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BURNIN RED IVANHOE - W.w.w. (1971)
Par K-ZEN le 2 Avril 2025          Consultée 59 fois

Quand je suis allé au Danemark, je me suis bien évidemment adonné à mon sport favori, testant la patience des amis m’accompagnant.

J’ai donc, après les avoir abondamment stalkés via mon forfait mobile non extensible, investi certains disquaires de Copenhague, notamment en vue de trouver des produits locaux. Je suis tombé sur une minuscule échoppe douteuse – donc fatalement intéressante – au cœur de la capitale, tenue par un drôle de gars dont la mine ravinée s’illumina lorsque je lui parlai de BURNIN RED IVANHOE. Il me raconta ainsi un concert du groupe qu’il vécut minot dans un parc au cours des années 60. Je repartis avec quelques galettes obscures en plus de cette conversation tâtonnante au vu de mon anglais approximatif, mais aussi la déception de n’y avoir point trouvé un témoignage studio du collectif scandinave.

BURNIN RED IVANHOE, tirant une partie de son nom du célèbre chevalier du XIIème siècle dont les aventures furent contées via une nouvelle écrite par Sir Walter Scott en 1820, avait livré son étrangeté d’entrée. Son inaugural longue-durée M144, publié en 1969, était en effet double, chose encore relativement inusuelle à cet instant, malgré Blonde on Blonde de DYLAN et Freak Out ! de ZAPPA, et mélangeait paroles en anglais et danois, alors que la plupart des groupes du pays nordique écrivaient dans la langue de Shakespeare afin d’attirer l’attention sur eux.

L’album montra le savoir-faire du collectif, mixant efficacement hard rock et jazz, et interloqua John Peel qui proposa de les signer sur son label Dandelion. Enregistré en trois jours à Copenhague, W.W.W., second fruit de la collaboration avec le mythique DJ, sortit en 1971, armée d’une jaquette mutique dont on croirait qu’elle fut empruntée à l’inscription ornant une caisse d’équipement militaire stockée quelque part dans un dock douteux. Le mystérieux titre de l’œuvre, reflétant les engagements politiques à gauche de son compositeur principal Karsten VOGEL, empruntait ses initiales à la fois à Ivanhoé et au héros de la nouvelle norvégienne Lillelord signée Johan Borgen.

Notre chevalier est encore au centre de la première partie du disque qui se veut conceptuelle, racontant son tiraillement entre deux femmes, Rebecca et Lady Rowena. Ce sont d’ailleurs deux des pièces composant ce long-morceau à thème qui tirent largement leur épingle du jeu. "2nd Floor Croydon" premièrement, laissant entrapercevoir une construction faussement symétrique introduite via orgue tissant sa toile autour d’un chant flamboyant typique des groupes progressifs (vous avez dit RARE BIRD ou KING CRIMSON époque Greg LAKE ?). Un développement motorik avec flûte s’ensuit avant des instants tribaux agrémentés de guitare électrique concluant un propos soudainement menaçant et menant sans réelle transition au titre éponyme. Souterrain, "W.W.W." est une pièce statique instrumentale dominée par l’orgue qu’auraient pu signer SOFT MACHINE ou PINK FLOYD. Inconfortable, la composition est la dernière à s’aventurer aussi loin sur le terrain expérimental, même si l’insanité d’un "Oblong Serenade" ne se cache pas, la livrant pure via une étrange sérénade circassienne arrosée d’un généreux solo de guitare électrique.

En effet, pour le reste, W.W.W. est plutôt bien joué, ne suscitant malgré tout que peu d’émotion, ce jazz-rock talentueux parfois niais ("All About All") ne parvenant à dissiper cette impression de virtuosité opaque, en même temps qu’il conserve caché un chant objectivement très bon. Après la publication de ce disque à l’accueil favorable, BURNIN RED IVANHOE se dissipe cependant début 1972, agacé par les gains faméliques proportionnellement aux tournées incessantes et harassantes, VOGEL tombant d’ailleurs assez malade pour demeurer à l’hôpital un certain temps.

Le chevalier ne mettrait toutefois que peu de temps avant de dégainer à nouveau son épée.

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- Kim Menzer (flûte, violon, trombone)
- Ole Fick (guitare, chant, 'glasses')
- Karsten Vogel (saxophone, orgue, piano)
- Jess Staehr (basse, percussions)
- Bo Thrige Andersen (batterie)


1. 2nd Floor Croydon
2. W.w.w.
3. Avez Vous Kaskelainen ?
4. Kaske-vous Karsemose
5. All About All
6. Oblong Serenade
7. Cucumber – Porcupine



             



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