steve Perry de JOURNEY, fait soupe, "Keep On Loving You" avec Kevin Cronin me laisse indifférent, "Heart Of Glass" fait chanson chantée par une grand-mère (heureusement que Debbie Harry relève le niveau). Version qui n'apporte rien à la version sublime des BLONDIE d'autant plus que les arrangements se veulent modernes. Pour moi, ce serait plutôt bof. "I Hate Myself For Loving You" avec Joan JETT serait une excellente version… si Dolly ne chantait pas…"Don't Let The Sun Go Down On Me" avec Elton JOHN est typique de l'Anglais mais s'adapte mal à la voix de Dolly. Et le pire, c'est qu'ELTON n'intervient vraiment qu'à 2'55 avec les chœurs de sa consœur en sus. Je dirais qu'il s'agit d'une version qui se rapprocherait du télécrochet The Voice. Du style écoutez comme ma voix est belle, retournez-vous, les coachs !. Oubliable ! "Heartbreaker" est, quant à elle, massacrée par Dolly et Pat BENATAR n'a plus la voix d'antan, même si elle en a gardé la pêche. Neil GIRALDO, lui, assure côté guitare. Le mari de Pat fait le job et ne change pas une ligne de son solo. Enfin, "Freebird", avec les LYNYRD SKYNYRD (ou ce qu'il en reste) est fidèle à l'originale. Cependant, Dolly miaule au début et la voix ne colle absolument pas avec cette chanson.


Deux titres emblématiques du monde du rock se suivent en second CD et font aussi l'objet d'un traitement à la PARTON. "Stairway To Heaven" dans sa première partie est assez fidèle à l'originale, la flute étant plus 'présente' que dans la version des LED ZEP. Le titre s'étire sur 9 minutes, le solo de guitare est fidèle, lui aussi, à l'original et la voix de Dolly PARTON colle parfaitement au titre. Il y a eu pire comme traitement. Quant à "We Are The Champions", elle fait l'objet du rajout inutile de "We Will Rock You" et fait un peu pompier. Ces titres sont tellement ancrés dans la mémoire collective que, pour le coup, je ne me permettrais pas d'intervenir. A chacun de se faire une opinion. Perso, si j'adhère à la première, la seconde me laisse quelque peu dubitatif. Et puis, il y a "Let It Be" en duo (trio) avec Paul McCARTNEY et Ringo STARR auxquels il faut ajouter Mick FLEETWOOD et Peter FRAMPTON. Le solo de FRAMPTON me semble haché, peu inspiré. La chanson quant à elle est respectée mais fait, là encore, karaoké.

A-t-elle voulu plaire au plus grand nombre en piochant dans tous les styles ? Je ne sais. En tout cas, cela donne un album bancal, sans réelle unité. Certains styles lui vont mieux que d'autres, sa voix étant trop caractéristique pour se risquer à taper sans distinction dans l'AOR, le rock 'n' roll, le blues, le hard, le gospel etc. Mais Dolly PARTON n'a jamais fait que ce qu'elle voulait dans cette industrie… Si vous appréciez l'éclectisme, cet album pourrait être pour vous si vous acceptez que cette voix très particulière se pose sur des titres que vous connaissez par cœur. En revanche, pour ceux de sa composition, ce double album vaut vraiment le coup d'être écouté, voire adopté. Mais l'écouter d'une traite, c'est légèrement indigeste. Et en cette période de fête, évitons justement l'indigestion. Et allons-y avec parcimonie.

2,5/5 pour la prestation globale, que j'arrondis à 3/5 en raison de certains coups de cœur qui m'amènent à vouloir approfondir sans attendre.

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   BRADFLOYD

 
  N/A



- Dolly Parton  (vocaux)
- Kent Wells  (guitare acoustique)
- Linda Perry  (guitare acoustique)
- Adam Lester  (guitare acoustique)
- Jerry Mcpherson  (guitare électrique)
- Rob Mcnelley  (guitare électrique)
- Derek Wells  (guitare électrique)
- Jerry Lyda  (guitare électrique)
- Scott Raines  (guitare électrique)
- Howard Leese   (guitare électrique)
- John 5   (guitare électrique)
- Joan Jett   (guitare électrique)
- Dougie Needles   (guitare électrique)
- Adam Shoenfeld   (guitare électrique)
- Shane Fogerty   (guitare électrique)
- Neil Giraldo   (guitare électrique)
- Warren Haynes   (guitare électrique)
- Waddy Wachtel   (guitare électrique)
- Richie Sambora  (guitare électrique, vocaux)
- Peter Frampton (guitare acoustique, guitare électrique)
- Melissa Etheridge (guitare acoustique, guitare électrique)
- Gary Lunn  (basse)
- Jimmy Lee Sloas  (basse)
- Steve Mackey  (basse)
- Nikki Sixx  (basse)
- Jay Weaver  (upright bass)
- Rob Arthur  (claviers)
- Brad Durden  (claviers)
- Joe Vannelli  (claviers)
- Paul Mccartney  (piano)
- Nir Z  (batterie)
- Jerry Roe  (batterie)
- Miles Mcpherson  (batterie)
- Jack Gavin  (batterie)
- Artimus Pyle  (batterie)
- Ringo Starr  (batterie)
- Dane Bryant  (orgues)
- Mike Rojas  (orgues)
- Jimmy Mattingly  (violon)
- Mark Douthit  (saxophone)
- Jim Hoke  (cuivres)
- Emmanuel Echem  (cuivres)
- Jennifer Kummer  (cuivres)
- Patrick Walle  (cuivres)
- Roland Barber  (cuivres)
- Josh Scalf  (cuivres)
- John Hinchey  (cuivres)
- Doug Wilson  (cuivres)
- Lizzo  (flute)
- The Jordainaires  (vocaux)


- cd1
1. Rockstar
2. World On Fire
3. Every Breath You Take
4. Open Arms
5. Magic Man
6. Long As I Can See The Light
7. Either Or
8. I Want You Back
9. What Has Rock And Roll Ever Done For You
10. Purple Rain
11. Baby, I Love Your Way
12. I Hate Myself For Loving You
13. Night Moves
14. Wrecking Ball
15. (i Can’t Get No) Satisfaction

- cd2
1. Keep On Loving You
2. Heart Of Glass
3. Don’t Let The Sun Go Down On Me
4. Tried To Rock And Roll Me
5. Stairway To Heaven
6. We Are The Champions
7. Bygones
8. My Blue Tears
9. What’s Up?
10. You’re No Good
11. Heartbreaker
12. Bittersweet
13. I Dreamed About Elvis
14. Let It Be
15. Free Bird

- bonus
1. Two Tickets To Paradise
2. Jolene



             



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