Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK ALTERNATIF/¨PUNK  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Les Garçons Bouchers
- Membre : Les Wampas
 

 Myspace Du Groupe (249)

MANO NEGRA - Patchanka (1988)
Par JOVIAL le 24 Août 2010          Consultée 1785 fois

Au XIXème siècle, la Mano Negra était une organisation anarchiste, dont les violentes actions s’étendaient principalement en Andalousie. Mais à partir de 1988, c’est surtout un des groupes français les plus connus et les plus influents d’Europe. Né sur les cendres des HOT PANTS et de LOS CARAYOS, le groupe va simultanément signer sur le label Boucherie Productions, sortir un premier album et devenir très rapidement un groupe de référence de la scène française, tout cela en à peine 7 mois d’existence !

7 mois … on pourrait légitimement craindre que Patchanka soit un album bâclé, vite enregistré, afin de permettre au groupe de percer rapidement. D’autant plus que la plupart des membres du groupe se connaissent assez mal au départ : Daniel Jamet (guitare), Jo Dahan (basse) et Philippe Teboul (percussions) viennent à peine de quitter les Casse-pieds pour rejoindre la MANO NEGRA, en pleine construction à l’époque, Manu Chao engageant presque tous les musiciens se trouvant sur son chemin. La plupart d’entre eux ne rentrent d’ailleurs pas officiellement dans le groupe, et continuent leurs propres projets avec leur formation respective. Tout cela fait donc craindre le pire pour le premier album du groupe parisien : non seulement bâclé mais aussi bordélique ?

Mince gars, on a tout faux… car Patchanka est une petite bombe, réussie, énergique et variée. Le genre d’album sur lequel on jette un regard hautain en premier lieu pour finalement en devenir fanatique. Le genre d’album qui donne envie de taper du pied, de frapper des mains, les dents serrées et un énorme sourire aux lèvres. Patchanka, c’est aussi le nom que la MANO NEGRA a donné à son propre style, que l’on pourrait définir comme un mélange de punk-rock, très influencé par les Clash, de reggae, de rock, de hip-hop et bien entendu de musiques latines. Si on reste encore assez loin des très hétéroclites Puta’s Fever et King of Bongo, la bande à Chao souhaite d’emblée nous montrer que sa musique n’est au final qu’un grand melting-pot. Le groupe prend d’ailleurs un malin plaisir à marier les styles, avec une dextérité surprenante. C’est ainsi que seront divinement bien associés rock et hip-hop sur « Killin’ Rats », ou punk et rock’n’roll sur « Rock Island Line ».

« Mano Negra » et sa mélodie légendaire, ouvre l’album et devient immédiatement l’hymne du groupe, repris et joué plusieurs fois à chaque concert. Avec la brûlante « Ronde de Nuit », la MANO NEGRA écrit l’un des morceaux punk les plus rassembleurs des années 90, aussi brillant du point de vue de sa composition que de son texte. « Baby You’re Mine » et « Indios de Barcelona » relancent la fiesta, toutes guitares et trompettes dehors, à grands renforts de percussions sud-américaines. Le groupe s’essaye également au ska en de rares occasions, en particulier sur l’excellente « Noche de Accion ». « Bragg Jack » reprend cette initiative, en y intégrant quelques saveurs hawaïennes, sur un ton volontairement humoristique. Le sommet de l’album reste bien entendu l’énorme tube « Mala Vida ». Une mélodie mémorable, une rythmique impeccable, un chant magnifique et des paroles inspirées … « Mala Vida » s’écoute en sueur.

La MANO NEGRA revisite le rockabilly sur la seconde partie de l‘album avec les morceaux « Takin’It Up » et « Lonesome Bop », dans une ambiance de bonne humeur très plaisante. Si le punk-rock était à l’honneur dans les premiers moments de l’album, c’est un tout autre style s’occupe de sa clôture. Un style plus qu’inattendu, puisque « Salga la Luna » n’est ni plus ni moins qu’un morceau de … flamenco. D’une très grande qualité, il contraste tout de même avec le reste de l’album, mais reste électrisant jusqu’au bout, avec un final que je vous laisse découvrir par vous-même.

Patchanka est cependant loin d’être un album parfait. « Darling Darling », issue du répertoire des Casse-Pieds, reste assez lourdingue, « Indios de Barcelona » peut paraître un peu poussive au premier abord, surtout lorsque l’on sait ce qu’elle peut donner en live, le chant en français sur « Bragg Jack » est assez moyen et on regrettera l’utilisation des claviers un peu variétoche sur « La Ventura ». Mais qu’importe, la MANO NEGRA n’est de toute façon pas un groupe à prendre trop au sérieux. Les musiciens se font plaisir, et le résultat est plus que satisfaisant. La carrière du groupe parisien est lancée sur les chapeaux roues. Patchanka déborde d’énergie, regorge de trouvailles et prépare le terrain pour l’excellent Puta’s Fever l’année suivante. Un très bon album, que je conseille à tous !

A lire aussi en ROCK par JOVIAL :


MANO NEGRA
Best Of (2005)
Un simple Best of ? Pas forcément ...




MANO NEGRA
In The Hell Of Patchinko (1992)
T'es prêt Roger ?


Marquez et partagez





 
   JOVIAL

 
  N/A



- Manu Chao (chant/guitare)
- Santiago Casariego (batterie/percussions/chant)
- Antoine Chao (trompette/chant)
- Pierre Gauthé Dit Krøpöl 1er (trombonne)
- Daniel Jamet (guitare/chant)
- Philippe Teboul Dit Garbancito (percussions/chant)
- Jo Dahan (basse/chant)
- Thomas Darnal Dit Helmut Krumar (claviers/chant/pochette)
- Guests :
- Anouk Khelifa (chant)
- Mamack Vachter (saxophone)
- Jean-marc 'guilouli' (basse)
- Alain Wampas Dit L'enclume De Choisy (contrebasse/chant)
- Les Dirty District (guitare/chant/basse/claviers)
- Lolo (chant)


1. Mano Negra
2. Ronde De Nuit
3. Baby You're Mine
4. Indios De Barcelona
5. Rock Island Line
6. Noche De Accion
7. Darling Darling
8. Killin' Rats
9. Mala Vida
10. Takin'it Up
11. La Ventura
12. Lonesome Bop
13. Bragg Jack
14. Salga La Luna



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod