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- Membre : Sonny Clark Memorial Quartet, David Bowie , Henry Cow, Masada, Painkiller
- Style + Membre : John Zorn

NAKED CITY - Leng Tch'e (1992)
Par ONCLE VIANDE le 20 Octobre 2009          Consultée 2176 fois

La musique expérimentale est un peu comme le chocolat noir. Plus c’est dur à avaler, meilleur c’est. Nous sommes ainsi nombreux à manger des choses franchement infectes dans le simple but de passer pour de fins gourmets. Ce quatrième album de NAKED CITY est évalué à 90 % de cacao sur l’échelle de Nestlé. Avis aux amateurs.

« Leng tch’e » signifie « couper en mille morceaux » et il n’est pas question ici de cuisine asiatique. Sa pochette représente une torture chinoise du siècle dernier où la victime droguée et insensibilisée à la douleur reste consciente pendant qu’on la découpe. L’effet de l’anesthésie se dissipant, la malheureuse est alors livrée à un réveil pénible. Les clichés intérieurs apporteront aux curieux de précieux compléments anatomiques. Trêve de bavardages, parlons musique.

« Leng tch’e » propose un titre unique d’une demi-heure et calque sa structure sur le déroulement du supplice. Rythme lent, sons saturés et riff pachydermique ; le groupe crée un long crescendo où l’entrée du saxo et de la voix constitue le paroxysme, paroxysme ensuite étiré sur un quart d’heure et censé reproduire le calvaire d’une douleur prolongée. Cette musique avant tout adaptée à la scène échoue sur disque pour diverses raisons. D’abord, la construction est trop linéaire et mal proportionnée pour assurer un crescendo réussi. Ensuite, le morceau n’est pas régulièrement alimenté d’éléments nouveaux permettant de maintenir l’attention de l’auditeur. Enfin, passé l’effet de surprise, cette plage gargantuesque se prête guère aux réécoutes et possède ainsi une faible durée de vie. Ces remarques pourront aussi bien souligner l’aspect insupportable du disque et sa fidélité au thème choisi, et donc justifier sa réussite.

Bien que crédités, HORWITZ ne joue pas, FRITH est inaudible et FRISELL se contente de froisser de la tôle. EYE et ZORN s’égorgent mutuellement, mais rien qui n’ait déjà été fait sur « Torture Garden » en plus convainquant. Seul BARON nous gratifie d’un jeu varié et inventif, toutefois plus proche du pilon que de la batterie jazz.

Je ne m’étendrai pas sur cet album qui privilégie à mon sens le spectaculaire à l’invention, écueil que NAKED CITY avait su éviter jusque là. A l’instar d’« Absinthe », « Leng tch’e » reste une expérience à vivre et se prête peu aux considérations objectives. Expérience à ne pas renouveler en ce qui me concerne.

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   ONCLE VIANDE

 
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- John Zorn (sax alto, voix)
- Bill Frisell (guitare)
- Wayne Horvitz (claviers)
- Fred Frith (basse)
- Joey Baron (batterie)
- Yamataka Eye (voix)


1. Leng Tch'e



             



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