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WUMPSCUT - Bunkertor 7 (1995)
Par STREETCLEANER le 23 Octobre 2009          Consultée 1894 fois

Bunkertor 7 (se prononce "Bunkertor sieben") est le second album de WUMPSCUT. Après un Music For A Slaughtering Tribe et deux EP (Dried Blood et Gomorrha) remarquables, voilà que sort peu de temps après ce fameux Bunkertor 7 produit sur le label Beton Kopf Media créé par Rudy R, label n'ayant au demeurant vocation qu'à produire WUMPSCUT, c'est-à-dire lui-même en fait.

Dès la prise en main du CD (ou l'ouverture de la porte du bunker), aucun doute ne se fait. Rudy R. se veut toujours plus provocateur. Il faut dire que sur la "New revisited edition with changed graphics" (nouvelle édition avec livret retravaillé) le CD est accompagné d'un livret richement garni en photos plus glauques les unes que les autres dont le thème ne semble être rien d'autre que la représentation de médecins et de scientifiques fous officiant pour le compte d'un régime totalitaire, avec une référence évidente aux régimes meurtriers qui lanceront la seconde guerre mondiale. Voilà de quoi faciliter (ou rechercher) la polémique qui ne manquera pas d'arriver, même si les photos ne sont pas historiquement réelles et qu'il s'agit d'une mise en scène, les militaires portant sur leur uniforme la lettre "W" en guise d'insigne. Polémique qui forcera un temps quand même le sieur Rudy R. à démentir tout lien avec les idées nauséabondes que certains lui attribueront. Au dos de certains CD de l'artiste sera d'ailleurs mentionnée une phrase rejetant toute assimilation à un projet raciste : "Wumpscut is no protofascist and/or racist projet/act - Free your mind for a 2nd thought".

Mais voilà, WUMPSCUT se complaît dans ce que l'humanité a enterré de plus noir et de plus sordide en elle. A ce titre la recette ne change pas. Obscur, extrême, choquant, malsain au possible, WUMPSCUT ne fait aucune concession sur sa volonté de représenter un monde sans couleurs, ni joie, ni amour. Car derrière ce décor apparaît en filigrane celui de l'enfer, telle cette voix qui nous promet de dormir ce soir en enfer sur "Thorns". L'enfer, comme celui de "Mortal Highway", titre que l'on pourrait qualifier de versant black metal de l'électronique tellement celui-ci nous submerge sous sa violence, mais qui demeure toutefois carrément jouissif dans sa capacité à servir de défouloir. Ce "Mortal Highway" (autoroute mortelle) n'est rien d'autre qu'une bagnole qui percute un mur à 200 km/h… et nous qui prenons les éclats en pleine figure.

Autre titre également imparable : "Bunkertor 7", sur lequel Rudy R. chante en allemand qu'il n'y a plus aucun espoir à entretenir, que nous n'en sortirons plus jamais car là se trouve notre fin, sous-entendu derrière la porte du bunker... Un autre classique de WUMPSCUT se trouve également sur cette oeuvre maléfique : "Die in Winter", qui se traduit par "meurs en hiver". C'est sans doute plus triste comme fin que de mourir l'été. Il fait froid, il y a de la boue partout, les gens sont pressés de rentrer chez eux et votre enterrement sera expédié vite fait. Vite enterré et vite oublié.

Il ne faudrait pas croire malgré tout que Rudy R. est un bourrin qui ne cherche qu'à nous assommer sous un déluge d'électronique martiale et primaire comme sur "Mortal Highway". La recherche de la mélodie est constante chez lui. Il ne s'en est jamais caché, n'en déplaise à ceux qui ne jurent que par sa période d'avant Wreath of Barbs (qui est indiscutablement la meilleure, cela n'appelle pas vraiment débat). Comme sur "Thorns", "Torn Skin" ou "Capital Punishment", où il est même capable d'allier les ténèbres et les dancefloors. Il lui arrive également de baisser radicalement le rythme comme sur "Die in Winter" ou "Tell me Why".

Il est dommage à la vue de la qualité des dernières productions de WUMPSCUT que celui-ci ne désire pas aujourd'hui renouer avec une œuvre dans la lignée de cet album, ce qui lui aurait épargné de tomber dans la mièvrerie actuelle. Bien sûr il n'est pas pour autant question de dire que Bunkertor 7 est parfait. La perfection n'existe pas. Et ce Bunkertor 7 doit faire face à une baisse de régime en fin de parcours. Car à partir de "Dying Culture", et mis à part un "Tell Me Why" que j'apprécie, les morceaux sont un peu plus convenus et ne sont pas à la hauteur de ceux de la première partie du skeud.

Toutefois, il n'en demeure pas moins que cet album est mythique. Pas parfait, mais mythique. Et c'est d'ailleurs celui qui est peut-être le plus emblématique de l'artiste avec Music For A Slaugthering Tribe. Une œuvre donc indispensable pour tout amateur d'electro-indus. Cependant, je renouvelle ma mise en garde. Outre la musique et la voix agressive en elles-mêmes peu accessibles pour l'auditeur lambda, les photos incluses dans le livret, si elles contribuent bien évidemment à la création de l'atmosphère voulue par WUMPSCUT, peuvent être dérangeantes tant dans leur contenu que dans leur esthétique. Il vaut mieux être prévenu avant de mettre un pied en Enfer.

Note réelle : 4.5/5.

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- Rudy R. (tout)


1. Open Gate
2. Torn Skin
3. Capital Punishment
4. Die In Winter [original Version]
5. Bunkertor 7 [german Texture]
6. Thorns
7. Mortal Highway
8. Bunkertor 7 [reprised]
9. Dying Culture
10. Corroded Breed
11. Tell Me Why
12. Close Gate



             



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