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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Peter Gabriel , Guaranteed Pure, Gtr, Daryl Stuermer , Squackett, Stiltskin, Brand X, Mike & The Mechanics, Mike Rutherford , Anthony Phillips , Tony Banks , Cut_, Phil Collins , Ray Wilson , Steve Hackett , Frank Zappa

GENESIS - Nursery Cryme (1971)
Par ONCLE VIANDE le 17 Mars 2007          Consultée 20295 fois

La carrière de Genesis est loin d’être irréprochable. Si ses productions des années 80 et 90 peuvent lucidement être qualifiées de racoleuses, l’ère Gabriel restera opportuniste, qu’on le veuille ou non. La formation de Charterhouse n’a rien inventé, pire, elle va trouver sa voie sur le tard et surfer sur un courant à la mode comme beaucoup d’autres. Oui mais voilà, ces considérations n’ôtent en rien le talent d’un artiste quand il en a, ni n’en donnent à ceux qui en sont dépourvus. Aussi, les esprits chagrins pourront-ils fustiger ses motivations condamnables ou snober son succès de masse, ils devront se rendre à l’évidence : Genesis reste l’un des groupes britanniques les plus doués de sa génération, et probablement plus que bien des formations plus authentiques que lui : terrible injustice.

Une écriture fluide et lumineuse, le sens de la phrase et de la dynamique, efficace, immédiate et jamais triviale ; « la ligne claire » du progressif, et le meilleur rapport sophistication/accessibilité du marché rock. De « Trespass » à « Wind & Wuthering », que du bel article. Faites votre choix.
Avec l’arrivée de Phil Collins et de Steve Hackett, Genesis fait bien plus que recruter deux excellents musiciens, il trouve sa formation type. Une complémentarité parfaite, une conjonction de talents qui, pris séparément, sont tout à fait ordinaires, mais qui réunis, engendrent une entité au potentiel de feu. J’en veux pour preuve que tous ses membres tenteront une aventure solitaire, et malgré les qualités indéniables de certaines d’entres elles, aucune n’atteindra l’excellence du groupe mère, les plus insipides étant précisément à mettre au compte de ses deux têtes pensantes, Tony Banks et Mike Rutherford.
Si Tony Banks se révèle ici le principal compositeur du groupe, remplaçant au pied levé Anthony Philips, c’est bien les deux nouveaux arrivants qui sont mis à l’honneur. Une seule écoute suffit à prendre la mesure de l'apport Collins/Hackett : une batterie puissante d’une rare musicalité, et une guitare mutante, toute tendue vers la recherche de sons neufs et ouvertement métal. On ne dira jamais assez combien cette petite galette contient les plus belles trouvailles du barbu à lunettes.

Si les ambiances religieuses demeurent, l’arrière plan celtique et médiéval laisse place à l’époque victorienne, prétexte aux plus pervers détournements de la littérature britannique. Peter Gabriel n’est pas encore une attraction visuelle à lui tout seul, et la théâtralité tient ici au seul maniement du verbe, tour à tour narratif ou dialogué.
Genesis fabrique avant tout des chansons, avec tout ce que cela exige de concision et d’interaction texte/musique, et non de la musique pure ou expérimentale. « Nursery Cryme », comme le précédent, et davantage que le suivant, rend compte de ce songwriting : tout coule sans discontinuité, sans délayage ni démonstrations. Si « Seven stones » et « Harold the barrel » illustrent au mieux cette évidence, le disque vaut surtout pour ses trois pièces maîtresses : « The musical box », qui inspire son thème à la pochette (Cynthia jouant au croquet avec la tête d’Henry), « The return of the giant Hogweed », conte botanique à la coda monstrueuse, et « The fountain of Salmacis », canon genesien par excellence, qui servira de moule universel à une dizaine de titres ultérieurs.
Tout ce qui fit le charme du Genesis première manière est là : loufoquerie, théâtralité et douce étrangeté. Pour ma part, s’il ne fallait en retenir qu’un après « The Lamb lies down on Broadway », ce serait celui-ci. Plus péchu qu’un « Selling England by the pound » et moins laborieux qu’un « Foxtrot ». Un élixir de jeunesse. Ambitieux mais jamais pompeux, à la fois travaillé et brut de décoffrage, frais et sans apparat. Le manifeste rock du groupe. Roulez genèses !

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- Tony Banks (piano, orgues, mellotron)
- Phil Collins (batterie, voix)
- Peter Gabriel (chant, flute, tambourin)
- Steve Hackett (guitare électrique)
- Mike Rutherford (basse, 12 cordes)


1. The Musical Box
2. For Absent Friends
3. The Return Of The Giant Hogweed
4. Seven Stones
5. Harrold The Barrel
6. Harlequin
7. The Fountain Of Salmacis



             



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