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EAGLES OF DEATH METAL - Heart On (2008)
Par TOMTOM le 15 Juillet 2010          Consultée 1861 fois

Peut-être plus que pour n’importe quel autre groupe, comprendre la musique des EAGLES OF DEATH METAL implique de comprendre son chanteur et leader. Honnêtement, écouter cet album sans voir la tête du désormais demi-dieu vivant Jesse « Electric Boots » (ou « The Devil », au choix) HUGHES lui enlèverait toute sa saveur. Explications : Jesse Everett Hughes est né en 1972, un an avant un dénommé Josh HOMME que le bougre rencontrera une fois établi à Palm Desert, 7 ans plus tard. Jesse mène la vie de l’Américain moyen : journaliste puis rédacteur de discours pour un élu républicain, membre de la NRA, pornographe et croyant. Seulement un soir, l’homme rentre après une dure journée de labeur et retrouve bobonne au lit avec une autre gonzesse. Patatras, tagadada tsoin-tsoin, captain Freud à la rescousse, nous avons mis le doigt sur la fêlure rock'n’roll originelle ; pour MORRISON c’était une histoire d’indien, pour Hughes ce sera une histoire de fesses (tout se perd que voulez-vous). Mais Josh Homme, habitué à lui sauver la mise depuis l’école primaire, est celui par qui tout commence véritablement : après un passage par les fantastiques « Desert Sessions », le leader des QUEENS OF THE STONE AGE embarque Hughes en 2004 à travers un premier opus déjanté qui renouvela le goût des rockers de toutes les nations pour la moustache (il faut dire que celle de Sieur IOMMI diminue de jour en jour) et forgea dans le chaudron du rock'n’roll le nom des EAGLES OF DEATH METAL. 4 ans plus tard, un album (Death By Sexy) en plus, de nouvelles coupes et une quantité de drogues, d’alcool, de Camels et de tatouages absorbés qui feraient pâlir un docker irlandais polyglotte, Homme et Hughes sont de retour avec une troisième galette intitulée Heart On.

Soyons clair, cet album (dont la sortie fut inaugurée par un Axl ROSE qui qualifia nos compères de « Pigeons of Shit Metal ». Comme quoi changer de coiffure ne change pas un caractère de cochon…) reprend ce que le rock'n’roll nous a offert de mieux : le sexe et la drogue, le fun quoi. Mais Hughes y ajoute sa voix de fausset, son univers urbain made in L.A. et son jeu de guitare déjanté, nettement meilleur et plus recherché que sur le précédent album. La production de Homme (renommé « Baby Duck » pour l’occasion) est parfaitement léchée. Son jeu de batterie, à la fois violent et terriblement groovy, finit de nous assurer que le bonhomme n’a aucun défaut. Pour ce qui est des autres musiciens, la liste est trop longue pour tous les énumérer, mais la bande du désert est connue pour nous avoir habitué à tout sauf de la soupe. Le tout, réalisé en 18 mois tout de même, est un concentré d’humour potache traduit à grand coup de distorsion et de glamour, une pilule rock'n’roll entraînante et sans prise de tête qui, une fois passée, nous fait nous demander comment on peut encore garder une cassette des PINK FLOYD dans son tiroir. Car loin de faire dans le psychologico-comato-névrotique, les EODM sont passés maîtres dans l’art de faire remuer les popotins.

Mais n’oublions pas que Jesse Hughes reste un loser, magnifique certes, mais un loser quand même. Car ses leçons de danse sont loin d’être toutes au même niveau. Les chefs-d’œuvre de l’album sont assurément ses deux titres d’ouverture : « Anything ‘Cept The Truth » et son déluge de guitare, et « Wannabe In L.A. » single garage sixties à double basse et solo improbable, mais ô mon frère, terriblement jouissif. D’ailleurs, le duo nous réserve d’autres moments d’intense bravoure comme ce « Prissy Prancin’», hymne à la danse lubrique qui commence par ce qui s’apparente à un trip à dos de chameau pour laisser entrevoir un refrain où les instruments ne semblent pas avoir été enregistrés ensemble, mais chacun séparément, dans un magistral bordel appuyé par un solo terriblement efficace, d’égale qualité avec ceux qu’on peut entendre dans « Cheap Thrills » et « Fairy Tale In Real Time » (chanson bonus de la version européenne de l’album) ; les deux dernières perles proprement ahurissantes de l’album, qui resteront gravées dans mon cerveau pour leurs chœurs langoureux et glamourisés au plus haut point. Seulement voilà, « Secret plans » est sympa et sonne comme les hits du dernier opus Death By Sexy, « I’m Your Torpedo » reste mythique pour le chant de Hughes et la Batterie de Homme (puisque de toute façon il s’agit d’un duo), « (I Used To Couldn't Dance) Tight Pants » glisse vers le funk à la sauce James BROWN, mais toutes restent un cran au-dessous des chansons citées plus haut. Quant au reste, même s’il est tout à fait fréquentable, tombe parfois dans la redondance (« High Voltage » ou « Solo Flights »), ou dans le mollasson (« Now I’m A Fool ») en perdant alors tout son piquant et s’apparentant à du remplissage non abouti, amené à une limite moindre que des titres comme « Prissy Prancin’ ». Autre raté : la pochette, assez hideuse, au moins autant que la coupe de Josh Homme dans les photos du livret.

Quoiqu’il en soit, cet album, loin d’être parfait, reste indispensable tant Jesse Hughes a sa place en tête des exemples à suivre par tout rocker, ou en poster dans toutes les classes de maternelles. « Déniaisons les esprits » aurait dit Cocteau, à coup de gimmick glamour et heavy metal, de riffs et de coups de batterie tranchés au rasoir, le tout entouré de fumigène tabagique et de nos deux sauveurs du rock'n’roll des années 2000. Amen.

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   TOMTOM

 
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- Jesse 'boots Electric' Hugues (chant, guitares)
- Josh 'baby Duck' Homme (batterie, production)


1. Heart On
2. Anything ‘cept The Truth
3. Wannabe In La
4. (i Used To Couldn’t Dance) Tight Pants
5. High Voltage
6. Secret Plans
7. Now I’m A Fool
8. Heart On
9. Cheap Thrills
10. How Can A Man With So Many Friends Feel So Alone
11. Solo Flights
12. Prissy Prancin’
13. I’m Your Torpedo
14. As Nice As I Can Be (bonus Track)
15. Fairy Tale In Real Time (bonus Track)



             



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