Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PROGRESSIF  |  REMIX

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style + Membre : Nobuo Uematsu

The BLACK MAGES - The Black Mages Iii: Darkness And Starlight (2008)
Par NEBEL le 6 Août 2008          Consultée 2970 fois

En quelques années, THE BLACK MAGES, à l'origine simple groupe de reprises des thèmes de combat de Final Fantasy, est devenu une figure omniprésente de l'univers de la musique de jeux vidéo. Deux albums studio, des concerts, une participation à la très inégale OST du tout aussi inégal Final Fantasy VII : Advent Children, et j'en passe. Nobuo Uematsu semble ne plus vouloir se séparer de son groupe et nous revient pour ce troisième album, joliment intitulé Darkness and Starlight. Annoncé à grand renfort de bandes-annonces, d'interviews, d'extraits alléchants, doté d'une jolie pochette et surtout promettant de grands moments, ce THE BLACK MAGES III apparaît comme un accomplissement.

Le fan de Nobuo Uematsu, car c'est toujours à lui que le groupe s'adresse, s'empressera de jeter un oeil à la liste des reprises. Le nombre de thèmes de combat ne cesse de décroître, et ce n'est pas forcément un mal tant Matoya's Cave et The Skies Above de l'album précédent était réussies. Nous avons donc droit à pas moins de quatre musiques de dernier boss, Neo EXDEATH (FFV), The Extreme (FFVIII) KURAYAMINOKUMO (FFIII) et Grand Cross (FFIX), Premonition concernant quant à elle un boss important du huitième épisode. La moitié de l'album est ainsi consacrée à une musique mêlant énergie et tension tragique. De plus, les deux autres pistes épiques, Opening ~ Bombing Mission et Assault of the Silver Dragons, étaient à l'origine utilisées pour accompagner à la fois des scènes cinématiques et des combats. La dimension belliqueuse des mages noirs reste entière, mais se lie à des prétentions plus épiques, grandiloquentes. Ce n'est pas la pièce majeure de l'album, la très longue Darkness and Starlight, qui démentira cette affirmation.

La sélection est de grande classe, mais quelque chose cloche. Le programme semble idyllique, mais dans les faits, l'album accuse nombre de défauts. Tout d'abord, la production est assez suspecte. De très bonne facture dans The Skies Above, elle paraît ici assez molle ; autant les claviers sont très bien mis en avant, autant les guitares manquent affreusement de puissance et de relief. De ce fait, le disque part avec le handicap d'un son moins accrocheur qu'à l'accoutumée, pas forcément rédhibitoire mais assez rageant. Ne soyons pas défaitistes, le premier album de The Black Mages ne jouissait pas non plus d'un son extraordinaire et a pourtant réussi à créer la surprise en son temps.

Hélas, les arrangements, épine dorsale de ce genre d'album, ne suivent pas. D'où mon immense déception, née de l'écart entre les promesses et la réalité. Certes, Darkness and Starlight est bon, les écoutes répétées n'ont jamais agressé mes oreilles, mais il ne va pas plus loin. Sans être un chef-d'oeuvre, The Skies Above revisitait avec bonheur certains grands thèmes de la série et leur apportait un petit quelque chose qui lui conférait un intérêt certain, même si quelques temps faibles tels qu'Otherworld ou Zeromus étaient à relever. Les arrangements sont de bonne facture, mais restent trop sages, trop lisses et les compositions originales d'Uematsu finissent par perdre en intensité. Un comble ! KURAYAMINOKUMO et Neo EXDEATH font l'objet d'un dépoussiérage bien vu et Grand Cross, qui accompagne l'ultime bataille de Final Fantasy 9, s'en sort elle aussi avec les honneurs. Je serai plus réservé vis-à-vis de Premonition et surtout de The Extreme, que j'attendais avec toute l'impatience du monde. L'arrangement, dont l'introduction laisse présager du meilleur, manque singulièrement de puissance malgré un solo de guitare inédit et jouissif, élude toute la dimension épique de ce trésor de la musique de boss final, alors que Dancing Mad et One-Winged Angel avaient eu droit à un meilleur traitement de la part de THE BLACK MAGES. Cruelle déception. Quant à la fameuse chanson-titre, Darkness and Starlight, qui dépasse le quart d'heure et réunit les fabuleuses compositions liées à l'opéra de Final Fantasy VI, elle est à l'image du reste de l'album : inégale. Certains moments sont sublimes, d'autres assez ennuyeux et nous laissent penser que le rock progressif n'est pas forcément le format le plus approprié à cet opéra vidéoludique. On saluera tout de même la prestation royale d'Uematsu, à l'orgue, et aux parties chantées, qui vers dix minutes confèrent au morceau une coloration rappelant Enio Morricone. Etonnant ! Dommage que le choix du japonais rende les paroles si difficilement compréhensibles !

Etrangement, la grande gagnante de ce lifting est finalement la reprise de Distant Worlds. La sublime chanson de Final Fantasy XI devient entièrement instrumentale et se mue en ballade rock où se mêlent piano, flûte et guitare. Variée, émouvante, cette sixième piste est la seule grande réussite de Darkness and Starlight. L'album se clôt sur un court morceau de piano, agréable et assez anecdotique, dédié à la mémoire d'un enfant décédé d'une leucémie. Saluons le geste.

Un dernier reproche, à l'encontre de KURAYAMINOKUMO. Autant le morceau est agréable, autant on apprécierait un peu plus de créativité : il a été enregistré pour le portage de Final Fantasy III sur Nintendo DS et repris tel quel dans Darkness and Starlight. Cette démarche n'est pas sans rappeler l'OST de Final Fantasy VII : Advent Children. Si vous l'avez écoutée, vous comprendrez sans mal où je veux en venir. Ce n'est pas gravissime et l'arrangement a sa place au sein de ce troisième album, mais il serait dommage que la crédibilité des musiciens en vienne à être amoindrie.

Je pensais descendre l'album, mais après plusieurs écoutes, je dois reconnaître que malgré la déception qu'il représente, surtout après la réussite de The Skies Above, le troisième opus de THE BLACK MAGES s'écoute sans déplaisir. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un faux pas, mais ne plaçons pas trop d'espoirs en l'avenir : le répertoire musical de Final Fantasy n'est pas inépuisable.

Note : 2,5/5

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF :


FISH
Return To Childhood (2005)
Do you remember?




KING CRIMSON
The Great Deceiver (1992)
Spécial boîte à demandes !


Marquez et partagez





 
   NEBEL

 
  N/A



- Tsuyoshi Sekito (guitares)
- Michio Okamiya (guitares)
- Nobuo Uematsu (orgue)
- Kenichiro Fukui (claviers)
- Keiji Kawamori (basse)
- Arata Hanyuda (batterie)


1. Opening ~ Bombing Mission (final Fantasy Vii)
2. Neo Exdeath (final Fantasy V)
3. The Extreme (final Fantasy Viii)
4. Assault Of The Silver Dragons (final Fantasy Ix)
5. Kurayaminokumo (final Fantasy Iii)
6. Distant Worlds (final Fantasy Xi)
7. Premonition (final Fantasy Viii)
8. Grand Cross (final Fantasy Ix)
9. Darkness And Starlight (final Fantasy Vi)
10. Life ~ In Memory Of Keiten ~



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod