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FLYING LOTUS - Los Angeles (2008)
Par SASKATCHEWAN le 13 Septembre 2009          Consultée 1641 fois

Los Angeles, voilà un album que j’attendais avec impatience depuis le passage de Steven ELLISON, alias FLYING LOTUS, aux Trans Musicales 2007. La présence de cet artiste récemment signé chez Warp m’avait mis la puce à l’oreille, les organisateurs des Trans faisant rarement preuve de mauvais goût. L'intrigante pochette de son deuxième album, qui figure une sorte de mixture goudronneuse toute en brillance, achèvera de séduire le chaland, en plus d'offrir un aperçu de l'univers étrange du bonhomme. FLYING LOTUS pratique une musique hybride, opaque, un curieux mélange d’Abstract Hip-hop, de musiques électroniques, de jazz et de musique latine ; du goudron qui coule et qui colle à toutes les chausses, en quelque sorte.

Los Angeles, en dépit de la durée modeste de ses morceaux, développe une richesse sonore peu commune et une ambiance unique. Steven ELLISON s’attache à recréer l’atmosphère de la cité des anges, ou de la représentation que l’on peut en avoir, comme si chaque genre avait dressé son orchestre ou sa platine au coin de la rue. Le tout s'entremêle joyeusement dans un faux chaos sonore, à charge pour l’auditeur de le décortiquer. Et ce n’est pas une mince affaire ! L’artiste jongle avec les hérésies, mêlant influences Hip-hop et IDM (« Come Course »), ainsi que thèmes latins et fulgurances électro-house (« Parisian Goldfish »). L’album joue à la fois sur le plan de la modernité, avec des rythmes déstructurés et des glougloutements bruitistes, et sur le plan de la nostalgie, qui opère sur des compositions plus « apaisées » comme « Auntie’s Harp ». On bascule alors d’un monde à l’autre au gré des titres, d’un paysage lunaire au jardin de notre enfance, de l'atmosphère enfumée du bar d'à côté au capharnaüm de la Cité des Sciences.

FLYING LOTUS triture chaque échantillon sonore jusqu'à l'excès, au point que la frontière entre mélodie et rythme se fait de plus en plus ténue au fil de l’écoute. Sur « Sexslave Ship », un rythme minimaliste produit une certaine impression de « rotation », rotation presque mélodieuse, comme des pales d’hélicoptère dont on ferait subtilement varier la fréquence. Steven ELLISON abat les frontières entre sonorités « organiques » et électroniques en superposant percussions « boisées » et pures boucles synthétiques (« Melt ! »). Toutes les ressources du sampling sont utilisées pour façonner cet étrange magma d’influences, avec une certaine transparence dans les effets utilisés : on distingue très bien certaines coupures, certains va-et-vient, certaines répétitions… Par ce biais, Steven ELLISON évite l’écueil du son trop net et aseptisé qui guette tout artisan du son, et propose un mix où le travail sur le matériau transparaît à chaque instant, même sur des trésors d’agencement sonore comme « GNG BNG » et « Camel ».

Les différents invité ne sont pas à négliger. Sur « Robertaflap » la voix de DOLLY se glisse entre les basses grondantes et les échos tubulaires. Mais ce sont surtout les voix de Gonja SUFI et de Laura DARLINGTON qui retiennent l'attention. La première, chaude, exubérante, androgyne, éclipse les différents samples qui l’entourent : contrebasse, clappements discrets, écoulements… Celle de Laura DARLINGTON, au contraire, se fond dans son environnement sonore, synthés, crépitements, pour un morceau à tomber à la renverse, un jeu d’écho beats/voix qui conclue l’album en beauté.

Los Angeles, deuxième essai seulement de FLYING LOTUS, apparaît comme l’un des albums les plus aboutis parmi ceux sortis sur le label Warp en 2008. Alors que certains pestent contre l’orientation actuelle du label (moi le premier, bêtement), cet album vient leur/nous/me mettre une énorme mandale, comme rarement depuis la signature de PREFUSE 73 sur l'écurie à la soucoupe volante.

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- Steven 'flying Lotus' Ellison (tout)
- Dolly (invitée, chant)
- Gonja Sufi (invité, chant)
- Laura Darlington (invitée, chant)


1. Brainfeeder
2. Breathe.something/stellar Star
3. Beginners Falafel
4. Camel
5. Melt!
6. Comet Course
7. Orbit 405
8. Golden Diva
9. Riot
10. Gng Bng
11. Parisian Goldfish
12. Sleepy Dinosaur
13. Robertaflack (featuring Dolly)
14. Sexslaveship
15. Auntie's Harp
16. Testament (featuring Gonja Sufi)
17. Auntie's Lock/infinitum (featuring Laura Darlingto



             



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