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KEANE - Perfect Symmetry (2008)
Par KID66 le 27 Juin 2009          Consultée 1834 fois

Vous connaissez bien ça, ce fameux moment où vous retirez le disque tant attendu de la chaîne pour le ranger dans sa boite, le visage sans expression, la tête vide. Vous la poserez après sur un coin de votre bureau, ou en dessous de quelques autres albums à réécouter. Le rayon « déception » quoi. Je ne doute pas un seul instant que ce Perfect Symmetry, sorti fin 2008, à la pochette peu évocatrice d’ailleurs, finira pour beaucoup de fans sous le pied faible d’un meuble bancal.

Vous vous souvenez d’Under The Iron Sea ? Bien. C’était la belle époque hein ? Oui je trouve aussi. Et qu’avait-on reproché à ce pauvre Under The Iron Sea ? D’être un Hopes & Fears II, trop peu différent de son prédécesseur, avec quelques titres dispensables.
Eh ben finalement il n’était pas si mal cet Under The Iron Sea.
Parce que KEANE n’est pas un groupe de cons ; parce qu’ils ont très bien compris cette critique ; et parce qu’ils ne sont pas fainéants, ils ont décidé de changer. Evoluer. Pour quel résultat ? C’est là que le bât blesse. Finalement un Hope & Fears III je n’aurais pas craché dessus.

Alors parlons de cette fameuse évolution, déjà plus qu’évidente dès le premier titre « Spiralling » : l’album est bien plus joyeux qu’à l’accoutumée, et donne une très grande importance au clavier, qui ne se contente plus d’une belle mélodie ou d’un accompagnement au piano, mais qui prend une vraie place de lead. Variant ses sons, exploitant à l’infini ses influences, le claviériste enrichit considérablement ce Perfect Symmetry, et avantage largement les touches électro, au détriment du piano sobre des deux précédents albums. Perfect Symmetry, à ce niveau, est un album bien moins homogène que son prédécesseur, et peut se vanter de proposer des morceaux d’une richesse et d’une variété supérieure.
Mais voilà, l’apport considérable du clavier dans cet album n’est globalement pas pertinent.

Perfect Symmetry se plante. Et pas seulement à cause du clavier, qui est bien souvent ridicule. Cet échec provient malheureusement des compositions. Les plus expérimentales sont plutôt ratées, et les moins expérimentales banales. Et Tom Chaplin, qui semble d’ailleurs moins en forme sur cet album, ne parvient pas à transcender les morceaux (à quelques exceptions près tout de même) ; conséquence d’une baisse de régime du chanteur ou effet aggravant venant des compositions ?

On pourra ranger dans la première catégorie de morceaux (les merdes transgéniques) l’ignoble « Better Than This », qui n’aurait jamais du figurer sur un album de KEANE, avec un air sautillant insupportable. Le refrain se veut plus sérieux, mais ne rattrape pas le coup. Deuxième immondice (que je suis méchant) : « You Haven’t Told Me Anything », dont la finalité apparaît comme le nez au milieu de la figure : plaire facilement. Et la facilité, je n’aime pas ça. Les trois minutes « Pretend That You’re Alone » vous permettront d’aller pisser en laissant tourner l’album. Soyons tout de même indulgent avec le sympatoche « Spiralling » qui ouvre l’album, même si il en réunit tous les défauts. Que de niaiseries quand même…

Dans une veine plus classique, Chaplin s’escrime pour nous faire de nouveau pleurer sur la ballade « You Don’t See Me ». Raté ; malgré sa prestation vocale magistrale, le chanteur ne rend pas la chanson moins insipide ou moins répétitive (et puis la fin est quand même pathétique). « Playing Along » nous fera sursauter avec son superbe final ; dommage qu’il vienne après plus de trois minutes de platitude effarante. « Black Burning Heart » est-il un bon titre ? Je ne sais pas, je n’écoute même plus, je m’ennuie et j’attends que ça se passe. C’est signe que non (on l’a pas déjà entendu deux ou trois fois dans l’album ce refrain ?). Ah si dans ce morceau, il y a un moment où on entend quelqu’un parler en français, c’est ce que j’en retiens (Yeah). « Love Is The End » la ballade de fin, me fait la même impression, malgré l’intervention hasardeuse d’un violon (toujours bien) et un final planant.

Je sauve du naufrage le single « The Lovers Are Losing » qui, aussi convenu soit-il, possède un très beau refrain qui fait son effet (paradoxalement pas grâce à Chaplin, mais plutôt grâce au claviériste, pertinent cette fois). « Perfect Symmetry » manque de tomber à côté de la plaque parce qu’il se révèle moins évident que ses aînés. Plus inspiré, un titre tout de même en dent de scies. Mes yeux s’illuminent légèrement lorsque j’écoute « Again And Again », le meilleur titre de l’album, bien que très simple, qui aurait tout à fait pu figurer sur l’opus précédant.

Au fur-et-à-mesure des écoutes, l’album se bonifie, certes, mais les titres finissent par tous se ressembler, les mélodies se confondent. La recette est trop évidente, même sur les meilleurs morceaux, et les nombreuses fautes de gout n’arrangent pas les choses. Perfect Symmetry : trop inégal mais tout de même inspiré, frais mais plat, accrocheur mais trop facile. L’évolution du groupe en a-t-elle fait une œuvre niaise ou enjouée ? Un album sujet à controverse, mais qui finalement voit ses défauts le trahir et donner raisons à ses détracteurs.

Les autres pourront dire que je fais fausse route, que je ce Perfect Symmetry est excellent, que je n’ai pas digéré l’évolution du groupe et que je ne suis pas assez ouvert d’esprit pour juger cet album à sa juste valeur bla bla bla… Peut être, en attendant il ne fait aucun doute que la magnifique pop sobre et émotionnelle était de bien meilleur teneur que cette nouvelle pop dynamique (« faisons des hits ! »), joyeuse (« un aller simple pour le pays des bisounours, ils vont adorer ») et aseptisée (« surtout ne pas mettre d’âme dans la musique, ça risquerait de passer au dessus de la tête de plein de débiles amateurs de musique tubesque, et on ferait moins de ventes ! »). Oui, je caricature.

Mais finalement, je remets en question le début de ma chronique et pose la problématique suivante : Perfect Symmetry représente t-il une réelle envie d’innover ou une démarche commerciale ? A l’écoute de l’album, on ne peut que pencher pour la seconde option. KEANE a repris la recette du tube « Is It Any Wonder ? » de l’album précédant, en a extrait la substantifique moelle pour pouvoir créer Perfect Symmetry, mais a oublié la magie.

Honnêtement, cet album présente des qualités. Il est plus riche que la plupart des sorties actuelles du même genre, varié et même agréable au bout du compte. Mais je pense qu’on est en droit d’exiger mieux d’un groupe comme KEANE.

2,5/5.

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   KID66

 
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- Tim Rice-oxley (claviers, piano, guitare)
- Tom Chaplin (voix, guitare)
- Richard Hughes (batterie)


1. Spiralling
2. The Lovers Are Losing
3. Better Than This
4. You Haven't Told Me Anything
5. Perfect Symmetry
6. You Don't See Me
7. Again And Again
8. Playing Along
9. Pretend That You're Alone
10. Black Burning Heart
11. Love Is The End



             



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